Voici une sélection,
ce 18 février 2025, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur
les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Après avoir réuni
plusieurs dirigeants européens, je viens de parler au Président Trump, puis au
Président Zelensky. Nous souhaitons une paix solide et durable en Ukraine. À
cette fin la Russie doit cesser son agression et cela doit s'accompagner de
garanties de sécurité fortes et crédibles pour les Ukrainiens.
Sinon le risque serait de voir ce cessez-le-feu finir comme les accords de
Minsk. Nous allons y travailler avec tous les Européens, les Américains et les
Ukrainiens. C'est la clé.
Nous sommes convaincus que les Européens devront investir mieux, davantage et
ensemble pour leur sécurité et leur défense, pour aujourd'hui et pour demain.
Pour cela, les Européens souhaitent accélérer la mise en œuvre de leur propre
agenda de souveraineté, de sécurité et de compétitivité.
Les travaux se poursuivront sur la base des propositions de la Commission
européenne, tant sur le soutien à l’Ukraine que sur le développement et
l’investissement dans notre défense. Cet agenda, défini en 2022 au Sommet de
Versailles, nous devons juste le faire. Des décisions, des actes, de la
cohérence. Vite.
Je poursuivrai ces échanges dans les prochains jours.
► Gouvernement
[Nota: Ce gouvernement est
dirigé par un centriste, François Bayrou ; nous avons donc décidé de
reprendre les propos de tous les ministres puisqu’ils agissent sous l’autorité
d’un Président de la République et d’un Premier ministre centristes/centraux ;
néanmoins nous avons fait une distinction avec d’un côté les ministres
centristes-centraux et les autres puisqu’il s’agit d’un gouvernement de
coalition du fait que le Président de la République et le Premier ministre ne
disposent pas d’une majorité à l’Assemblée nationale]
●
Ministres centristes/centraux
François Bayrou (Premier ministre)
> [Intervention à l’Assemblée sur les violences au collège de Notre-Dame
de Bétharram] Comme vous le savez sans doute, j’ai passé la journée de samedi
en compagnie du collectif des victimes ; ce furent quatre heures d’une
émotion intense. C’était la première fois que quelqu’un recevait les victimes et
c’était la première fois qu’elles étaient réunies. Les victimes ont exprimé
plusieurs choses, terriblement bouleversantes, qui ne peuvent laisser
indifférents face à ce qu’elles ont vécu il y a parfois plusieurs décennies.
Mais elles ont également déclaré qu’elles détestaient la récupération politique
en cours et qu’elles la trouvaient haïssable, parce qu’elle les privait de leur
histoire.
Cela étant dit, je répondrai clairement à votre question. Suis-je jamais
intervenu dans cette affaire comme dans d’autres affaires judiciaires ? La
réponse est non, jamais, ni de près, ni de loin – et je vais vous en
apporter la preuve. Vous avez cité le nom du juge d’instruction Christian
Mirande : c’est mon voisin depuis cinquante ans, dans mon village, dont
vous ignorez sans doute où il se situe. Il s’agit d’une amitié de longue date,
avant même qu’il ne soit magistrat. Est-ce que nous avons pu parler de cette
affaire ? Sans doute, oui. Mais en respectant une limite
absolue : un magistrat n’a pas le droit, comme en dispose un article
central du code de procédure pénale, sous peine des sanctions disciplinaires
les plus sévères et d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison, de
communiquer le moindre élément du dossier dont il a la charge, à quelque
personne extérieure au dossier que ce soit. Christian Mirande est un juge d’une
absolue intégrité et il ne m’a jamais communiqué le moindre élément du dossier :
nous avons pu parler de l’ambiance, de l’établissement, jamais du dossier.
S’agissant du procureur général, M. Rousseau, que je ne connais pas et qui
est mort il y a vingt-trois ans – ce qui rend facile de lui imputer
certains propos –, la certitude est pour moi la même : ce haut
magistrat respectait de la même façon les règles de sa profession, qui est
d’ailleurs une vocation, et il n’a eu aucune communication avec qui que ce soit
à propos de ce dossier. Mais si je ne savais rien de cette affaire, si je n’y
ai été associé en quoi que ce soit, d’autres savaient. J’affirme devant vous
– vous le vérifierez – que le procureur général a tenu la
Chancellerie informée de cette affaire à quatre reprises dans l’année 1998. Il
l’a fait téléphoniquement le jour de l’incarcération du père Carricart, puis il
l’a fait à trois reprises par écrit, en signalant la gravité des faits. Qui
était alors ministre de la justice ? Quel était le gouvernement ? De
1997 à 2002, le gouvernement était socialiste. Le ministre de la justice était
Élisabeth Guigou, et je ne peux imaginer qu’elle n’ait pas tenu compte d’un
signalement aussi grave émis par le procureur général. Dans tous les cas,
j’affirme que lorsque j’étais au gouvernement, un signalement aussi important
ne pouvait être donné sans que le ministre de l’éducation nationale en soit
averti. Qui était alors le ministre de l’éducation nationale ? Claude
Allègre. Qui était la ministre déléguée à l’enseignement scolaire ?
