2005-2025: 20 ANS D'INFORMATION SUR LE CENTRE ET LE CENTRISME

mercredi 2 avril 2025

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Quant les extrêmes et populismes brouillent à dessein les repères démocratiques pour attaquer la démocratie


Condamnée pour détournement de fonds, Marine Le Pen, l’extrémiste populiste a osé se présenter en victime en citant pour sa défense Montesquieu, le chantre de la modération et l’adversaire déterminé de tout ce qu’elle représente!

Cette indécence n’est pas isolée, bien au contraire.

Auparavant les extrêmes et les populismes critiquaient la démocratie républicaine libérale, ses principes et ses valeurs en proposant clairement un autre projet autocratique ou totalitaire.

Mais s’il s’agit toujours de mettre en place un régime liberticide, cette stratégie a été remplacée par une autre, bien plus pernicieuse, qui est de critiquer la démocratie républicaine libérale en instrumentalisant contre elle ses propres principes et valeurs.

Ainsi, leurs représentants s’offusquent sans cesse de «dénis de la démocratie», d’«atteintes aux libertés», de «justice aux ordres», d’«absence de liberté de la presse» et ainsi de suite qu’ils subiraient.

Dès qu’il y a une attaque ou une condamnation contre eux, les extrémistes et populistes se présentent en persécutés de l’intolérance et d’une mise au pilori inacceptable.

Trump use et abuse de cette posture que Le Pen a repris lors de son procès et de sa condamnation.

Ce brouillage est un grave danger pour la démocratie républicaine libérale et doit être combattu avec une célérité sans faiblesse.

Bien sûr parce qu’il salit le projet démocratique.

Surtout parce qu’il instille une méfiance voire une défiance vis-à-vis d’une démocratie qui ne remplirait pas sa mission.

Loin de là de prétendre que les régimes démocratiques fonctionnent parfaitement.

Mais faire croire que leurs adversaires sont des opprimés qui subissent un traitement antidémocratique alors même qu’ils prônent leur destruction, inverse les valeurs et introduit une confusion d’où sont issues ensuite fake news et élucubrationismes (théories complotistes).

Il faut donc saisir toutes les occasions de dénoncer cette stratégie et ne pas laisser s’installer un doute qui ne peut que profiter aux extrémistes et populistes.

 

 


La Quotidienne centriste du 2 avril 2025. Le populisme dévoyé


Si l’on comprend bien ce que cherche les populistes c’est de capter la haine et le rejet du «peuple» à l’encontre d’une société où les élites seraient soi-disant non seulement favorisées mais également intouchables.

D’où leurs diatribes contre ces castes qui domineraient le peuple, s’accapareraient toutes les richesses et les avantages.

Et, pour demeurer au pouvoir, elles agiraient dans l’ombre, capables de toutes les magouilles dont le trucage du suffrage universel sans oublier une justice aux ordres qui leur permettraient de passer entre les mailles du filet.

Mais en décrivant ces élites honnies, ne parlent-ils pas d’eux-mêmes?!

N’est-ce pas de ce que revendiquent des personnages comme Donald Trump, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Viktor Orban, Recep Tayyip Erdogan ou Nicolas Maduro, entre autres?!

Ainsi, quand ils sont accusés puis jugés pour les crimes et délits qu’ils ont commis, ne revendiquent-ils pas d’être traités différemment au prétexte que leur popularité les placerait au-dessus du «bas peuple»?

Et même s’ils sont condamnés, ne revendiquent-ils pas des avantages que n’importe quel autre citoyen ne peut espérer bénéficier?

Quand ils restreignent les libertés publiques n’est-ce pas pour garder le plus longtemps possible le pouvoir au détriment du même «bas peuple».

Des populistes qui fustigent les riches mais qui le sont eux-mêmes et soutiennent des mesures qui leur permettent de s’enrichir encore plus en les mettant en place lorsqu’ils accèdent au pouvoir.

On a vu aux Etats-Unis comment Donald Trump a manœuvré pour éviter d’être condamné et mis en prison avant l’élection et comment il œuvre désormais à faire en sorte que la justice soit à ses bottes comme l’on fait Erdogan et Maduro.

On le voit en France avec Marine Le Pen qui réclame des aménagements à sa condamnation parce qu’elle serait au-dessus du simple citoyen.

Et l’on se rappelle avec quelle violence Jean-Luc Mélenchon avait attaqué la police et la justice parce qu’elles osaient faire leur travail républicain à son encontre.

Leur instrumentalisation du populisme et leur peu de considération pour le «bas peuple» montrent ce qu’ils sont en réalité, des politiciens qui se servent sans servir et dont le but est la prise du pouvoir pour eux et leur clan.

 

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]