2005-2025: 20 ANS D'INFORMATION SUR LE CENTRE ET LE CENTRISME

mercredi 12 mars 2025

Propos centristes. France – Plan d’aide et de soutien à l’Ukraine / Situation inquiétante en Syrie / Plan national d’adaptation au changement climatique / Offensive de Trump contre les produits européens…


Voici une sélection, ce 12 mars 2025, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France. 

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Je me félicite des avancées permises par les discussions entre les États-Unis d’Amérique et l’Ukraine qui se sont tenues ce jour à Djeddah, en particulier sur l'idée d'un possible cessez-le-feu pour 30 jours. La balle est aujourd'hui clairement dans le camp de la Russie. La France et ses partenaires restent engagés pour une paix solide et durable, qui soit adossée à des garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine.

> 11 mars, 21 ans après l'attentat de Madrid, nous honorons le souvenir de toutes les victimes du terrorisme en Europe. À ceux qui tombent et ceux qui restent, nous nous tenons là, debout.

> [Discours lors de l’inauguration du chantier du nouveau siège de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure)]
Je suis très heureux d'être parmi vous dans ce moment ô combien symbolique. À plus d'un titre, nous allons dans un instant, tous ensemble, poser cette première pierre et ouvrir une nouvelle étape de ce chantier historique pour la DGSI[Direction Générale de la Sécurité Intérieure]. Nous le faisons un jour singulier. J'étais il y a quelques heures, aux côtés de la préfète de région qui naguère était ici, mais surtout aux côtés de toutes les associations et des victimes du terrorisme. Oui, ce jour du 11 mars est devenu pour nous Européens, ce jour où nous pensons à toutes les victimes du terrorisme à travers le continent, que je retrouve pour, en quelque sorte, continuer de bâtir l'avenir et le combat de chaque jour que vous conduisez.
En effet, ce matin, à Strasbourg, dans cette ville qui avait été attaquée, nous nous en souvenons en décembre 2018, nous avions autour de nous des centaines de survivants de toute l'Europe, des témoins, des proches dont la vie, un jour comme les autres, avait basculé, comme nous l'avons connu il y a quelques jours encore à Mulhouse. Combien auraient-ils été assis face à moi, le visage ravagé si vous n'étiez pas là ? Vous tous, élus, préfets, militaires, forces de l'ordre, forces de la loi, affrontant les fatigues, les risques, les dangers pour le bien commun. Mais votre particularité en tant qu'agent de la DGSI que vous partagez avec vos homologues et amis, agents de la DGSE, est de mener ce combat de manière souterraine, de mener ce combat aux côtés de l'ensemble des forces de sécurité intérieure, aux côtés de nos forces armées, avec nos magistrats, mais de le faire, en effet, d'une manière singulière qui vous empêche de le partager au quotidien, qui vous empêche de dire parfois vos doutes, vos victoires aussi, et qui est au cœur de la mission qui est la vôtre.
Mais en venant ici en ce jour avec les ministres, c'est une manière de vous dire que nous savons ce que nous vous devons, et je le dis avec beaucoup de force et de confiance, Madame la Directrice générale. La France le sait et je le sais ô combien. Elle sait que les 9 attentats déjoués en 2024 sont à mettre à l'actif de votre travail avec l'ensemble de vos homologues, avec ce que font les préfets sur le terrain et l'ensemble des équipes et avec nos magistrats. Je sais aussi combien votre travail de chaque jour est aussi celui qui a permis — et l'ancien directeur général, maintenant devenu préfet de police, le sait et y a largement contribué — combien l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques, puis la réouverture de Notre-Dame, ont été permises grâce à cette mobilisation de chaque instant. Nous nous tenons à vos côtés par tous les moyens, et ces chantiers en sont le signe, si je puis dire, le garant et la promesse.
Je dis ces chantiers, et nous l'évoquions avec le ministre de l'Intérieur, car en effet, à côté de ce chantier, il y a celui de Saint-Denis et les effectifs du ministère qui seront ainsi transférés. Et puis, à côté de ce chantier, Monsieur le DGSE, il y a celui de Vincennes, et en effet, les décisions prises durant mon premier mandat ont conduit à un nouveau site pour la DGSI à Saint-Ouen et un nouveau site pour la DGSE à Vincennes. Et ces deux grandes décisions vont permettre de profondément transformer ces deux grandes organisations.
En 10 ans d'existence, la DGSI n'avait toujours pas reçu de cadre à la hauteur de ses missions, et en particulier celle de fer de lance de la lutte antiterroriste. Nous l'évoquions avec Madame la Directrice générale, sept sites aujourd'hui, et je sais toutes les difficultés que cela emporte. Il a fallu trouver une solution pour remplacer les multiples bâtiments, parfois vieillissants, souvent surpeuplés, entre lesquels vos équipes étaient dispersées. Nous avons cherché ensemble depuis 2017, avec Bercy et Beauvau, et je veux remercier, Monsieur le ministre, vos deux prédécesseurs ici présents, et j'ai une pensée pour Gérard Collomb en cet instant. Rechercher donc avec vous tous l'endroit qui pouvait correspondre à vos besoins. Et nous l'avons trouvé ici, Monsieur le Maire, dans votre commune, une fois encore, oserais-je dire, au cœur d'un territoire en pleine transformation, sur le site des anciennes presses du Parisien, agrandi d'un terrain des entreprises Bacardi-Martini, dans un site qui a été profondément transformé ces dernières années par l'héritage de nos Jeux olympiques et paralympiques, par aussi tout le travail du Grand Paris et Pleyel, où nous étions il y a quelques mois pour, là aussi, transformer la vie de tous les Franciliens qui habitent ici même.
Je veux, ici, saluer le travail remarquable qui a été mené par l'équipe de la direction de projet du site unique, mise en place en 2020, de l'ensemble des directions du ministère de l'Intérieur. Que l'ensemble des directions compétentes, des personnels du ministère mobilisés sous l'autorité du ministre, ses prédécesseurs, et sous votre houlette soient ici pleinement remerciés. Je veux aussi remercier les équipes de Bercy, notamment la direction du budget et la direction de l'Immobilier de l'État, qui ont su valoriser une méthodologie, une rigueur, une vision stratégique adaptée à des enjeux majeurs. La qualité, en effet, des relations entre les ministères a été et demeure un élément clé. Puis, je veux ici saluer aussi la qualité des relations nouées avec les collectivités territoriales et l'ensemble des élus, qui est essentielle, elle l'a été pour les grands projets que nous avons eus à conduire ici, et elle continuera de l'être. Et je remercie les élus, services de toutes les collectivités concernées, tout particulièrement, évidemment, le maire de Saint-Ouen, d'une part, Monsieur le président de Plaine Commune, aussi maire de Saint-Denis, d'autre part, et l'ensemble des parlementaires qui, je le sais, continueront à veiller à ce projet, et, Monsieur le préfet de région qui, sur le terrain, veille à la conduite de ces opérations. Avec une partie importante de l'administration du ministère de l'Intérieur implantée au cœur de la SAC, Village Olympique et Paralympique, à quelques minutes d'ici, vous serez, en effet, à terme plus de 6 000 agents du ministère de l'Intérieur qui travailleront et vivront au quotidien sur ce territoire, participants à une dynamique de transformation urbaine, comme on en a peu d'exemples ces dernières années. Et c'est le choix qui a été assumé.
Monsieur le garde des Sceaux, vous étiez alors dans d'autres fonctions, et vous avez aussi porté, comme votre prédécesseur, ce choix, et soyez-en remercié l'un et l'autre. Madame la directrice générale, vous avez placé le site unique au cœur de votre plan stratégique et des enjeux de transformation interne pour faire face à des menaces protéiformes, mouvantes et toujours renouvelées. Et vous venez, à l'instant, de nous le rappeler, ce projet est évidemment un projet de transformation et un projet bâtimentaire, mais c'est aussi un projet d'organisation de votre direction et de transformation des pratiques. Je salue le travail que vous menez main dans la main avec la mission Site unique et la maîtrise d'ouvrage élargie, les prestataires, conseils et experts, tous ceux qui œuvrent pour la sécurité du projet dans cette base vie et ailleurs.
Ce chantier n'est pas ordinaire. Le préfet et ses équipes, notamment les services de la DRIEAT ont accompagné avec efficacité cette opération sensible pour la sécurité nationale avec ses enjeux de protection. Et je mesure quel investissement cela demande aussi de la part du groupement porté par Eiffage Construction, bénéficiaire du marché, des architectes, des ingénieurs et de tous les métiers impliqués. Je veux les remercier pour la présentation qu'ils viennent de nous faire, remercier l'ensemble de leurs équipes et je sais pouvoir compter sur vous sur les quatre années qu'il y a devant nous jusqu'à 2029.
2029 est encore loin, mais c'est aujourd'hui que se joue une bonne partie de la réussite de ce projet et je vous sais pleinement mobilisé. C'est un défi multiple, c'est d'abord un défi humain, c'est peut-être le plus important, à la croisée de tant d'intelligence et de tant d'engagement. C'est aussi une prouesse technique, livrer un projet conforme au programme, au cadre budgétaire, au calendrier prévisionnel fixé par l'État à cette opération. Et dans la période que nous connaissons, nous savons ce que représente cet investissement. 1 milliard 200 millions d'euros de la part de l'État, 2,6 milliards si on ajoute le projet de Vincennes, ce qui veut dire que pour la transformation de nos grands sites, pour les deux grandes directions générales, c'est un investissement inédit de la Nation qui sera porté, inédit, historique, qui montre aussi la transformation de la DGSI et de la DGSE, de la réorganisation indispensable portée par le ministère de l'Intérieur, les Armées et le ministère des Affaires étrangères sur ces deux grands sites.