Ségolène Royal. Je ne crois pas qu’on puisse imputer à ces personnalités des
manquements aussi graves.
Je pose à mon tour la question : qu’est-ce qui a été fait, à la suite des
signalements du procureur général, pour que soient entreprises les démarches
que vous recommandez ? Lorsque j’ai été saisi de cette affaire en 1996,
c’est-à-dire deux ans avant, j’ai demandé une inspection, dont je n’ai aucune
trace, mais qui a été publiée dans les journaux et que je vous invite à lire
pour vous assurer de la parfaite transparence de ce dossier.
Je ne connais pas ce gendarme, mais il suffit de poser la question au juge
Mirande qui répondra sur les propos qu’il a tenus ou qu’on lui prête. Le
gendarme dit qu’il a entendu quelqu’un dire que le déferrement de l’accusé
avait été retardé de deux heures. Je répète que le procureur général en a rendu
compte le jour même à la Chancellerie.
Une question importante demeure : que peut-on faire pour améliorer la
prise en charge des victimes ? Nous devons améliorer le repérage précoce
et la prévention, comme cela vient d’être annoncé dans le programme que
Mme la ministre d’État, ministre de l’Education nationale a présenté.
Enfin, nous devons rassurer les victimes : si les actes qui les ont
traumatisées sont prescrits, elles ne sont pas sans droits. Nous allons ainsi
approfondir la question de la procédure civile, qui peut permettre de répondre
aux traumatismes des victimes.
> [Mercosur] Le gouvernement, la représentation
nationale, mais aussi le président de la République le 17 novembre en
Argentine, tous ont dit leur opposition à la version actuelle du traité avec le
Mercosur. Les raisons de cette opposition sont parfaitement claires et se sont
exprimées lors du débat sur la déclaration du gouvernement, le 26 novembre
dans cet hémicycle et le lendemain au Sénat. Les questions environnementales,
notamment, nourrissent de grandes inquiétudes. Nous ne pouvons pas accepter que
les élevages fassent l’objet de traitements hormonaux ou antibiotiques pour
améliorer la rentabilité, ni que des normes strictes s’imposent à nos
agriculteurs mais pas aux importations, ni que les équilibres et les objectifs
de l’accord de Paris sur le climat soient bafoués. C’est la raison pour
laquelle nous avons exprimé l’opposition de la France aux manœuvres de la
Commisson. Je m’engage à l’exprimer de nouveau. Je rendrai naturellement compte
à la représentation nationale des choix que nous ferons pour défendre cette
position de principe, que nous devons aux agriculteurs.
Elisabeth Borne (ministre d’Etat, ministre de l’Education
nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche)
Manuel Valls (ministre d’Etat, ministre des Outre-mer)
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Le premier ministre l’a dit: depuis 1945, jamais, sans doute, le
risque d’une guerre en Europe, autour de nous, n’avait été aussi élevé. Comment
en sommes-nous arrivés là ? Il y a dix ans, pour mettre fin à la guerre
que la Russie avait lancée contre l’Ukraine, sans doute avons-nous fait preuve
de faiblesse en acceptant un cessez-le-feu fragile : violé vingt fois par
la Russie, il ne l’a pas empêchée d’envahir ensuite l’Ukraine à grande échelle.
Dans le même temps, les États-Unis ont décidé de se désengager progressivement
du continent – c’est leur droit –, laissant aux Européens le soin
d’organiser leur propre sécurité. Actuellement, les Ukrainiens sont la
sentinelle de l’Europe ; la première ligne de défense européenne est tenue
par les Ukrainiens. Les Ukrainiens ne s’arrêteront pas de combattre tant qu’une
paix juste et durable ne leur aura pas été proposée. Nous voulons aussi, quant
à nous, la paix : non pas une pause transitoire, ni un cessez-le-feu
fragile, mais bien la paix !
Pour obtenir cette paix durable face aux velléités impérialistes – pour
reprendre votre expression –, nous devrons opposer une résistance et nous
imposer par la force. Lorsqu’une paix aura été conclue – quoi qu’on en
dise, les négociations n’ont pas encore commencé –, les Européens seront
amenés à construire une capacité de dissuasion durable. D’ici là, nous
continuerons à accroître la pression sur la Russie de Vladimir Poutine, au
moyen d’un seizième paquet de sanctions adopté dans les prochains jours. Nous
allons aussi multiplier par deux nos dépenses militaires à l’horizon 2027.
Cependant, la défense nationale ne passe pas que par les dépenses
militaires : elle se joue aussi dans les esprits. Ne nous laissons pas
intimider par les nouveaux empires, reprenons de la force morale, retrouvons
les forces de l’esprit !
> S’agissant de la vie démocratique, chacun chez soi,
merci, au revoir. Aucune leçon à recevoir [de l’administration Trump]. Quant a
ceux qui se prosternent devant l’idée que la liberté d’expression serait brimée
en Europe, que veulent-ils ? Ils prônent le contraire de ce qu’est la France.
