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dimanche 9 février 2025

Une Semaine en Centrisme 2025/6 (3 au 9 février). Budget et motions de censure / Droit du sol / Internationale réactionnaire


La semaine qui se termine a vu l’adoption du Budget 2025 (enfin) grâce au refus de voter la motion de censure déposée par LFI de la part du PS et, surtout, du RN.

On pourrait se réjouir de la responsabilité des députés (et des sénateurs) si on ne se rappelait que si le pays n’avait pas de Budget jusqu’à cette semaine, c’est à cause des députés qui avaient refusé de le voter et qui avaient majoritairement renverser le Gouvernement!
C’est ainsi assez étrange de voir certains remercier des élus qui ont mis le pays dans cette situation et qui ont eu, non pas un sursaut responsable et patriotique, mais qui ont craint que les Français ne les sanctionnent lors des prochaines élections législatives qui se dérouleront sans doute dans la deuxième partie de cette année s’ils laissaient le pays sans Budget.
Quoiqu’il en soit, on peut être soulagé que la France puisse fonctionner au cours de 2025 et qu’elle ne soit pas dans une crise qui aurait eu des conséquences sociales, économiques et politiques majeures.

L’adoption d’un Budget s’est évidemment accompagné d’une motion de censure déposée évidemment par l’extrême-gauche et votée par celle-ci, LFI, PC et EELV.
La mode est donc aux motions censure d’autant que LFI en a déposé deux autres à l’occasion du budget de la sécurité sociale et que le PS va en déposer une sur la politique d’immigration.
Déposer sans cesse des motions de censure c’est, à la fois, jouer la politique du pire mais également faire en sorte de démontrer que l’on ne veut plus jouer le jeu de la démocratie républicaine qui est la discussion et le compromis.
En cela la multiplication des motions de censure est un affaiblissement de la démocratie.
Quant au comportement de l’extrême-gauche, elle est du pain béni pour l’extrême-droite et le RN qui est en train de passer pour un parti responsable auprès des Français…

Des Français qui sont divisés entre le droit du sol et le droit du sang.
Rappelons que la France ainsi que la plupart des pays démocratiques et d’autres, appliquent le droit du sol, c’est-à-dire que tout enfant qui nait sur le territoire national possède automatiquement la nationalité française (et pour les enfants de Français qui naissent à l’étranger, on applique le droit du sang).
Depuis de nombreuses années, l’extrême-droite et une partie de la Droite demandent que l’on passe au droit du sang comme règle générale.
Avec un rejet de plus en plus grand de l’immigration, la peur d’un communautarisme islamiste qui mettrait en danger le mode de vie à la française mais aussi avec des situations comme celle qui se déroule à Mayotte où nombre de femmes étrangères viennent accoucher sur l’île afin que leurs enfants aient la nationalité française et que leurs familles puissent bénéficier des aides sociales, le droit du sang fait de plus en plus d’adeptes.
En tout cas, le débat politique est ouvert et l’Assemblée nationale en a discuté cette semaine avec une proposition de loi de LR visant à supprimer le droit du sol à Mayotte.
Mais il est loin d’être fini.

De son côté, l’internationale réactionnaire, où l’on trouve le RN, se constitue petit à petit mais sûrement.
Elle vient, en partie, de faire meeting commun à Madrid à l’invitation du parti d’extrême-droite espagnol Vox avec la présence des dirigeants et des partis réactionnaires de France, de Hongrie, des Pays-Bas, de la République tchèque qui font groupe commun au Parlement européen.
Quant à ceux qui n’étaient pas présents comme Trump (États-Unis), Méloni (Italie), Fico (Slovaquie), Miléi (Argentine) ainsi que les leaders de l’AfD allemande, par exemple, il faut évidemment les compter dans cette internationale qui est de plus en plus proche de l’internationale totalitaire des dictateurs Xi (Chine) et Poutine (Russie) et qui menace, de l’intérieur l’existence même de la démocratie républicaine.

 

[Retrouvez chaque semaine ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du Centre en France et dans le monde] 

 

 


La Quotidienne centriste du 9 février 2025. Empêcher Trump et Poutine de décider à la place des Européens


Or donc Trump a indiqué, lors d’un entretien avec un quotidien newyorkais, avoir échangé plusieurs fois au téléphone avec Poutine.

Le leader de la nouvelle internationale réactionnaire a donc choisi de collaborer avec l’un des deux leaders de l’internationale totalitaire qui a envahi et commis des crimes de guerre dans un pays démocratique.

Rien que cela devrait déjà fortement inquiéter tous les défenseurs de la démocratie républicaine libérale.

Et les Européens devraient immédiatement se mobiliser pour empêcher l’extrémiste populiste américain et le dictateur russe de s’entendre sur leur dos en décidant, non seulement, de l’avenir de l’Ukraine mais également de l’Europe.

Mais est-ce possible tellement les Européens ont refusé ces dernières décennies de prendre leur destin en main, croyant que les Etats-Unis ne les abandonneraient jamais (et qu’ils pourraient bénéficier ad vitam aeternam, à peu de frais de leur protection militaire) et que la Russie, surtout après 1989 et l’effondrement de l’Union soviétique, ne serait plus une menace pour leur sécurité, voire deviendrait une partenaire fiable et sûre.

La cécité des peuples européens et de leurs leaders se dévoile aujourd’hui dans toute sa crudité et la cruauté de son inanité.

Pour autant, le sursaut est encore possible au vu de la puissance d’une Europe unie même s’il n’est pas sûr d’être couronné de succès.

Mais pour qu’il puisse se réaliser il faudrait des sociétés européennes unies entre elles et, pour chacune, un corps social uni dans sa volonté de résistance, alors que tout démontre que ce n’est pas le cas.

Ainsi, des régimes populistes et extrémistes en Italie, aux Pays-Bas, en Hongrie et en Slovaquie, par exemple, sont proches de Trump et pas éloignés de Poutine tandis qu’à l’intérieur de pays comme la France, l’Allemagne, l’Espagne, les partis extrémistes et populistes empêchent l’union et agissent comme des ennemis de l’intérieur.

Pourtant, c’est la seule option possible et non ce nationalisme vanté par ces régimes et ces partis qui, non seulement, provoquera définitivement le déclassement de l’Europe mais également, à terme, des conflits entre pays européens comme aux heures les plus noires de l’histoire du continent.

 

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