Et puis le troisième défi, c'est aussi celui du temps long, bien au-delà de 2029. Les futurs occupants de ce site devront s'y sentir bien, concentrés, motivés, pouvoir répondre aux défis d'alors et réussir à construire toutes les synergies entre des profils de plus en plus variés, vous en êtes l'incarnation aujourd'hui, réussir à continuer d'attirer les talents avec des ressources de plus en plus diverses qu’il nous faut rassembler pour renseigner, prévenir, débusquer la menace. Et donc il nous faudra continuer d’être attractif, de garder les meilleurs talents, de savoir marier les générations, les métiers, et de le faire au service de la protection et de la sécurité des Français. La sécurité des Français, oui, est notre priorité absolue. Et je voudrais terminer mon propos en ayant quelques mots sur votre mission et tout ce qui a été fait ces dernières années, et que vous portez, que vous incarnez.
La sécurité des Français est la priorité absolue du Gouvernement, elle est la mienne, avec la conscience de son urgence qui a guidé notre action depuis 2017. Et en quelque sorte, ce chantier, mais votre action au quotidien, en est la conséquence. Avec la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme comme fondement, nous avons su intégrer dans le droit commun des mesures issues de l'état d'urgence de 2015, et qui sont utilisées en permanence par l'ensemble d'entre vous. Que n'avons-nous entendu à l'époque ? C'était impossible, nous étions liberticides. Je crois qu'on peut dire avec le recul que, oui, nous avons fait rentrer une adaptation de ce qu'est le fonctionnement de la République au temps du terrorisme. Nous avons fait rentrer des dispositions, les visites domiciliaires, les fameuses MICAS, facilitant la surveillance des individus dangereux, donnant la possibilité par décision administrative d'imposer un pointage régulier, de leur interdire de fréquenter certaines zones. Ces dispositions, vous les avez utilisées ces dernières années, elles ont permis de déjouer des attentats, de protéger, et elles ont été pleinement utilisées pour les Jeux olympiques et paralympiques que j'évoquais, et ce qui d'ailleurs fait que nous n'avons pas eu, au-delà des expérimentations sur vidéosurveillance, d'autres dispositions législatives spécifiques à prendre.
Les lois de 2017 étaient encore valides. L'application de la loi relative à la sécurité publique de 2017 a instauré un mécanisme inédit de communication officielle des actes judiciaires aussi, au service de renseignement. Et donc, nous avons réorganisé, nous avons mis dans notre Constitution, notre État de droit, les dispositions qui permettent de faire face au terrorisme sous toutes ses formes, et tout particulièrement au terrorisme islamiste qui nous avait durement frappés. Nous avons aussi réorganisé à l'échelle nationale la coordination, en créant la Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. C'est le coordinateur qui a permis de refonder le pilotage stratégique de nos services, entraînant une montée en puissance de leur efficacité, avec cinquante-quatre attentats déjoués ces huit dernières années par vous-même et par l'ensemble de vos homologues, les douze services de renseignements qui forment cette communauté pleinement intégrée, qui multiplie les synergies, la collaboration et le dialogue permanent. Nous avons œuvré à la sécurité des Français en aval, au quotidien, avec la création de 10 000 postes de policiers et de gendarmes. Et les dernières annonces faites il y a dix-huit mois par le garde des Sceaux, à l'époque ministre de l'Intérieur, et ce que vous déclinez aujourd'hui, Monsieur le ministre d'État, ministre de l'Intérieur, à travers en particulier nos nouvelles brigades et le déploiement de ces effectifs. Mais nous ne cessons, au-delà de ça, de travailler aussi en amont.
Nous traquons les racines de la radicalisation, avec là aussi des avancées fondamentales que vous avez collectivement portées. Dès 2019 était lancé à Paris, à l'Élysée, l'appel international de Christchurch pour lutter contre les contenus terroristes en ligne, qui a permis d'obtenir cette fameuse heure dorée dans laquelle les plateformes retirent maintenant les contenus. 2022 a vu la création d'un réseau national de conférenciers spécialisés dans la lutte contre la radicalisation, répartis sur le territoire métropolitain pour former les services de l'État et la création, la même année, d'une cellule nationale d'analyse psychopathologique pour mieux détecter et prendre en charge des individus radicalisés. Et puis, pour compléter ce dispositif, la prévention, le renseignement, l'aval, nous avons créé en 2019 le parquet national antiterrorisme, qui a été la pierre de touche du dispositif antiterroriste, qui a permis justement de tirer les conséquences, malheureusement, des années précédentes, et de préparer tout particulièrement les grands procès des attentats de 2015 et 2016, et de continuer le travail ô combien important, et je veux ici remercier l'ensemble de nos magistrats pour cette mobilisation. Et puis, l'organisation jumelle de tout cela, c'est tout le travail qui a été fait avec la DGSE et nos services, car la prévention des attentats passe aussi par les opérations de nos armées, celles que nous avons assumées au Sahel comme au Levant, dont nous avons fortement augmenté le budget, vous le savez, à travers les deux lois de programmation militaire, nous aurons doublé le budget de nos armées, n'attendant pas le réveil stratégique de 2022. Et nous avons eu raison de le faire, car ce réinvestissement dans la DGSE, dans nos forces armées, est aussi celui qui a permis de déjouer des forces terroristes qui, parfois, avaient organisé des attentats projetés. Je pense aux attentats, malheureusement, de 2015, qui avaient été fomentés à Raqqa.
Notre coopération avec les services de renseignement étrangers s'est aussi montrée, de manière croissante, plus étroite et efficace. En 2017, la coopération européenne au sein du groupe antiterroriste s'est intensifiée avec la création d'une plateforme informelle d'échanges interservices, que le coordinateur fait vivre au quotidien avec ses homologues du reste de l'Europe. Durant toute cette période, la DGSI s'est vu confier la mission de chef de file de la lutte antiterroriste nationale, coordonnant évidemment tout votre travail, mais celui des onze autres services de renseignement et de cette communauté, mais aussi tout le travail conduit sur le terrain par nos préfets, de GED en GED, de réunion et de travail au quotidien avec l'ensemble de leurs services. Dès juillet 2019, nous avons élaboré une doctrine de lutte antiterroriste qui précise la répartition des missions entre les différents services de renseignement. Nous aurons augmenté de 34 % les moyens humains de la DGSI depuis 2017. Nous aurons doublé ces moyens budgétaires en investissements comme en fonctionnement, jusqu'à atteindre plus de 100 millions d'euros par an. Nous augmentons dans les mêmes proportions les moyens humains de la DGSE, car sécurité intérieure et sécurité extérieure sont liées. Depuis 2017, son budget a augmenté d'un tiers avec des investissements stratégiques dans les domaines cyber, et d’intelligence artificielle, augmentant ses moyens d'action dans tous les champs.
Aussi, le recrutement est crucial. Il l'a été ces dernières années et il continue de l'être. C'est pourquoi vous êtes si important et qu'au-delà de ce bâtiment, la clé est de continuer à recruter les meilleurs pour déceler, déjouer, éviter le pire en amont, pour prendre en charge aussi les quatre cents détenus incarcérés pour terrorisme islamiste durant et après la détention, pour perfectionner nos forces de contre-ingérence et de contre-espionnage quand la scène internationale bascule dans l'incertitude. Et nous voyons combien aussi le combat qui est le vôtre, sur lequel vous êtes fer de lance, est jumeau de ce que l'actualité nous impose. Ce dispositif unique et ce réinvestissement, est un travail inédit des dernières années que vous avez porté. C'est aussi celui qui nous inspire dans la lutte contre la criminalité organisée. Et je remercie le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur qui sont en train de bâtir un texte et une organisation qui, par bien des aspects, ressemblera à ce que nous avons fait pour lutter contre le terrorisme dans la spécialisation d'un parquet, dans la capacité à dédier des services et à réinvestir très fortement en centrale et partout sur le territoire, un réseau de professionnels.
Alors, je veux vous le dire, Madame la Directrice générale, à vous, à vos agents, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, vous avez la confiance de la Nation, et ma confiance. La France investit massivement pour vous, pour vous mettre dans la meilleure des situations, pour nous protéger, parce que nous savons qu'avec vous, nous avons les meilleurs professionnels, les plus engagés, et ce qui nous ont permis d'avoir les résultats que j'évoquais tout à l'heure. Alors soyez fiers de ce que vous faites. Une Nation choisit toujours ses priorités, et la sécurité et la défense en sont qui s'imposent aujourd'hui à l'évidence. J'entendais dans les débats ces derniers jours des gens qui, en quelque sorte, remettaient en cause la menace géopolitique. Le président de la République inventerait la menace russe. La vraie menace, c'est le terrorisme. Parfois, ils ont d'autres obsessions même. Mais on n'a pas attendu de lutter contre la menace terroriste. Vous en êtes l'incarnation et les chiffres que je viens de rappeler en sont la preuve. Ces gens-là n'ont pas suivi l'actualité manifestement. Une grande nation, elle n'a pas à choisir, elle a à répondre. Et elle n'a pas décider de lutter contre les menaces géopolitiques qui s'imposent à elle ou contre les menaces sur son sol projetées par les terroristes. Elle a à faire les deux en même temps. C'est ce que nous faisons. Par un investissement inédit que nous assumons, par la confiance aussi que nous avons en vous, dans la DGSE, dans nos armées.
Alors, à l'heure où l'équilibre du monde se reconfigure, où ceux qu'on croyait acquis s'éloignent et où ceux qui paraissaient exclus se rapprochent, il nous faut, en effet, défendre ces valeurs indéfectibles de notre République parce que nous n'avons aucunement envie de subir. Nous voulons choisir le destin qui est le nôtre. Et pour cela, pour que la France ait pleinement sa place, il faut ce droit en quelque sorte à la vie tranquille, ce qui fait l'engagement de l'ensemble de nos forces de sécurité intérieure, de nos forces armées, de nos magistrats et de l'ensemble de nos services de renseignement.
Voilà pourquoi nous sommes là aujourd'hui, en ce 11 mars. Et voilà pourquoi je veux ici vous redire la très grande fierté d'être à vos côtés pour ce moment si symbolique, mais à travers lui vous dire ma confiance, mon engagement et celui de la Nation tout entière. Courage à la DGSI et à l'ensemble de ses agents.
Vive la République et vive la France.