(…) Ce qui m'estomaque le plus (...) c'est de voir des commentateurs,
responsables politiques français se prosterner, littéralement, devant Elon
Musk, ses amis et leur idéologie.
> Le seul objectif de la France, c’est la paix durable
sur le continent européen. Pour cela, il faut éviter un cessez-le-feu bâclé.
> Je veux m'indigner sur le sort des enfants de
l'Ukraine, arrachés à leur famille, déportés, rééduqués dans des centres ou
dans des camps en Russie et en Biélorussie, ce qui vaut d'ailleurs à Vladimir
Poutine un mandat d'arrêt pour crime de guerre de la Cour pénale
internationale.
> Ce qui est en jeu aujourd’hui sur la ligne de front, ce
n'est pas simplement l'intégrité territoriale de l'Ukraine, c'est également la
perspective de la paix ou de la guerre sur le continent européen. Alors oui, il
est temps, que l'Europe se réveille et qu'elle prenne la mesure des menaces qui
sont devant elle. Est-ce que tous nos partenaires se sont réveillés à la même
vitesse que nous ? La réponse est non, je crois que tout le monde peut le
comprendre. Mais est-ce qu'il reste aujourd'hui un Européen en Europe pour ne
pas considérer que nous devons prendre une part beaucoup plus importante
qu'auparavant de notre propre défense ? Je crois que la réponse est non.
Et c'est pourquoi, dans ce moment que nous vivons, charnière pour notre
continent, nous avons besoin que l'Europe fasse un grand bond en avant pour
assurer sa propre sécurité et qu'elle se révèle pour ce qu'elle est,
c'est-à-dire une grande puissance.
Et c'était tout l'objet de la rencontre d'hier à l'initiative du président de
la République qui a permis d'affirmer de manière unitaire un certain nombre de
principes, et en particulier un principe clair : pas de négociations sur
l'avenir de l'Ukraine sans les Ukrainiens, pas de négociations sur l'avenir de
l'Europe sans les Européens.
> Les Européens se sont réunis hier, à l'invitation du
président de la République, pour avoir un message unitaire et réaffirmer
quelques principes simples : le premier (...) c'est «nous n'obtiendrons la paix
que par la pression». Il est clair que
nous ne voulons pas d'un cessez-le-feu bâclé mais d'un traité de paix en
bon et dû forme. (…) Nous voulons changer les règles européennes pour pouvoir
augmenter notre effort de défense.
> Quand on dit que les Européens seront autour de la
table, ce n'est pas une demande, c'est un constat. Pourquoi ? Parce que la
réalité est implacable. Seuls les Ukrainiens pourront décider d'arrêter de
combattre le moment venu et ils ne le feront que lorsqu'ils auront la certitude
que la paix qui sera conclue est durable. Et comment en auront-ils la certitude
? Et bien uniquement s'ils ont des garanties qu'ils ne seront plus agressés. Et
qui apportera ces garanties ? Ce seront les Européens.
> Si nous combattions depuis 3 ans contre la Russie qui
aurait envahi les Hauts-de-France, le Grand-est et l'Ile-de-France, croyez-vous
vraiment que nous déposerions les armes si des puissances étrangères
concluraient dans notre dos un cessez-le-feu bâclé et sans garanties ? (…) 'intégrité
territoriale de l’Ukraine] reste notre boussole absolue, quelque soit le
conflit d'ailleurs
> Que l'on parle de la RDC, que l'on parle de l'Ukraine,
nous considérons partout que les principes fondateurs des Nations Unies -
intégrité territoriale et autodétermination des peuples - doivent être
respectés.
> Le Hamas ne doit avoir aucun rôle dans la gouvernance
de Gaza et de la Palestine dans les années qui viennent. (…) Nous soutenons les
efforts des pays arabes, qui ont d'ailleurs commencé à en parler à Donald
Trump, pour trouver une solution alternative à cette prise de contrôle de la
bande de Gaza, qui est à la fois impraticable et totalement contraire au droit
international.
> Je ne me mêle pas des affaires internes des autres
pays, et notamment quand ce sont des pays alliés, je vous le redis, sur les
questions de valeur, je n'accepte pas qu'on vienne me donner des leçons,
quelles qu'elles soient, ici en France ou en Europe.
> Ce qui va changer, c'est qu'à court terme, nous devons
garantir que la paix qui sera négociée et trouvée en Ukraine soit durable. Et à
court terme, ce qui va se passer, c'est que les États-Unis vont très
certainement revoir leur niveau d'engagement, y compris sur le plan
géographique, dans l'OTAN. Tout cela, ça va appeler de notre part un vrai
réveil et même un lien en avant pour prendre ce qui est à nous, c'est-à-dire
notre place dans la sécurité du continent européen.
Soit nous acceptons de prendre notre part et de faire en sorte que tout accord
de paix qui soit trouvé soit entouré de garantie de sécurité, c'est-à-dire
d'une dissuasion définitive de la menace (...) Ou alors nous restons aveugles à
cette menace en soulignant que c'est une affaire ukrainienne et qu'une fois le
cessez-le-feu intervenu, les problèmes disparaîtront. Et alors, un jour ou
l'autre, nous serons entraînés dans la guerre.
> Nous sommes beaucoup mieux armés que nous l'étions à
l'époque pour gérer, absorber et maîtriser ces flux migratoires.
> Il y a une internationale réactionnaire (...) qui s'est
constituée et qui tente ou qui voudrait essayer de changer le débat dans
l'Union Européenne. Je ne souhaite pas qu'elle y parvienne, je ne crois pas
qu'elle y parviendra parce que ces thèses-là, ces thèses populistes-là, elles
conduiraient inévitablement au démantèlement de l'Europe telle que nous la
connaissons et donc à un affaiblissement de tous ses pays, de tous ses États.
Agnès
Pannier-Runacher (ministre de la
Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche)
> D’une loi de finances à l’autre, le budget consacré par l’Etat à
l’écologie augmente de 650 millions d’euros en 2025. Et même de 3 milliards par
rapport à ce qui a réellement été dépensé en 2024. Certaines enveloppes sont à
un niveau historiquement élevé, comme le Fonds chaleur et les moyens alloués à
l’adaptation au changement climatique. D’autres subissent des efforts
considérables, comme l’électrification des véhicules.
> Le Rassemblement national surfe sur l'idée que
l'écologie serait un truc de bobos aisés, qui irait contre l’intérêt des
Français modestes. Or ce sont les classes populaires qui sont les premières
victimes des dégâts liés aux inondations, de la pollution de l’air ou des
passoires thermiques !
> Disons les choses franchement : nous sommes une
coalition, pas une alliance. J’assume totalement d’avoir des désaccords majeurs
sur certains sujets avec une partie de mes collègues. C’est la vie, ce n’est
pas grave, on avance ensemble. J’ai autant besoin des Socialistes que des
Républicains pour avancer !
> Écologie n’est pas synonyme de bureaucratie ! Sur la
taxe carbone aux frontières : taxer les marchandises produites avec du charbon,
oui, mais encore faut-il que ce soit opérationnel.
> Ma boussole, c’est la science. En deux ans, nous avons
identifié 99% des sources de rejets industriels de PFAS dans l’eau. Et nous les
avons réduits drastiquement depuis ! J’assume qu’on interdise les PFAS dans les
textiles et les cosmétiques. Lorsqu’ils ne sont pas essentiels et qu’il y a des
alternatives, il faut s’en passer.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> « Joseph, meurs en Israël sale bâtard », « nique les
juifs », « avec ses ongles et son nez, elle a une tête de
feuj ». Ce sont les mots que lisent et entendent trop de Français juifs au
lycée ou sur leurs campus. Ils sont insupportables. Une explosion de
l'antisémitisme depuis le 7 octobre 2023 et en particulier sur nos campus lors
des élections européennes. Ne soyons pas dupes et soyons intraitables.
Amélie de Montchalin (ministre délégué auprès du ministre
de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique,
chargée des Comptes publics)
> [Finances publiques] Nous allons avoir une méthode extrêmement
rigoureuse, peut être inédite, de suivi tous les mois de la manière dont les
dépenses se déploient pour atteindre 5,4%.
> [Finances publiques] Ce qui va être nouveau, c'est
l’association que nous allons avoir des parlementaires. Parce que le moment
politique est inédit, on pense que c’est nécessaire que les parlementaires
soient associés.
> En 2025,
les dépenses des ministères baisseront de 2 % - c'est un effort inédit. Si
nous intégrons les opérateurs et les charges d'intérêt, les dépenses augmentent
de 0,6 %. Pour les collectivités locales, c'est 1,2 % et les
organismes de sécurité sociale, c'est 1,6 % - la plus forte
augmentation : notre nation continue de faire des efforts massifs pour sa
protection sociale. Et les dépenses sociales sont désormais financées en
grande partie par des impôts : 30 % du produit de la TVA finance la
sphère sociale.
> [Budget de la Sécurité sociale] Cette sécurité sociale,
son déficit, il n'est ni de droite ni de gauche. Oui, je suis satisfaite du
budget. Mon ambition c’est que nous reprenions le chemin d’une trajectoire de
retour à l'équilibre.
> [Réforme des retraites] On attend tous une chose, c’est
que ce diagnostic, demandé par le Premier ministre, serve de point de départ
incontestable et incontesté de ce conclave des retraites.
> [Relation entre l’Europe et les Etats-Unis] C’est
normal, dans un moment aussi critique, que l’on prenne un peu de temps pour
définir notre stratégie.
> La loi de programmation militaire est tenue. On ne peut
pas se permettre de raboter le régalien. Nous sommes déjà à 2% de dépenses pour
la défense.