 

► Gouvernement
[Nota: Ce gouvernement est dirigé par un centriste, François Bayrou ; nous avons donc décidé de reprendre les propos de tous les ministres puisqu’ils agissent sous l’autorité d’un Président de la République et d’un Premier ministre centristes/centraux ; néanmoins nous avons fait une distinction avec d’un côté les ministres centristes-centraux et les autres puisqu’il s’agit d’un gouvernement de coalition du fait que le Président de la République et le Premier ministre ne disposent pas d’une majorité à l’Assemblée nationale]

Ministres centristes/centraux
François Bayrou (Premier ministre)
> Pour que l’Union européenne résiste à un accident ou à une attaque, il faut qu’elle s’arme, au prix d’un effort d’autant plus substantiel que la plupart de ses États membres étaient protégés par un accord dont l’Otan était le pilier central : nos partenaires pensaient, contrairement à la France, que les États-Unis étaient les garants suprêmes de la sécurité de l’Union européenne.
Cette croyance a été profondément ébranlée et une nouvelle époque, une nouvelle ère, s’est ouverte pour la défense européenne. L’effort à faire sera considérable, vous avez entendu la déclaration de la présidente von der Leyen. Des chiffres sont avancés au niveau européen et en France, mais ils n’ont pas encore été arrêtés, puisque les détails du plan que nous aurons à conduire n’ont pas été mis au point. Quand ce sera fait, je recevrai, avec le ministre de la Défense, des représentants des groupes politiques – c’est bien la moindre des choses.
Notre obligation est d’apporter aujourd’hui de l’aide à l’Ukraine, qui fait face à d’énormes difficultés. Cette aide se décline en quatre volets. Le volet matériel, tout d’abord : grâce à la loi de programmation militaire, nous avons pu donner des équipements à l’Ukraine. Cette aide repose ensuite sur l’emploi du produit des avoirs russes gelés, sachant que l’utilisation des avoirs eux-mêmes ne pourra être envisagée que dans le cadre de l’Union européenne. La formation, que nous continuons, constitue le troisième volet de cette aide. Le quatrième concerne le renseignement : en la matière, les États-Unis ne fourniront plus l’effort que nous étions, avec l’Ukraine, en droit d’attendre d’eux.
Ainsi se dessine le plan d’aide et de soutien à l’Ukraine, dans le cadre de la vaste réorganisation stratégique que nous devons maintenant envisager.

> En ce 11 mars, nous honorons la mémoire des victimes du terrorisme. Leur sacrifice doit nous donner la force et la ténacité nécessaires pour défendre nos valeurs, le droit et la raison face à la barbarie et la folie.

 

Elisabeth Borne (ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche)
> Je comprends les questions que peut soulever l'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. En juin 2023, alors Première ministre, j'avais demandé au ministre de l'éducation nationale de saisir le Conseil supérieur des programmes (CSP) pour disposer d'un cadre pédagogique incontestable. Ce programme a été adopté à l'unanimité du Conseil supérieur de l'éducation, qui comprend les parents d'élèves et les associations familiales.
Les experts du CSP ont veillé à la progressivité, en fonction de l'âge : dans le premier degré, une éducation à la vie affective et relationnelle ; dans le second degré, une dimension d'éducation à la sexualité.
L'enseignement sera dispensé par les professeurs de l'éducation nationale, assistés des personnels de santé scolaire ; ils seront formés.
Oui, il est important de lutter contre les stéréotypes de genre dans notre pays, quand on sait que seuls 25 % des ingénieurs sont des femmes.
Les familles seront associées et informées du contenu de ces programmes, notamment lors des réunions parents-professeurs en début d'année.
Garantir à chaque enfant une éducation au respect, au consentement, à l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est lui donner les clés pour se protéger et grandir en confiance.

> La gravité de la situation de la recherche aux États-Unis mérite mieux que des positions caricaturales et des outrances. Depuis la réélection de Donald Trump, en effet, la science et la recherche sont confrontées à des défis sans précédent.
Des positions contraires à tous les consensus scientifiques ont été exprimées, dans de nombreux domaines : climat, biodiversité, santé publique – sans même parler de la remise en cause de certains droits fondamentaux comme les droits des femmes.
Face à de telles positions, la défense d’une recherche libre et indépendante est une priorité pour les chercheurs, pour les institutions et pour tous les citoyens soucieux de préserver les valeurs fondamentales de la science et, plus généralement, nos valeurs démocratiques.
Nous défendons, en France, les principes de la liberté académique et de l’indépendance scientifique face à toutes sortes de pressions politiques.
Nous croyons à une recherche libre, source d’innovations, à même de conforter notre compétitivité et notre souveraineté. Nous croyons à une recherche incarnant les valeurs de tolérance, de pluralisme et d’esprit critique.
Avec les organismes de recherche et les établissements d’enseignement supérieur, nous travaillons à permettre le retour de chercheurs français ou européens, ou bien l’installation chez nous de chercheurs américains qui ne peuvent plus exercer dans leur contexte national.
C’est une position que nous défendons en Européens, et que le ministre Philippe Baptiste soutient à Varsovie, au Conseil informel recherche et compétitivité.
Sachez que nous présenterons prochainement des mesures concrètes, au niveau national tant qu’européen, pour avancer en ce sens.

> « La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger. (1944-1948) » C'est le thème retenu pour la session 2025-2026 du Concours national de la Résistance et de la Déportation. Un sujet puissant, qui souligne l'importance du devoir de mémoire face aux dérives de l’Histoire, et alors que l'antisémitisme prospère encore, dans la société et à l’École.

> Les violences perpétrées contre des civils alaouites et chrétiens en Syrie sont insoutenables. La communauté internationale doit garantir la protection des populations et s’assurer que les coupables de ces crimes ne restent pas impunis.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> A Djeddah, la déclaration commune entre les États-Unis et l’Ukraine en faveur d’un cessez-le-feu de 30 jours préalable à des négociations est un premier pas vers la paix. C’est désormais à la Russie de faire la preuve qu’elle veut avancer dans cette même direction.

> Entretien avec le général Mazloum, chef des Forces démocratiques syriennes : j’ai salué l’accord signé avec Damas, qui doit garantir les droits et la sécurité de nos partenaires kurdes et la poursuite de la lutte contre Daech avec eux. La France restera à leurs côtés.

> [Situation en Syrie] Nous avons tous été choqués par les images des exactions commises ces derniers jours en Syrie. Quant à mes propos du 9 décembre, à ce moment, comment ne pas se réjouir de la chute d’un dictateur et d’un tyran ayant assassiné 400 000 Syriens, emprisonnés dans des geôles qui s’apparentaient à des camps d’extermination ?
La France condamne toutes les exactions contre les civils, quelles que soient les communautés auxquelles ils appartiennent, qu’elles soient le fait de groupes affiliés au régime de Bachar al-Assad ou de groupes terroristes, responsables des exactions contre les communautés alaouites et chrétiennes des derniers jours. Tous devront être jugés. Tous devront être punis.
Quand je suis allé en Syrie avec la ministre allemande des affaires étrangères, nous n’y sommes pas allés pour soutenir le pouvoir ou les responsables politiques mais pour défendre les intérêts des Français et leur sécurité contre le terrorisme et la prolifération des armes chimiques.
Nous avons obtenu des résultats. Après des semaines de discussions, le gouvernement intérimaire a trouvé hier un accord avec les Kurdes de Syrie, nos fidèles alliés dans la lutte contre Daech et avec lesquels nous continuerons de combattre le fléau du terrorisme.
Cette semaine, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques sera déployée en Syrie pour y détruire les stocks d’armes chimiques de Bachar al-Assad.
Nous l’avons dit d’emblée : aucun chèque en blanc ne sera accordé au gouvernement intérimaire et nous le jugerons sur ses actes. Toutes les mesures que nous avons prises étaient proportionnées, conditionnées et réversibles.

> [Situation en Syrie] Nous abordons la tragédie de ces derniers jours et, plus généralement, la situation de la Syrie sans aucune naïveté. Nous sommes parfaitement conscients que pour la Syrie il n’y a pas d’avenir sans justice et qu’il n’y aura pas de justice sans que toute la lumière et toute la vérité soient faites sur ces événements, qui ont eu lieu sur la côte ouest de la Syrie.
Est-ce à cause d’influences étrangères que certains groupes liés à Bachar al-Assad ont attaqué des membres des services de sécurité du gouvernement intérimaire ? Qu’est-ce qui a ensuite poussé des groupes islamistes à prendre d’assaut des populations civiles innocentes, alaouites et, dans une moindre mesure, chrétienne ?
Justice devra être faite. Les responsables de ces exactions devront être punis.
Le travail diplomatique doit se poursuivre, car c’est en Syrie que se joue une grande partie de notre sécurité. C’est en Syrie qu’il y a une dizaine d’années, des attentats contre le territoire national ont été fomentés.
Pour cette raison, la diplomatie française travaille activement à la maîtrise des risques qui pèsent sur notre sécurité. C’est à cette fin qu’elle a facilité la médiation entre les Kurdes syriens et le gouvernement transitoire. Pourquoi ? Car ces derniers mois, la vulnérabilité des Kurdes de Syrie, qui ont été nos alliés dans la lutte contre Daech, s’est accrue sous la pression de puissances étrangères.
Il y allait de la sécurité des prisons dans lesquelles sont détenus des dizaines de milliers de combattants de Daech.
Nous nous réjouissons de l’accord trouvé hier, car il permet d’envisager l’avenir de la Syrie avec la garantie d’une meilleure considération des droits et intérêts des Kurdes.

> [Situation en Syrie] Si les massacres perpétrés ces derniers jours sur la côte alaouite ont principalement touché cette communauté, les communautés chrétiennes n’ont pas été épargnées par les exactions. Nous sommes engagés en faveur de toutes les communautés en Syrie. Nous avons accueilli très favorablement l’accord trouvé hier, après des semaines de médiation, entre le gouvernement intérimaire et les Kurdes, qui permet de résoudre une partie du problème qui entravait le chemin de la Syrie vers l’unité et vers la paix.
Cependant, nous accordons une attention toute particulière aux communautés chrétiennes en Syrie. En témoigne le choix que j’ai fait, lorsque je me suis rendu le 3 janvier à Damas, de rencontrer en premier lieu les patriarches grecs orthodoxes et grecs catholiques pour écouter leurs attentes et les relayer auprès du gouvernement intérimaire. Cette attention particulière s’illustre aussi par le soutien continu de la France à l’association L’œuvre d’Orient et au fonds pour les écoles d’Orient, dont les moyens budgétaires ont été préservés en dépit des efforts importants que mon ministère a dû consentir.
Parce que la défense des chrétiens d’Orient est un axe fort de notre politique étrangère au Proche et au Moyen-Orient, nous avons soutenu, au Liban, le système éducatif chrétien pour lui permettre de traverser la crise économique ; nous participons, en Irak, au financement de la restauration du patrimoine historique chrétien ; enfin, à Jérusalem, la France assume son rôle de protectrice des communautés chrétiennes. Nous ne le faisons pas dans un esprit religieux mais avec la conviction que c’est le pluralisme qui permettra à la région de retrouver la stabilité, la paix et la sécurité. Quant à la conférence qui se tiendra la semaine prochaine, j’ai décrit notre approche à l’égard de la Syrie : elle est conditionnée, proportionnée et réversible. Il va de soi que nous ne pourrons soutenir aucune nouvelle levée de sanctions sans que des garanties nous soient données que les crimes commis sont bien traduits devant la justice et punis.