> Nous n'avons
toujours pas de budget de la Sécurité sociale. Chaque jour, l'incertitude se
renforce. Pour sortir de cette instabilité, j'espère donc que nos débats seront
efficaces pour que ce texte soit adopté dans les mêmes termes qu'à l'Assemblée
nationale.
La loi de finances initiale a été promulguée vendredi dernier ;
j'espère qu'il en ira de même rapidement pour ce texte.
Un jour sans budget pour la sécurité sociale représente autant
d'investissements qui ne peuvent être lancés dans les hôpitaux, de places en
établissement qui ne sont pas ouvertes, de nouvelles recettes qui ne rentrent
pas. Un exemple : ce texte prévoit l'ouverture pour les enfants de
sept ans d'un parcours de repérage précoce des troubles du
neurodéveloppement et de l'autisme ; plus nous tardons, moins les enfants
seront examinés.
Pas moins de 800 milliards d'euros de dépenses sont prévus pour
l'ensemble des administrations de sécurité sociale. Cet effort est loin d'être
anodin dans le contexte actuel de nos finances publiques.
Le financement de la sécurité sociale ne repose plus uniquement sur les
cotisations sociales. Une part croissante de son financement provient de
ressources fiscales, telles que la CSG ou les taxes affectées.
Pour les retraites, la part des cotisations est de deux tiers, mais de
seulement un tiers pour la branche maladie.
Les conditions dans lesquelles la sécurité sociale a été fondée en 1945
- une population nombreuse, jeune et salariée - ne sont plus les
mêmes aujourd'hui. Beaucoup de choses ont changé : structure
démographique, croissance économique moins forte, marché du travail plus
fragmenté. Catherine Vautrin a raison de parler de virage démographique.
Pourquoi partager ces constats qui sont considérés par certains comme des
évidences ? Parce que je suis préoccupée par l'aggravation du déficit de
la sécurité sociale - inédit hors crise - sans qu'une trajectoire de
retour à l'équilibre fasse consensus. Ce débat sur le financement de la
sécurité sociale n'est pas honteux.
Nous devons être capables de nous poser quatre questions dans les prochains
mois.
Les dépenses sont-elles suffisamment efficientes ? Nous devons veiller à
ce que chaque euro soit bien dépensé, qu'il s'agisse de médicaments, de
transport sanitaire ou d'arrêts de travail.
Sommes-nous d'accord pour consentir à un tel niveau de dépenses ?
Quid des recettes ? Certains choix passés, justifiés à l'époque, ont
réduit nos recettes ; il faut les identifier et les corriger, le cas
échéant, par exemple en continuant à revoir les niches sociales.
Devons-nous envisager de nouvelles recettes, revoir la répartition ou mettre en
place de nouveaux transferts ?
Ce débat légitime est engagé. Plusieurs parlementaires appellent à un grand
chantier. Nous devons remettre à jour ce contrat social. J'y suis prête.
Nous devons être lucides collectivement. D'ici à la fin de l'année, l'Agence
centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), également nommée Urssaf
Caisse nationale, devra gérer 65 milliards d'euros de dette, dont
40 milliards pour les seuls exercices 2024 et 2025.
Ni défiance ni fatalisme : nous avons su rétablir l'équilibre des comptes
après la crise financière de 2010 ; nous devons réfléchir à une
nouvelle trajectoire. Mais en attendant, nous avons besoin d'une LFSS. J'espère
que nous aboutirons à un vote conforme.
Marc Ferracci (ministre délégué auprès du ministre
de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique,
chargé de l’Industrie et de l’Energie)
> Face aux critiques, soyons clairs : nous ne reculons pas, nous
structurons les aides pour le photovoltaïque. Loin de fragiliser la filière,
l’arrêté sur le petit photovoltaïque permet un développement plus efficace et
mieux ciblé.
- 20 % de notre électricité produite est exportée : la priorité doit être
donnée à l’adéquation production/consommation nationale.
- Le petit photovoltaïque doit d’abord servir l’autoconsommation, pour faire
baisser les factures l’électricité.
- En 2024, les souscriptions pour le petit photovoltaïque sur bâtiment ont
explosé, jusqu’à représenter 200 % des prévisions de la PPE : un
recentrage est nécessaire.
- Ces installations ont un coût de production plus élevé que les installations
de puissance supérieure, lié à leur structure mais également aux coûts de
raccordement.
Nous continuons à soutenir la filière
avec des mesures concrètes :
- TVA réduite à 5,5 % dès le PLF 2025.
- Un nouvel arrêté pour le photovoltaïque au sol dès 2025.
- Fléchage des aides vers le photovoltaïque européen dès 2026 pour une filière
plus souveraine.
Nous avançons avec pragmatisme, ambition et responsabilité pour un
photovoltaïque au service des Français et de notre indépendance énergétique. Le
combat continue.
> Produire plus d’éoliennes en France, c’est investir
dans notre futur énergétique et dans l’emploi !
- Plus de production : les turbines et pales de demain seront fabriquées sur
notre sol, au service des futurs parcs offshore.
- Plus d’emplois : +200 postes directs, des centaines d’indirects dans la
chaîne de valeur.
- Plus de souveraineté : réduire notre dépendance aux importations et
structurer une filière industrielle d’avenir.
Grâce à des projets et des réussites comme celle-ci, l’éolien en mer va
continuer à avancer sur ses deux jambes : transition écologique et
réindustrialisation.
Nathalie Delattre (ministre déléguée auprès du ministre
de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique,
chargée du Tourisme)
> Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques des
Alpes Françaises est officiellement lancé ! Tous unis pour faire de ces Jeux de
la montagne une grande fête pour la France !
> Si nous avons encore du chemin à parcourir pour rendre
notre tourisme plus inclusif, nous devons accélérer.
Patricia Mirallès (ministre déléguée auprès du ministre
des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants)
> Notre démocratie est fragile et peut se détruire en un clin d'œil.
> Depuis plus de 10 ans, l’Ukraine combat avec un courage
immense. Mais au cœur de la guerre, une autre bataille se joue : accompagner
les blessés. Lors de ma rencontre avec une délégation de députés ukrainiens,
nous avons échangé sur ce sujet essentiel, où la France, forte de son
expérience, souhaite proposer son aide.
Juliette Méadel (ministre déléguée auprès du ministre
de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation chargée de la Ville)
> Je me suis toujours opposée à
cette alliance contre nature entre la France insoumise et le parti socialiste.
LFI flirte avec l'antisémitisme et s'engouffre dans la spirale du
communautarisme.
> Les horribles
images du 7 octobre ont produit un choc traumatique sur la population
française. On ne s'habituera jamais à l'horreur et j'espère que les otages
seront libérés le plus vite possible.
> Le Premier
ministre est un humaniste qui n'a jamais utilisé l'argument migratoire comme un
instrument de campagne et qui est, comme moi, contre la préférence nationale.
> Ma gauche à moi
c'est celle pour qui la sécurité n'est pas un gros mot et pour qui la laïcité
est un moyen de vivre en paix avec une République intraitable avec les
islamistes et trafiquants de drogues.
> Je suis
tout à fait saisie par cette espèce de phénomène de société qui date depuis
plus de 45 ans, où, en effet, la pédophilie est l'un des crimes les pires et
qui ont été constatés dans un certain nombre de bâtiments, de lieux scolaires
en présence d'enfants. Et la meilleure des choses, c'est de réagir et que la
parole des victimes se libère, ce qui aujourd'hui ne fait pas l'ombre d'un
doute.
> Il y a ce vent mauvais qui souffle partout en Europe,
dont l'objectif est de remettre en question les démocraties qui sont fragiles,
qui sont très fragiles, surtout en France. Il y a un vent mauvais qui souffle
en France. Je le dis et je trouve que c'est gravissime où on entend un peu
partout sur les ondes le retour à une forme d'assimilation. Par exemple,
j'entendais il y a très longtemps à nouveau les propos de Pascal Praud, qui est
un homme pourtant cultivé et qui est capable de dire qu'on peut mettre sur le
même plan Pétain et D Gaulle. C'est un homme cultivé, mais comment est-il
possible aujourd'hui d'en arriver à revenir à ce qui est une forme de
révisionnisme de l'histoire ? Donc franchement, je tire la sonnette d'alarme.
> Tous ceux qui en France se disent solidaires de TRUMP,
tous ceux qui à l'extrême droite en France se frottent les mains des propos
anti-européens, anti-démocratie, anti-libertés et anti-République participent
de cette entreprise de démolition et de destruction de l’Europe. Donc oui, je
tire la sonnette d'alarme aujourd'hui. C'est non seulement une semaine à risque
pour nous le Gouvernement, mais en tant que représentante des citoyens, parce
que nous voulons la stabilité, parce que, et on va en parler, nous œuvrons pour
améliorer les conditions de vie quotidienne, mais c'est une semaine à risque
pour la France, pour la démocratie et pour l'Europe.
> Les bailleurs sociaux sont ceux avec lesquels nous
conduisons des politiques de soutien et ils sont, dans leur écrasante majorité,
évidemment très contributifs, et ils entretiennent comme il faut. Cela dit,
j'ai quand même un doute parce que j'ai fait des déplacements de terrain, un
certain nombre depuis que je suis nommée et je constate que, à la demande des
maires, nous avons beaucoup d'associations de locataires qui se plaignent de
l'entretien des cages d'escalier, des ascenseurs, des boîtes aux lettres, de la
saleté dans les caves. Donc tout simplement, je demande aux préfets un bilan.
Où est-ce que c'est bien entretenu ? Où est-ce que ça n'est pas bien entretenu
? Et tous ensembles, on va se mettre autour de la table pour voir ce qu'il
convient de faire.