> Ce n’est pas la France qui se trouve à l’origine de la détention arbitraire d’un écrivain franco-algérien, ni qui refuse de réadmettre des ressortissants français en situation irrégulière sur le territoire algérien. Ces tensions, dont nous ne sommes pas à l’origine, nous souhaitons les résoudre, mais avec exigence et sans faiblesse. C’est la raison pour laquelle, comme nous l’a demandé le premier ministre, nous transmettrons aux autorités algériennes une liste de ressortissants algériens ayant vocation à quitter le territoire français. Nous souhaitons que les autorités algériennes se saisissent de cette liste et qu’elles engagent ainsi une nouvelle phase dans nos relations, qui permette de traiter nos différends et d’amorcer d’éventuelles coopérations stratégiques.
Dans le cas contraire, le premier ministre l’a dit, nous sommes prêts à défendre nos intérêts, comme nous l’avons déjà fait récemment en prenant des mesures restrictives – mais réversibles – à l’égard de dignitaires algériens. Nous souhaitons agir de façon pragmatique, sans aucune idéologie, avec pour seule obsession d’obtenir des résultats, en particulier pour les Français.
Enfin, permettez-moi, comme l’avait fait le premier ministre à l’issue du comité interministériel de contrôle de l’immigration il y a quinze jours, d’avoir un mot pour les milliers de personnes qui, en France, sont liées d’une manière ou d’une autre à l’Algérie et qui n’ont rien à voir avec les difficultés que nous rencontrons auprès des autorités algériennes : elles ont le droit à la tranquillité et je m’entretiendrai prochainement avec des représentants de cette diaspora.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche)
> [Plan national d’adaptation au changement climatique] Records de chaleur, précipitations torrentielles, sécheresses dévastatrices : ces phénomènes ne sont malheureusement plus des exceptions. Ils sont notre nouvelle norme. 2024 illustre clairement ce dérèglement du climat. C’est à la fois l’une des cinq années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1900, l’une des dix années les plus pluvieuses à l’échelle nationale et l’une des moins ensoleillées depuis 30 ans.
Dans ce contexte, deux constats s’imposent.
Un constat scientifique d’abord : le dérèglement climatique concerne déjà l’ensemble du territoire et l’ensemble des Français. +1,7°C en moyenne en France hexagonale depuis 1900. 313 communes déclarées en état de catastrophe naturelle dans les Hauts-de-France entre fin 2023 et début 2024.
5 000 kilomètres de littoraux français – soit 20% de nos littoraux – déjà concernés par l’érosion côtière. 1,5 million d’habitants exposés au risque de submersion marine. 11 millions de maisons en zone à risque du retrait-gonflement des argiles.
Un constat économique ensuite : si la France ne s’adapte pas au dérèglement climatique, les conséquences seront sévères. Le coût des sinistres climatiques pourrait doubler au cours des 30 prochaines années, atteignant 143 milliards d’euros cumulés sur la période 2020-2050.
La France pourrait perdre jusqu’à 10 % de son PIB au cours des cinquante prochaines années si la température mondiale augmente de +2°C.
Et le surcoût des assurances lié au changement climatique pourrait atteindre 35 % d’ici 2050.
Face à ces constats, ma ligne est claire : se préparer, anticiper, agir.
Voilà le sens du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). 52 mesures et plus de 200 actions concrètes qui s’articulent autour de plusieurs axes cruciaux :
-  Protéger notre population ;
- Assurer la résilience des territoires, des infrastructures et des services essentiels ;
-  Adapter les activités humaines pour assurer la résilience économique et la souveraineté alimentaire, économique et énergétique de notre pays à +4°C ;
- Protéger notre patrimoine naturel et culturel ;
• Mobiliser toutes les forces vives de la Nation pour réussir l’adaptation.
La construction de ce plan résulte d’une approche collaborative qui a impliqué toutes les parties prenantes – Etat, collectivités territoriales, acteurs économiques et citoyens. La version finalisée publiée aujourd’hui est le fruit de plusieurs mois de concertation conclus par deux mois de consultation publique. Nous avons reçu presque 6 000 contributions, dont 176 cahiers d’acteurs.
Un véritable succès ! Ces contributions ont été précieuses pour améliorer le PNACC.
Ce plan a également été enrichi par les recommandations du Conseil National de la Transition Ecologique. Une instance où sont représentés les partenaires sociaux, les associations environnementales, les élus locaux et les jeunes, et qui a émis un avis favorable à la quasi-unanimité sur le texte, preuve de l’adhésion à la démarche des organisations syndicales, fédérations d’entreprises, associations d’élus locaux, associations environnementales, représentants des jeunes.
Ce plan national d’adaptation doit être notre boussole pour affronter les défis qui se dressent devant nous. Pour cela, je souhaite qu’il soit décliné au plus près du terrain, en travaillant main dans la main avec tous les acteurs locaux - élus, entreprises, salariés, agriculteurs, associations, citoyens, mais aussi tous les ministères concernés par ces enjeux de résilience de nos territoires.
S’adapter, ce n’est pas renoncer. C’est ajouter une corde à l’arc de notre action écologique. Tout faire pour limiter les effets du dérèglement climatique et, en même temps, préparer notre pays aux impacts économiques, sociaux et environnementaux annoncés. Voilà le sens de mon action.

> Imaginez une France hexagonale à +4°C. Des étés de plus en plus brûlants, des ressources sous pression, des territoires en pleine transformation. La science nous alerte, la réalité s’impose.
J’ai présenté le Plan national d’adaptation au changement climatique. Un plan que je veux décliner spécifiquement sur quatre enjeux : les littoraux, la montagne, la forêt et l’agriculture.
Pendant des mois, nous avons travaillé main dans la main avec les associations, les élus, des partenaires sociaux et les scientifiques pour élaborer un plan d’action concret. Anticiper les risques, investir pour la résilience de nos infrastructures, protéger nos citoyens : notre cap pour préparer la France à +4 degrés d’ici 2100.
Avec des moyens budgétaires dédiés : 1,6 milliard d’euros dès 2025. 52 mesures concrètes, 200 actions. Je vais sur cette base engager un travail avec les élus locaux pour inscrire la Trajectoire de référence au changement climatique dans les textes d’urbanisme, avec une mise en application dès 2027.
Mais s’adapter, ce n’est pas renoncer. Le combat pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre continue, et les résultats sont là : nos GES ont baissé de 20% depuis 7 ans.

> La politique du gouvernement repose sur ses deux pieds : d’un côté, on continue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de l’autre, on s’adapte aux effets du changement climatique. On ne va pas attendre la neutralité carbone pour constater l'impact du dérèglement climatique. Depuis 2017, nos émissions ont baissé de 20%, et l’objectif est de continuer. Mais rappelons que +4 degrés dans l’Hexagone d’ici 2100, c’est la prévision des scientifiques, même avec la France atteignant la neutralité carbone en 2050.

> S’adapter n’est pas renoncer. Face au changement climatique, je refuse la fatalité. Ainsi, j’entends mener de front la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre et la protection de nos territoires et de nos concitoyens face aux effets du dérèglement climatique.
Inondations, feux de forêt, cyclones ultramarins, canicules, retrait du trait de côte ou encore submersions marines nous menacent, ici et maintenant, n’en déplaise aux populistes. Ce sont nos concitoyens qui sont touchés, dans leurs maisons, leurs emplois, leurs patrimoines et leur santé. L’ambition du plan national d’adaptation au changement climatique, qui compte cinquante-deux mesures concrètes, est de protéger les Françaises et les Français de ces dangers. Ce plan est financé à la hauteur des enjeux : j’ai obtenu 1,6 milliard d’euros pour 2025.
Les élus locaux sont confrontés à des phénomènes inédits. Ils ont besoin d’être soutenus, mais ils ont surtout besoin de visibilité, dans la durée. Je tiens, à ce titre, à souligner la qualité de la mobilisation du Comité national du trait de côte, qui réunit des élus locaux mais aussi des représentants des acteurs économiques des littoraux. Il a fait des propositions très claires pour financer de manière pluriannuelle les investissements d’adaptation nécessaires, sans dégrader pour autant nos finances publiques – c’est important dans la situation actuelle.
Je prends très au sérieux ces propositions, et j’entends les instruire avec mes collègues Éric Lombard et Amélie de Montchalin. Le Sénat et l’Assemblée nationale ont voté la création d’un fonds érosion côtière dans la préparation du projet de loi de finances 2025 – ce fonds n’a pas pu aboutir, mais il a vocation à trouver sa place dans le projet de loi de finances 2026, dès lors qu’il répond aux exigences de la situation de nos finances publiques et que l’on parvient à mobiliser des financements innovants.

> Ce sont 1,6 milliard d’euros qui financeront l’adaptation au changement climatique : en voilà une belle preuve d’amour ! Nous avons une montagne à gravir et c’est tout l’objet du Pnacc. Défendu par mon prédécesseur, Christophe Béchu, il compte cinquante-deux mesures et 200 actions, très concrètes, et a été soutenu par un vote quasi unanime de l’ensemble des parties prenantes du Conseil national de la transition écologique, soit des organisations syndicales, des organisations professionnelles, de l’ensemble des associations environnementales représentées au sein de ce conclave et de l’ensemble des associations d’élus locaux. C’est une belle preuve de confiance et nous devons maintenant nous mettre au travail.
Le montant que j’évoquais, 1,6 milliard d’euros, ne concerne que l’année 2025. Il permettra le renforcement du fonds Barnier, la création d’une enveloppe dédiée à la gestion du retrait-gonflement des argiles et la sécurisation d’une enveloppe de 260 millions consacrée, au sein du fonds Vert, à l’adaptation au changement climatique. J’évoque là des innovations qui étaient absentes des précédents plans.
Nous nous appuyons également sur d’autres ressources, notamment celle des collectivités locales qui mobilisent des fonds – je pense, entre autres, au Comité national du trait de côte.
Vous pouvez compter sur mon engagement à mobiliser avec plus d’ambition ces enveloppes et à déployer concrètement ce plan, que les Français attendent puisqu’il vise à les protéger et à protéger leur patrimoine, leurs emplois et leur santé.