> Par exemple, imaginons que ça fait plus d'un an que
vous avez des problèmes récurrents d'ascenseurs qui tombent en panne dans un
logement social, dans un quartier politique de la ville qui est dans mon champ
de compétence. Imaginons que ça fasse plus d'un an que vous avez des problèmes
récurrents de boites aux lettres en panne, d'ascenseurs en panne, de propreté,
là, nous allons durcir le ton. Il y a une aide et je le dis à tous nos
auditeurs, il y a une aide publique. Ce sont des impôts de 315 millions d'euros
qui permettent d'aider les bailleurs à entretenir. Donc nous allons dire :
" Est-ce que cet argent-là est bien utilisé ? " Si cet argent n'est
pas bien utilisé, nous envisagerons la possibilité d'en supprimer le bénéfice
pour les bailleurs.
> Vous savez pourquoi je me suis engagée dans cette
période difficile ? Parce que je sens bien que quand vous avez des Français qui
vous disent, des citoyens qui vous disent : «On se sent méprisé, on ne nous
respecte pas dans notre dignité parce qu'on n'a même plus la possibilité de
prendre l'ascenseur quand on a besoin d'aller faire nos courses et qu'on est
assigné à résidence». Je veux lutter contre ça. Et donc je veux leur dire que l'Etat
s'occupe de vous, les maires s'occupent de vous, les collectivités
territoriales s'occupent de vous et les bailleurs sociaux aussi, qui dans leur
écrasante majorité, s'occupent bien des habitants dont ils assurent le logement.
> Il y a dans les quartiers une incroyable richesse. Vous
avez une jeunesse qui est dans un dynamisme plus important même que dans la
moyenne nationale, si l'on en juge aux taux de création des entreprises. Et que
cette jeunesse-là, je veux l'aider. Il y a... je les ai réunis, c'est une
quinzaine de jeunes entrepreneurs dans le domaine de l'intelligence
artificielle qui vont m'accompagner, que je vais réunir tous les trimestres
pour les soutenir. Ils sont formidables. Ils ont déjà eu des tas de prix et je
veux simplement qu'on montre ça et qu'on les aide à obtenir plus facilement des
prêts bancaires. Donc, je lancerai toute une série de mesures économiques pour
donner le pouvoir aux quartiers sur le plan économique, que ce soit évidemment
une économie légale. Et dans le domaine de l'intelligence artificielle, les
possibilités de progrès sont infinies. Il faut s'en saisir.
Thani Mohamed Soilihi (ministre délégué auprès du ministre
de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de la Francophonie et des Partenariats
internationaux)
> Stop aux manipulations grossières. L’ AFD travaille au service
des Français, de nos intérêts, de la stabilité internationale. En Chine, elle
ne dépense pas un euro d’argent public : elle prête au taux du marché, au
service du climat et de la protection de notre planète, et récupère même des
intérêts sur ces opérations. Dans un monde de plus en plus brutal, nous avons
besoin de solidarité, besoin de protection, besoin de projets communs pour un
avenir meilleur. C’est tout le sens de notre politique de développement. La
désinformation nuit à un débat public apaisé.
> Fabrication des vaccins en Afrique, renforcement des
systèmes de santé, lien entre immunisation et nutrition : la France et l’Alliance
du Vaccin partagent la même approche pour combattre les pandémies mondiales :
le vaccin est notre meilleur allié pour sauver des vies
● Autres
ministres
Catherine Vautrin (ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des
Familles)
> Ce budget de la Sécurité sociale
traduit une ambition forte : assurer à chaque Français, des premiers cris
de la naissance aux derniers instants de la vie, un accès à des soins de
qualité, à des conditions de vie décentes, à une existence dans la dignité,
tout en garantissant la soutenabilité de notre modèle social.
Nous avons l'obligation morale de nous retrouver dans une approche
transpartisane, fidèle à l'héritage du Conseil national de la Résistance, pour
définir les conditions de la pérennité de notre modèle social.
► Partis
politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> La situation internationale est grave. Ce qui se joue actuellement en
Ukraine ne concerne pas seulement l’avenir de ce pays, mais bien celui de toute
l’Europe, et donc de la France. La conférence de Munich a vu la relation
transatlantique se fracturer : l’administration Trump veut un accord avec
la Russie, menace d’abandonner l’Ukraine et a exprimé on ne peut plus
clairement sa volonté de ne plus assumer la sécurité de l’Europe.
Depuis 2017, la France, par la voix du président de la République, n’a cessé
d’alerter ses voisins et de plaider pour un impérieux réarmement européen et
une nécessaire souveraineté européenne. Hier encore, à l’initiative du
président, des dirigeants européens se sont réunis à Paris afin de réaffirmer
des principes clairs : leur souhait d’une paix solide et durable en
Ukraine, ainsi que des garanties de sécurité fortes et crédibles. Rien ne peut
se décider en Ukraine sans les Ukrainiens, rien ne peut se décider sur la
sécurité européenne sans l’Union européenne ! Le groupe Ensemble pour la
République soutient de tels principes, et son président, Gabriel Attal, les
réaffirmera à Kiev dès la semaine prochaine.