> Le phénomène de ruissellement s’intensifie avec les fortes pluies et avec le changement climatique – vous l’avez vécu, très concrètement et très douloureusement, dans votre circonscription. C’est pourquoi une meilleure connaissance de ce risque est une des priorités du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc), lancé hier. Grâce à de nombreuses études et à une carte nationale des inondations qui intégrera le risque de ruissellement, il devrait contribuer à améliorer les connaissances des collectivités locales et leur capacité à agir.
Les PPRI élaborés par l’État permettent de définir les zones à risques pour maîtriser l’urbanisation. Nous allons les améliorer pour tenir compte des nouveaux risques liés au dérèglement climatique. Ces instruments ne sont toutefois pas les seuls outils pour traiter le ruissellement, loin de là. L’idée est d’agir non seulement sur les conséquences du ruissellement mais aussi sur ses causes. Désimperméabiliser les sols, bien gérer les eaux pluviales en en définissant des schémas directeurs sont des actions qui limitent efficacement ce phénomène. Il est aussi essentiel de mobiliser toutes les parties prenantes, par exemple pour limiter l’érosion des sols ou renforcer les zones humides – celles-ci captent les ruissellements et permettent d’éviter qu’ils créent des inondations. Plus généralement, la question de la sobriété foncière et l’objectif de réduction de l’artificialisation des sols, un des vecteurs du ruissellement, sont au cœur du sujet.
Les Papi sont des outils qui ont fait leurs preuves depuis quinze ans, avec près de 290 projets labellisés pour un montant total d’action aidée de 3,7 milliards d’euros et près de 1,5 milliard de contributions de l’État via le fonds Barnier. Vous avez raison : il faut simplifier l’accès à ces financements. C’est pourquoi j’ai soutenu la semaine dernière au Sénat une proposition de loi, défendue par les sénateurs Rapin et Roux, qui vise à accélérer la mise en œuvre des Papi. Je souhaite que cette proposition arrive très vite à l’Assemblée nationale, pour que vous puissiez vous en saisir : ainsi, les collectivités locales pourront activer de manière plus efficace les leviers financiers et nos concitoyens seront mieux protégés.
Je veux enfin souligner l’effort en matière de financement, soutenu par l’Assemblée nationale et par le Sénat. Dans un contexte de réduction des dépenses, le budget du fonds Barnier a été augmenté d’environ 30 %. C’est un signe fort ; désormais, cet argent doit être déployé vers les collectivités locales. Je m’engage devant vous à y travailler.

> les zones à faibles émissions suscitent beaucoup de questionnements. Je pense utile de replanter le décor. En France, quarante-deux agglomérations sont concernées par les ZFE ; deux d’entre elles seulement respectent les normes de qualité de l’air recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La pollution de l’air provoque 48 000 décès prématurés chaque année et près de 30 000 cas d’asthme infantile supplémentaires annuels. Et je pourrais malheureusement continuer longtemps la litanie des pathologies liées à la dégradation de la qualité de l’air.
Il convient de rappeler que, hormis deux agglomérations, celles de Lyon et de Paris, les autres ne sont pas concernées par des restrictions de circulation. Quand ces restrictions existent, elles sont conçues par les collectivités locales, qui en dessinent le périmètre et en formulent les modalités. À propos de l’élément qui, à raison, inquiète le plus nos concitoyens, l’interdiction de certains types de véhicules, je rappelle que les voitures concernées datent d’il y a quinze ou vingt ans – le plus vieux modèle de Twingo, par exemple, et non celles qui composent, heureusement, l’essentiel du parc automobile.
Par ailleurs, des dérogations sont possibles, selon des modalités laissées à la décision des collectivités locales. Il faudrait être contrôlé cinquante-trois fois en un an pour devoir rendre des comptes. Il n’est pas question d’empêcher une personne d’aller au travail ou chez le médecin si, pour ce faire, elle a besoin de son véhicule et n’est pas en mesure d’en acquérir un nouveau.
Pour le reste, vous avez raison : il faut agir. C’est-à-dire donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de changer de véhicule quand bien même leur budget est limité. Pour cela, nous avons des dispositifs d’accompagnement, comme le leasing social, des certificats d’économie d’énergie, des subventions, le bonus écologique et des mesures ciblées au titre du fonds Vert.
La question du prêt, que vous avez mentionnée, est essentielle. C’est souvent l’élément qui empêche le bouclage du projet. Vous avez raison d’appuyer sur ce point qui fait mal car, pour l’heure, nous n’avons pas de solution satisfaisante. Je trouve très important que nous puissions avancer ensemble sur ce sujet, avec un double objectif. D’une part, offrir à nos concitoyens un air de qualité qui leur assure une meilleure santé, d’autant que les classes populaires, qui résident dans les zones où la pollution est la plus forte, en sont les premières victimes. D’autre part, leur permettre de changer de véhicule, car ils y aspirent. Il est de notre responsabilité de les accompagner.

> Les agents de l'OFB [Office français de la biodiversité] ont été la cible de menaces inacceptables ces derniers mois. Le calme doit revenir et un dialogue apaisé doit prendre place. J'ai tenu à les rassurer hier, lors d'une visio-conférence avec tous les agents. Avec mes collègues du Gouvernement, nous mettrons tout en œuvre pour qu'ils puissent accomplir leurs missions dans les meilleures conditions, au service de l’intérêt général et de tous les Français.

> Il y a une forme de trumpisation des esprits. L’écologie n’est pas un sujet réservé aux bobos des grandes villes. Les principales victimes du dérèglement climatique, ceux qui risquent leur santé ou de perdre leurs maisons et leurs emplois, ce sont les classes populaires, contrairement à ce que les populistes tentent de nous faire croire. Les populistes ne font que défendre des intérêts financiers.

> S’adapter, c’est aussi repenser le travail. Face aux canicules, il faut ajuster les horaires, renforcer le suivi médical et protéger les travailleurs. Inspirons-nous de pays comme la Grèce qui le font déjà !

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> La haine, l’exploitation sexuelle et l’impunité n’ont pas pas leur place en ligne. La liberté d’expression ne doit jamais servir d’alibi aux violences. Les plateformes doivent s’y engager et se plier au droit. Aux Nations Unies, nous avons affirmé la priorité de la France dans la lutte contre les cyberviolences aux côtés de nos alliés du Mexique, du Canada et de la Suède.

> La liberté des femmes c’est d’avoir le droit d’exister sans justification, sans autorisation, sans condition. Pourquoi les hommes ont-ils si peur ? Si peur de nous ? De nos filles ? Le moment est venu de réaffirmer, ensemble, que rien n’est plus fondamental que notre liberté.

 

Astrid Panosyan-Bouvet (ministre déléguée auprès de la ministre du Travail, de la Santé, de la Solidarité et des Familles, chargée du Travail et de l’Emploi)
> La France porte avec de nombreux pays membres une demande de révision de l’assurance chômage des travailleurs européens transfrontaliers.

 

Amélie de Montchalin (ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique, chargée des Comptes publics)
> Nous nous trouvons dans un moment de gravité nationale, à laquelle il faut répondre par de l’exigence collective. Notre unité est éprouvée, à commencer par notre unité budgétaire.
Il ne faut surtout pas nourrir les divisions factices qui pullulent ces derniers jours et qui opposent l’État aux collectivités, la défense et ses armées aux départements, au grand âge ou bien encore au RSA. En tant que grande puissance, la France se doit de posséder un modèle social et une armée forte. Elle doit être souveraine financièrement et stratégiquement.
La méthode que nous suivons avec le premier ministre s’appuie sur deux principes.
D’abord la transparence, qu’elle porte sur la situation financière en 2025 ou sur l’exécution des recettes ou des dépenses – autant pour les collectivités que pour la sécurité sociale ou pour l’État. Dès avril nous ferons le point avec les départements, les ministères et la sécurité sociale.
Le dialogue ensuite, pour faire des choix en accord avec les Français sur nos priorités, nos missions et les moyens que nous leur allouons. Les départements accomplissent des missions essentielles, notamment en matière de grand âge ou d’autonomie. Ils sont le premier rempart protégeant les Français de la précarité.
Grâce au budget 2025, la moitié des départements ne sont pas soumis au dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités locales. Ils peuvent porter le taux de leurs droits de mutation à titre onéreux de 4,5 % à 5 %. Le gouvernement a par ailleurs annoncé une enveloppe de 200 millions d’euros de soutien aux dépenses relatives à l’autonomie et a triplé le montant du fonds d’urgence pour les Ehpad.
Notre méthode ne doit pas nous conduire à privilégier un secteur plutôt qu’un autre, mais à décider quelles sont nos priorités en tant que nation et quels moyens nous leur allouons.

 

Marc Ferracci (ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique, chargé de l’Industrie et de l’Energie)
> Plans d'urgence sectoriels, on lâche rien ! Une semaine après la conférence ministérielle sur l'avenir de la sidérurgie européenne, où plusieurs ministres européens ont appelé, dans une déclaration commune, à un plan d’action d’urgence pour l'acier en Europe, j'ai participé à une nouvelle visioconférence avec mes homologues européens pour discuter de l'avenir des industries énergo-intensives, en particulier l'industrie chimique et sidérurgique. Cette réunion a réuni les signataires des propositions françaises sur l'industrie chimique et l'acier, avec des Ministres venus d'Espagne, Belgique, Italie, Roumanie, Hongrie, Pays-Bas, ainsi que d'autres pays comme l'Allemagne et la Grèce. L’objectif : créer une alliance européenne pour soutenir et revitaliser nos industries lourdes. Demain, au Conseil compétitivité à Bruxelles nous porterons ensemble ces propositions pour renforcer la souveraineté de nos industries et pour préserver leur compétitivité face à la concurrence internationale.

> Nous devons engager un effort de défense et de dissuasion. Non pas pour faire la guerre, mais pour garantir la paix. En réponse à la présidente de la Commission des affaires économiques, lors des Questions au Gouvernement, j'ai précisé que nous n'étions pas en guerre, mais face à de nouvelles menaces, notamment la Russie. Il est crucial de renforcer notre défense pour garantir la paix. Nous pouvons nous appuyer sur notre base industrielle de défense et les progrès réalisés depuis 2022 dans la production d’armement. Cet effort constitue un investissement pour la sécurité collective de la France et de l’Europe. Nous devons partager une part de cet effort avec nos partenaires européens. Par ailleurs, avec le ministre de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, nous souhaitons que les banques, les assureurs et les fonds d'investissements prennent leur part dans les investissements de défense. Nous voulons également faciliter l'accès de tous les épargnants aux entreprises de défense. Ce travail est en cours et nous ferons des annonces le 20 mars.

> Parler d’économie de guerre n’a pas de sens puisque nous ne sommes pas en guerre, mais nous devons, compte tenu des nouvelles menaces, en particulier celles que fait planer la Russie et qui se concrétisent chaque jour, amorcer un effort en matière de défense et de dissuasion. Non pas pour faire la guerre, mais pour garantir la paix.
C’est en tant qu’Européens que nous devons assumer cet effort en nous appuyant sur ce qui a déjà été réalisé en matière de réindustrialisation.
Notre base industrielle et technologique de défense (BITD) se fonde sur 4 000 entreprises et 200 000 salariés qui œuvrent pour que notre industrie soit capable de produire ce qui est nécessaire sur les champs de bataille.
Nous continuerons à soutenir notre BITD, qui a accompli des progrès très significatifs ces dernières années. Depuis 2022, les capacités de production de canons ont triplé et les capacités de production de missiles ont quadruplé. C’est la preuve que nous pouvons monter en charge et faire face aux nouvelles menaces.
Madame Trouvé, nous sommes déterminés à réindustrialiser le pays, à renforcer nos chaînes de valeur et à participer à cet effort pour notre sécurité et celle des Européens.
Nous identifierons prochainement les moyens pour financer cet effort, qui ne vise pas la guerre mais bien la paix.

> La France est le pays le mieux positionné par rapport à cette base industrielle de défense. 200 000 personnes travaillent dans la défense. C'est un atout que nous devons aussi au mouvement de réindustrialisation que nous avons mené ces dernières années, que nous allons poursuivre.

> Il faut s'adapter à une donne qui a changé. Il faut aller vers l'autonomie stratégique et ça suppose d'investir dans notre défense non pas pour faire la guerre, mais pour garantir la paix.

> Import de gaz russe en France : On se passe progressivement du gaz russe avec l'objectif d'être autonome dans les 3, 4 prochaines années.

 

Patricia Mirallès (ministre déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants)
> Ils étaient au Bataclan, à Nice, à la terrasse d’un café ou encore au stade de France, quand leur vie a basculé dans l’horreur. En cette Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme, j’ai tenu à être à leurs côtés et aux côtés de leurs proches, pour honorer leur mémoire et affirmer notre solidarité. Depuis 1991, le Bleuet de France est aussi un symbole de soutien aux victimes du terrorisme. L’acheter et le porter, c’est refuser l’oubli. C’est dire non à la haine.

> En 2023, un million d’élèves ont visité des sites mémoriaux. Ces lieux de mémoire leur font prendre conscience du prix de la paix. Devant un monument portant des centaines de noms de ceux qui sont morts pour la France, l’histoire devient tangible et fait réfléchir.

 

Juliette Méadel (ministre déléguée auprès du ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation chargée de la Ville)
> En cette Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme, nous pensons à celles et ceux dont la vie a été brisée par la violence. En tant qu’ancienne secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes, je souhaite réaffirmer notre devoir de préserver leur mémoire. Chaque victime incarne un symbole de résilience face à l’horreur. Ne jamais oublier, ne jamais céder à la terreur.

 

Laurent Saint-Martin (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger)
> Les droits de douane de 25% sur l’acier et l’aluminium décidés par D. Trump ne mènent nulle part et ne feront que des perdants. Face à ce que je déplore comme étant le pire agenda commercial, l’Europe a raison de riposter fermement et rapidement, comme nous nous étions engagés.

> Un pas de plus vers notre souveraineté énergétique ! En janvier, j'ai signé un accord en Mongolie avec Orano pour sécuriser notre approvisionnement en uranium. Aujourd'hui, ce financement permettra de renforcer ses capacités d'enrichissement en France.

 

Autres ministres
Catherine Vautrin (ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles)
> La question de notre capacité à conserver notre modèle social, qui aura 80 ans au mois d’octobre. Ce modèle est un trésor national et nous avons évoqué les pistes pour le maintenir lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Le premier ministre a tenu à ce que, malgré le contexte compliqué et déficitaire, un effort soit consenti pour améliorer l’exercice 2025 de ce budget. Les chiffres sont clairs : un budget de 650 milliards d’euros d’un côté, un déficit de 22,1 milliards de l’autre.
[Il faut] un patriotisme social. Nous y travaillons dès à présent, avec les ministres du pôle que j’ai la responsabilité de coordonner, en premier lieu Astrid Panosyan-Bouvet et la délégation paritaire permanente sur les retraites. En aucun cas nous n’interférerons dans le travail de cette délégation, que M. Marette est chargé d’animer et qui doit se poursuivre jusqu’à la fin du mois de mai.
Avec Yannick Neuder, nous travaillons sur le volet relatif à la santé. En effet, l’encre du PLFSS est à peine sèche qu’il faut déjà définir ce que nous prévoyons pour 2026. Bien sûr, nous pouvons travailler à une loi pluriannuelle en matière de santé. Nous devons aussi renforcer la prévention primaire – je sais combien elle vous tient à cœur –, qui consiste à dire que chacun d’entre nous est responsable de sa santé : si chaque Français se fait dépister, se vaccine et lutte contre l’obésité, alors nous participons tous à cet effort commun qui permettra de pérenniser notre modèle social.

 

Eric Lombard (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique)
> Le monde évolue très rapidement et nous devons préserver une paix solide et durable. Pour cela, il est primordial que nous progressions vers l'autonomie stratégique européenne. À cette fin, nous soutenons totalement l'initiative ReArm de la Commission européenne. Et dans ce cadre, il est très important que les fonds soient utilisés pour acheter des produits européens, qui font partie de notre autonomie stratégique. Et nous sommes prêts à nous engager avec nos partenaires européens pour atteindre ces objectifs.

> Nous allons augmenter de 30% nos capacités d’enrichissement d’uranium sur le site du Tricastin grâce aux investissements d’Orano. Cette avancée renforce notre souveraineté en soutenant notre stratégie de production d'électricité bas carbone et notre transition énergétique, tout en réduisant nos importations d'uranium à l’étranger. Avec le Ministre de l’Industrie et de l’Énergie, nous renforçons notre sécurité d'approvisionnement et notre autonomie en matière énergétique.

 

Sébastien Lecornu (ministre des Armées)
>Sur la mobilisation de l’épargne des Français. Le premier ministre a demandé à la ministre des comptes publics, au ministre de l’économie et des finances ainsi qu’à moi-même de travailler sur ce sujet. Je remercie l’ensemble des familles politiques représentées dans cette assemblée et au Sénat pour leurs contributions en la matière, depuis la loi de programmation militaire.
Concernant le réarmement, comme l’a dit le premier ministre, nous y travaillons. Rien n’est complètement arrêté, même si quelques évidences se dégagent. Comment ne pas évoquer, puisque vous êtes élu à Bourges, l’urgence du réassort des stocks de munitions : les obus de 155 millimètres de KNDS, par exemple, ou les missiles complexes de MBDA, qui ont malheureusement fait les frais des coupes budgétaires dans le passé. Les efforts de réarmement déployés depuis 2017 produisent leurs effets, mais nous sommes encore loin des stocks dont nous aurions besoin en cas d’engagement majeur et dont, au reste, nous avons besoin pour garantir les contrats opérationnels de l’armée française. Il faut aussi accélérer dans d’autres domaines, ou en tout cas ne pas relâcher notre vigilance, notamment dans le spatial, sur lequel je me suis déjà longuement exprimé ici-même lors du débat qui a suivi la déclaration du gouvernement au titre de l’article 50-1 de la Constitution sur la situation en Ukraine et la sécurité en Europe.
La réunion des chefs d’état-major se tient en ce moment à Paris à l’hôtel de la Marine. Comprenez bien que la principale garantie de sécurité de l’Ukraine reste l’armée ukrainienne. Nous refuserons donc toute démilitarisation du pays. Ce serait un scandale absolu qui paverait la voie à davantage d’insécurité sur l’ensemble du continent européen. Quel doit être le format de cette armée ? Comment l’équiper, la former et – comme l’a dit le premier ministre – l’accompagner ? Telles sont les questions prioritaires de la réunion de cet après-midi. Celles relatives aux troupes potentielles d’observation d’un futur accord de paix ou aux stocks stratégiques de munitions sont également au programme.
Toutes les réponses à ces questions réclameront du temps, mais elles seules peuvent permettre d’offrir à l’Ukraine des garanties de sécurité fiables et durables.

 

François Rebsamen (ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation)
> Le sans-abrisme, en premier lieu celui des enfants, est et reste un drame humain qui nous oblige collectivement. Je veux tout de même rappeler qu’en dix ans, le budget de l’État consacré à l’hébergement a triplé : il a atteint 2,8 milliards d’euros en 2024. Il a fallu se battre pour l’obtenir, mais nous maintiendrons en 2025 les 203 000 places d’hébergement existantes. Des places ciblées pour les publics les plus vulnérables ont été créées, dont 11 000 pour les femmes victimes de violences et 2 500 pour celles qui sortent de la maternité. Le budget pour 2025 conforte ces besoins en mobilisant 20 millions d’euros supplémentaires pour les femmes et les enfants à la rue – c’est précisément le sujet de votre question.
Nous accélérerons le relogement grâce au deuxième plan quinquennal « logement d’abord » – le premier plan, 2018-2022, a permis à 600 000 personnes de sortir de l’urgence. Avec la ministre du logement Valérie Létard, nous lui consacrerons 29 millions d’euros supplémentaires en 2025. Ce grand plan interministériel de lutte contre le sans-abrisme mobilise aussi les ministères de la santé et du travail ainsi que les collectivités locales volontaires.