Nous faisons face à un défi historique, voire existentiel. Nous devons agir si
nous ne voulons pas que notre union éclate sous la domination de grandes
puissances qui rêvent de nous soumettre. Il nous faut agir face aux velléités impérialistes
de la Russie qui, si nous la laissons faire, ne s’arrêtera pas à l’Ukraine. Nous
devons donc agir sans aucun tabou en garantissant dans la durée, quoi qu’il
advienne, un soutien militaire à l’Ukraine, en sanctionnant la flotte fantôme
russe et en augmentant tous les budgets de défense européens. Ces conditions
sont indispensables pour dissuader la Russie de mener de nouvelles attaques.
Si nous ne le faisons pas, Vladimir Poutine redéfinira à sa manière l’ordre de
sécurité en Europe et nous ne pourrons plus garantir à nos enfants qu’ils
vivront sur le continent tel que nous le connaissons, libres, en paix, dans la
prospérité et la sécurité.
● MoDem
Frédéric Petit (député)
> [Intervention à l’Assemblée sur le soutien à l’Ukraine] Lundi
prochain, cela fera trois ans jour pour jour que la Fédération de Russie a
envahi l’Ukraine, avec une violence aveugle et totalement irresponsable. Depuis
2014, ce pays a été agressé, amputé, dépecé. Plus d’un million de blessés et de
morts, sans doute 20 000 enfants déportés et « russifiés » de force.
Le 24 février 2022, ici, à cette tribune, j’avais immédiatement partagé avec
vous ma conviction que cette confrontation militaire avait un caractère
existentiel pour notre Europe. Je n’en démords pas aujourd’hui encore. Entre la
Fédération de Russie et nous, deux modèles de relations entre les peuples
s’affrontent. L’un, basé sur la force, la relativité mouvante des espaces et
des ethnies, le fameux « Ruski Mir », le monde russe qui permet tous les abus
de l’impérialisme. L’autre, européen, basé sur la construction patiente du
droit.
Aujourd’hui, de l’autre côté de l’Atlantique, un modèle transactionnel porté
par le président Trump, emprunte la même violence, pour l’instant verbale :
extraterritorialité, négation du droit international, deals permanents, mépris
des institutions internationales et j’en passe.
Le discours de JD Vance à Munich confirme cette dérive des Américains, que nous
considérons toujours comme alliés. Il rentre en écho avec le discours de
Vladimir Poutine à Munich en 2007 et dessine le parallèle.
Comme en 1938, toujours à Munich, les démocrates doivent dire non!
Je serai lundi à Kiev avec des élus de différents pays
européens en ce triste anniversaire. Je passerai également à Zhytomyr, à
Semenivka, et à Tchernihiv, pour voir notre coopération civile sur le terrain.
La France et l’Union européenne sont en retard en Ukraine
monsieur le ministre. Les États-Unis, s’ils venaient à nous lâcher, en la
livrant à un deal injuste et court-termiste, nous ne serions pas prêts alors
que nous devons être à la hauteur du moment.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Pour la première fois de notre Histoire, les États-Unis ne sont plus
un allié fiable. Nous sommes en train de vivre une bascule historique. Les
conséquences de ce changement d’ère s’écrivent en ce moment même. Le Président
Trump évoque des discussions autour du règlement de la guerre russe en Ukraine
sans les Ukrainiens. Sans les Européens, bien qu’il affirme que notre avenir
continental reposera sur nos seules épaules. Que les États-Unis s’y engagent ou
non, nous continuerons à soutenir l’Ukraine. Nous défendrons nos intérêts
sécuritaires. Sur notre propre sol, le Vice-Président Vance affirme que la plus
grande menace pour nos Nations européennes, ce sont nos valeurs fondamentales.
En ne rencontrant que la dirigeante de l’AfD néonazie à Munich, il salit la
mémoire de tous ceux, Américains et Européens, qui sont morts en frères pour
défendre notre idéal de liberté. Le principe même du respect des lois et des
contre-pouvoirs est attaqué aux États-Unis par un Président proche des assaillants
qui ont envahi le Capitole il y a quatre ans. Nos démocraties sont en jeu –
rien de moins. Réveillons-nous. L’heure est à l’union européenne.
> La politique internationale des États-Unis est à mille
lieues de représenter un désengagement. C’est un engagement. Et il se fait sans
aucune considération de l’ordre international. Jamais le sentiment d’urgence
n’a été aussi répandu au Parlement européen.
> L’électrochoc, on est en plein dedans. Maintenant qu’on
est bien réveillés, trois urgences s’imposent. D’abord, parler d’une voix unie.
Ensuite, combattre la propagande du Kremlin relayée par l’extrême-droite.
Enfin, arriver avec des propositions concrètes sur la table.
> La mentalité opportuniste de Donald Trump ne doit pas
cacher l’idéologie réactionnaire et la haine des contre-pouvoirs qui habitent
son entourage. Quand on soutient l’assaut du Capitole et que notre alliée
s’appelle Alice Weidel, évidemment qu’on a un projet idéologique.