> Je voudrais d’abord rappeler le cadre général de la politique de lutte contre le sans-abrisme. On ne peut pas nier qu’il s’agit d’une priorité de l’État, qui a fait l’objet de très importants investissements financiers. Une nouvelle politique a été menée, depuis 2017, afin que l’ensemble des dispositifs soient tournés vers l’accès au logement et le maintien dans le logement, tout en mettant à disposition un parc d’hébergements d’urgence suffisamment dimensionné pour répondre immédiatement aux situations de grande détresse.
Cette double orientation s’est traduite par deux plans logement successifs et par l’augmentation de 65 %, par rapport à 2017, du nombre de places en hébergement généraliste, pour atteindre un parc de 203 000 places au niveau national – places qui, en dépit des difficultés financières, ont été pérennisées pour 2025.
En Haute-Garonne, le nombre de places a quasiment doublé depuis dix ans, témoignant de la volonté de l’État de remplir ses obligations en matière d’hébergement et de prise en charge des personnes vulnérables.
Vous avez raison, au demeurant, de considérer que les besoins restent très importants, et que certains territoires ne sont pas suffisamment couverts.
L’expérimentation que vous évoquez, résulte, vous le savez, d’une décision du tribunal administratif de Toulouse. Avec madame Létard, nous travaillons à trouver des réponses permettant, à chaque fois, d’éviter des remises sèches à la rue.
Je m’engage à ce qu’il n’y ait aucune remise en question de l’inconditionnalité de l’accueil ainsi que des droits des personnes. Les conditions de mise en œuvre de l’expérimentation dans le Rhône relèvent d’une appréciation locale et ne sont pas satisfaisantes.  J’ai demandé qu’on mette un terme à ces expérimentations dans les deux territoires.

> Je suis très attaché aux communes rurales, dont je connais les difficultés et les problématiques. La surconsommation foncière – nous en reparlerons à propos de la proposition de loi visant à instaurer une trajectoire de réduction de l’artificialisation concertée avec les élus locaux (TRACE) – concerne tous les territoires, notamment ruraux.
Je suis au désespoir de vous dire que l’extension urbaine peu dense engendre une regrettable dévitalisation des centres-bourgs, une dépendance accrue à la voiture et une augmentation des charges pour toutes les collectivités qui entretiennent les réseaux. Comme je le rappelle en toute occasion, les élus locaux ont conscience de ces enjeux et partagent tous nos objectifs de sobriété foncière, qu’ils mettent généralement en œuvre.
La réduction de notre consommation foncière est un objectif national : notre souveraineté alimentaire et notre résilience en dépendent – ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre. Or les communes rurales – au sens de l’Insee – représentaient 65 % de la consommation d’espace entre 2014 et 2020, pour seulement 20,8 % des nouveaux habitants et 29 % des nouveaux ménages. Bâtir une trajectoire foncière nationale en exonérant ces territoires de toute contrainte est donc impossible. J’ai décidé d’assouplir le plus possible le ZAN – vous aurez l’occasion de le constater.
Au demeurant, les spécificités des communes rurales peuvent déjà être prises en compte, puisque la territorialisation des objectifs peut intégrer les enjeux d’équilibre territorial, notamment en ce qui concerne le désenclavement rural. Dans le cadre du dispositif « zéro artificialisation nette », la concertation régionale doit d’ailleurs aboutir à une répartition de l’effort satisfaisante, tant à l’échelle des schémas de cohérence territoriale (Scot) qu’à celle des plans locaux d’urbanisme (PLU).
Par ailleurs, la loi ZAN de 2023 prévoit une garantie très importante, qui vise à ne pas priver une commune couverte par un document d’urbanisme de la faculté de consommer une surface minimale d’espaces naturels, agricoles et forestiers (Enaf), unité de mesure dans laquelle nous calculerons les consommations d’espace.

> L’attractivité des stations de montagne et la diversification économique des territoires ruraux constituent, comme vous le soulignez à juste titre, des enjeux majeurs.
Lancé en 2021, le plan Avenir montagnes est la preuve que l’État considère les territoires de montagne comme des zones stratégiques et prioritaires. Doté de 330 millions d’euros, dont l’État apporte plus de la moitié, il a déjà permis de soutenir 700 projets et est très bien perçu des élus. Relevant de domaines très divers, tels que la création d’infrastructures sportives, de loisirs ou d’hébergement touristique, la valorisation du patrimoine naturel et culturel, le soutien aux mobilités solidaires et douces, ou encore la diversification de l’offre touristique, ces projets tendent à développer un tourisme « quatre saisons » – que je ne confonds pas avec les études du même nom –, plus respectueux de l’environnement, tout en répondant aux besoins locaux.
Un bilan d’étape de ce plan, qui se termine fin 2026, est en cours. En identifiant les freins rencontrés, mais aussi les réussites du programme, il permettra d’adapter les actions à la réalité.
Cela dit, l’action de l’État sur ce sujet ne se limite pas au plan Avenir montagnes et je tiens ici à souligner l’action menée par les commissariats de massifs et les collectivités territoriales, notamment à travers les conventions de massifs CPIER – contrat de plan interrégional État-région. Différents projets bénéficient ainsi d’un soutien de proximité, afin de permettre aux populations de se maintenir sur place et de créer de l’emploi, tout en préservant nos montagnes pour les générations futures.
Je termine ma réponse comme je l’ai commencée : j’entends les demandes de simplification, au cœur des priorités du gouvernement. Un chantier spécifique a été lancé et je peux vous assurer que mon pôle ministériel suivra de très près ces travaux de simplification.

 

Annie Genevard (ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire)
> [Intervention à l’Assemblée lors du débat sur Lutte contre la disparition des terres agricoles et régulation des prix du foncier agricole] En créant les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural en 1960, le législateur a pourvu notre pays d’un outil à l’efficacité éprouvée pour réorganiser les exploitations agricoles, au bénéfice de la souveraineté alimentaire de la France. Je vous remercie, monsieur le rapporteur, d’avoir souligné ce lien, qui pourrait paraître évident mais qu’il est toujours bon de rappeler, entre la terre et la production, entre la terre et la souveraineté alimentaire. Pour autant, force est de constater, quelque soixante ans plus tard, qu’il ne s’agit plus de réorganisation, mais bien de lutte contre la disparition des terres agricoles.
Notre politique foncière agricole mérite d’être musclée. Le constat que nous faisons, en tant que responsables politiques lucides, doit nous conduire à engager une réflexion sur la modernisation de cette politique. C’est pourquoi je me réjouis de l’examen de cette proposition de loi, qui vise à répondre à une situation grave et urgente, celle de la consommation foncière masquée. Je remercie son rapporteur, M. Dufau, qui est parvenu à donner une dimension transpartisane à ce texte.
Il faut dire que le constat est alarmant : la Fédération nationale des Safer estime que cette consommation masquée – qui consiste, par exemple, à acheter des terres agricoles pour constituer des zones tampons entre voisins, ou pour faire de ces terres des espaces non exploités, tels que des jardins, au sein d’une zone d’habitation – représente plus de 25 000 hectares par an depuis 2020. Ce volume est donc sensiblement le même que celui lié à l’artificialisation des sols ; il concerne plus directement certains territoires comme le littoral ou les zones de montagne, mais il s’étend à l’ensemble des zones où les agriculteurs sont incités, par les prix du foncier, à vendre leurs habitations, et leurs terres avec.
Alors que le projet de loi d’orientation agricole a consacré le caractère d’intérêt général majeur de l’agriculture, je ne peux donc que partager l’objectif visé par le texte, à savoir le renforcement du rôle des Safer dans la politique foncière agricole. Cette proposition de loi tend à un renforcement très substantiel du droit de préemption, au moyen des dispositifs suivants : le renforcement de l’information en cas de préemption partielle ; l’extension de la possibilité de préemption rétroactive à de nouvelles communes ; l’instauration d’un droit de visite ; la mise en place de la possibilité d’agir en révision du prix d’un bien non préemptable.
Si je partage pleinement l’objectif visé – mettre fin à la déprise agricole –, j’émets toutefois un avertissement d’ordre juridique. Pour que les dispositifs envisagés soient pleinement efficaces, il est nécessaire qu’ils respectent les droits et libertés constitutionnellement garantis, notamment le droit de propriété. Je vous engage donc à la prudence dans la rédaction du texte afin que l’édifice, si séduisant soit-il pour la protection du foncier agricole, ne fasse pas l’objet d’une censure du Conseil constitutionnel, qui ne manquera probablement pas d’être saisi.
La préemption est un outil essentiel aux mains des Safer, qui ne doit pas nous faire oublier que d’autres outils, plus souples et plus respectueux des droits et libertés des individus, peuvent également être mobilisés et renforcés. Je pense bien sûr à l’intervention en substitution, qui permet de prévoir, lors de la vente de terres, le maintien de l’activité agricole et la mise à bail, utilisée dans l’immense majorité des cas d’intervention des Safer.
Mesdames et messieurs les députés, mon objectif reste de faciliter la reprise des exploitations. En ce sens, la question du logement pour le repreneur demeure un point fondamental. J’en ai fait plus d’une fois l’expérience dans mon département : l’impossibilité pour le repreneur d’accéder au logement constitue un frein à la reprise d’exploitation. Je vous remercie donc pour cette proposition de loi et compte sur vous pour permettre aux Safer d’obtenir des outils solides sur le plan juridique, afin d’assurer le maintien en exploitation des terres agricoles.

 

Sophie Primas (ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement)
> Permettez-moi de préciser le contexte dans lequel ces tablettes numériques sont distribuées dans les prisons. Le déploiement national de ces terminaux numériques – bridés et limités à certaines applications – est en cours depuis juin 2023, afin de permettre aux détenus de réaliser, de manière autonome et dématérialisée, certains actes nécessaires à la vie en détention, comme passer des commandes de cantine, adresser des requêtes à l’administration pénitentiaire ou prendre des rendez-vous : 16 000 cellules sont aujourd’hui équipées d’un écran tactile, dans 90 établissements, permettant à 22 000 prisonniers de les utiliser à ces fins ; 10 000 installations supplémentaires étaient prévues. L’accès permanent à ce type de services, sans avoir à solliciter les surveillants, est un facteur reconnu de réduction de la violence en détention.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de l’Europe)
> On est dans un tournant de l'Histoire européenne sous la pression de la guerre d'agression de la Russie mais aussi quand on voit ce qui se passe aux États-Unis et les questions qui sont posées sur l'avenir de la relation transatlantique

> La Russie consacre près de 40% de son Budget à sa défense. Elle agresse l’Ukraine, remet en question la souveraineté de ses voisins, et menace directement nos démocraties. Des garanties de sécurité en Ukraine et le réarmement européen visent à dissuader une future guerre.

> Toute avancée vers une paix juste et durable en Ukraine va dans le bon sens. La trêve de 30 jours, acceptée par l’Ukraine et initialement proposée par le Président Emmanuel Macron, doit maintenant mettre la Russie face à ses responsabilités. C’est la Russie qui refuse toute concession.

> C'est Poutine qui avait fermé la porte à la diplomatie et à la paix et choisi l'agression.

> Les Européens avec leurs alliés devront prendre leurs responsabilités pour s'assurer que ce cessez-le-feu sera une paix durable.

> L’UE répondra avec détermination aux droits de douane américains. Comme en 2019, des mesures proportionnées et ciblées seront prises sur des secteurs de l’économie américaine. Nous avons les moyens d’aller plus loin si nécessaire. Nous assumons le rapport de force et la défense de nos intérêts. (…)
(...) L'UE sort de sa naïveté commerciale, est capable de défendre maintenant ses intérêts et d'assumer des rapports de force.
> Continuons les réformes pour créer des richesses et financer les efforts nécessaires à notre réarmement. Quand on se compare à nos voisins européens, on taxe plus mais on travaille moins.

> [Retraites] Comment on peut continuer de réformer, accélérer le rythme de réforme pour pouvoir créer des richesses et entraîner des recettes supplémentaires (...) pour nous préparer pour avoir une Europe moins dépendante.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 
> La parité ne doit plus une être une exigence mais une évidence. Je me réjouis que le texte d'Élodie Jacquier-Laforge qui étend la parité aux conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants soit adopté en première lecture au Sénat. Il est temps que les femmes prennent toute leur place dans la politique locale.

> Face aux opérations de déstabilisation russes, le peuple moldave a choisi l’Europe et la démocratie. Avec la présidente de la République de Moldavie, dont je salue le courage, nous avons évoqué les réformes et les besoins de son pays sur le chemin de l’adhésion européenne. Notre soutien à la modernisation et à la sécurité de la Moldavie est total.

> Un prénom, un visage, une histoire. Derrière chaque victime du terrorisme, une vie brutalement arrachée, un vide qui ne se comble pas. En cette Journée d’hommage, nous portons leur mémoire comme un serment : celui d’une démocratie qui ne cède ni à la peur, ni à l’oubli.

> La population syrienne paie à nouveau le prix d’une violence aveugle. Les exactions et les crimes doivent être punis. Je souhaite que la communauté internationale continue de se mobiliser pour soutenir une transition politique inclusive et respectueuse des droits de chacun. Les Syriens méritent de vivre en paix et en sécurité.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Roland Lescure (député)
> L’Union européenne doit résister face au rouleau compresseur de Donald Trump qui veut mettre à mal nos valeurs.

> L'Europe ne peut plus être uniquement la ligne Maginot, l'Europe doit être le phare des libertés !

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> Le RN est le parti du nationalisme de soumission. Marine Le Pen réserve toujours ses mots les plus durs au Président de la République et épargne toujours Vladimir Poutine.

 

● MoDem 
Isabelle Florennes (sénatrice)
> [Instauration de la proportionnelle aux législatives] Environ 70% des Français réclament un changement du mode de scrutin en ce sens pour qu’il reflète plus fidèlement leur choix politique. La proportionnelle est une réponse efficace à la montée de l’abstention, nous l’avons démontré dans un livre blanc publié en 2021.
Nous sommes partisans d’une proportionnelle intégrale, sur la base de listes départementales. Cela nous semble être le bon échelon pour maintenir un lien avec l’enracinement local.
Les adversaires de la proportionnelle estiment que la constitution des listes serait à la main des partis. Je rappelle que sur un scrutin majoritaire à deux tours la désignation des candidats est d’ores et déjà du ressort des partis et que la pratique du parachutage est largement répandue. 
Le fait d’instaurer des listes départementales serait un contrepoids efficace au centralisme des états-majors et assurerait la désignation de personnalités locales connectées à leur territoire et aux préoccupations quotidiennes de leurs électeurs.

> [Proportionnelle avec une prime majoritaire accordée à la liste arrivée en tête] Non, même si j’admets qu’il faut en débattre. Mais on voit bien le calcul du RN qui la demande à l’aune des dernières législatives. Dès lors que sa liste arriverait en tête, la prime accordée à la première place lui assurerait une majorité absolue à l’assemblée. Or pour nous le passage à la proportionnelle doit nous sortir du fait majoritaire.
Ce que l’on souhaite c’est instaurer la culture du compromis et casser les grands blocs politiques. L'intérêt de ce mode scrutin est de permettre aux gens de choisir, lors d’un vote à un seul tour, parmi des listes de partis et de personnalités qui s'engagent sur des programmes de coalition, à l’image de ce qui se fait par exemple en Allemagne.

> L'avantage d'un scrutin proportionnel à un tour, c’est de permettre un choix clair, tout en sachant que pour gouverner et pour y arriver, il faudra se mettre d'accord sur un compromis.
La règle, sera connue dès le départ. C'est ça qui n'est pas juste dans ce qui est arrivé au mois de juin et au mois de juillet dernier, c'est que la règle, elle n'est pas claire et la règle, elle est celle de la confrontation. C’est très différent de la situation dans laquelle nous sommes.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> L’Europe sait montrer les muscles dans un bras de fer commercial – même regrettable. Nous le montrerons dès le 1er avril. L’intimidation ne fonctionne pas sur le marché le plus puissant au monde. Donald Trump constatera vite qu’une guerre commerciale n’est pas dans son intérêt.

> L’Europe est à un tournant de son Histoire. Seul un budget ambitieux, efficace et aligné sur nos valeurs répondra aux défis inédits de notre époque.

> Les Européens comptent sur nous pour leur garantir un avenir de paix, de sécurité et de liberté. La seule façon d’y parvenir, c’est de dissuader les menaces qui nous entourent.

> Si je m’en tiens aux faits, ce n’est pas ainsi qu’on traite ses alliés. Mais les États-Unis ne sont pas un adversaire pour autant. Nous devons avancer ensemble pour obtenir une paix juste et durable en Ukraine.

> Il n'y a pas de mots pour exprimer le courage de l'opposition démocratique au Belarus.
Le peuple biélorusse a le droit inébranlable de vivre dans un pays libre. Nous les soutenons dans leur lutte pour la démocratie et pour l'Europe.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion: Cinq échecs, aucun succès] Donald Trump n’en finit plus de chanter ses louanges. Sans doute se croit-il réellement génial mais en dehors d’avoir semé un chaos mondial en seulement sept semaines qu’a-t-il réussi ?
La réponse tient en un mot : rien, absolument rien alors que ses échecs sont aussi nombreux que spectaculaires.
Par deux fois déjà, il a annoncé l’imposition de 25% de droits de douane sur les importations canadiennes et mexicaines et par deux fois il a aussitôt reculé, remettant ces décisions à plus tard pour calmer les Bourses qui commençaient à dévisser dans le monde entier.
Investisseurs et industriels ne sont manifestement pas convaincus par les bienfaits de ces barrières douanières dont Donald Trump dit, lui, et le pense qu’elles réindustrialiseraient les Etats-Unis en leur apportant emplois et richesses. Ils l’ont fait savoir et comme ce président et ses amis détestent voir fondre leurs portefeuilles, les Etats-Unis attendront leur remède miracle.
Pas glorieux et encore moins honorable mais que dire de Gaza ? En visionnaire, Donald Trump avait trouvé quoi faire de cette bande côtière devenue un amas de ruines toujours largement contrôlé par le Hamas. Très simple : après l’avoir vidée de ses deux millions d’habitants, on allait en faire une Riviera semée d’hôtels et de casinos Trump et désormais contrôlée par les Etats-Unis.
Personne n’y avait pensé. Bien trouvé, remarquable mais ni l’Egypte ni la Jordanie ne veulent de ces deux millions de Gazaouis qu’il aurait fallu évacuer fers aux pieds et ce plan constitutif d’un crime contre l’humanité est… Comment dire ?
Il est à l’eau comme prend l’eau la crédibilité de cet homme qui en est déjà à devoir désavouer son bras droit, cet autre génie d’Elon Musk qui s’était mis les ministres à dos en réduisant leurs effectifs sans leur demander leur avis. C’est dans le bureau ovale qu’ils ont si vivement protesté que Donald Trump a maintenant souhaité que les licenciements se fassent au « scalpel » plutôt qu’à la tronçonneuse.
Bravo, M. le président, on ne saurait mieux dire mais l’Europe, cette Union européenne dont vous venez de répéter qu’elle n’avait été créée que pour « baiser les Etats-Unis » et que vous vouliez si évidemment défaire, où en est-elle ?

Eh bien elle a dépassé toutes vos espérances puisqu’elle vient à l’unanimité, Hongrie comprise, de décider de se doter d’une Défense commune afin d’assurer son « autonomie », que la Grande-Bretagne s’est ralliée à cette ambition, que Londres, Paris et Berlin sont désormais unies dans une volonté commune de se passer de vous et que jamais les Européens n’ont été aussi unis qu’aujourd’hui.
Là, votre réussite est franchement éclatante mais reste l’Ukraine. Vous avez donné à voir au monde entier comment vous pouviez traiter, en la personne de son président, un peuple qui se bat depuis trois ans pour faire face à une agression coloniale. Comparés à Volodymyr Zelinsky, votre vice-président et vous-même n’étiez plus que des chefs de gang à l’effarante vulgarité mais maintenant ?
Vous avez privé l’Ukraine d’armes et de renseignement. Vous lui avez fermé les portes de l’Alliance atlantique. Vous l’avez poignardée mais comment allez-vous faire pour la démilitariser, condition mise par Vladimir Poutine à la signature d’un accord ?
Vous ne le pourrez pas. Vous ne pourrez pas empêcher les Européens d’aider et armer l’Ukraine et il est ainsi tout sauf sûr que vous parveniez à un « deal » avec votre ami du Kremlin ou que ce deal tienne longtemps.
Vous avez fait tant de dégâts et accumulé tant d’échecs en sept semaines que vous avez déjà mérité votre surnom : Néron, le grotesque et dévastateur empereur qui lui aussi se prenait pour un génie.