On pourrait se réjouir de la responsabilité des députés (et des sénateurs) si
on ne se rappelait que si le pays n’avait pas de Budget jusqu’à cette semaine, c’est
à cause des députés qui avaient refusé de le voter et qui avaient majoritairement
renverser le Gouvernement!
C’est ainsi assez étrange de voir certains remercier des élus qui ont mis le pays
dans cette situation et qui ont eu, non pas un sursaut responsable et patriotique,
mais qui ont craint que les Français ne les sanctionnent lors des prochaines élections
législatives qui se dérouleront sans doute dans la deuxième partie de cette
année s’ils laissaient le pays sans Budget.
Quoiqu’il en soit, on peut être soulagé que la France puisse fonctionner au
cours de 2025 et qu’elle ne soit pas dans une crise qui aurait eu des
conséquences sociales, économiques et politiques majeures.
L’adoption d’un Budget
s’est évidemment accompagné d’une motion de censure déposée évidemment par l’extrême-gauche
et votée par celle-ci, LFI, PC et EELV.
La mode est donc aux motions censure d’autant que LFI en a déposé deux autres à
l’occasion du budget de la sécurité sociale et que le PS va en déposer une sur
la politique d’immigration.
Déposer sans cesse des motions de censure c’est, à la fois, jouer la politique
du pire mais également faire en sorte de démontrer que l’on ne veut plus jouer
le jeu de la démocratie républicaine qui est la discussion et le compromis.
En cela la multiplication des motions de censure est un affaiblissement de la démocratie.
Quant au comportement de l’extrême-gauche, elle est du pain béni pour l’extrême-droite
et le RN qui est en train de passer pour un parti responsable auprès des
Français…
Des Français qui sont
divisés entre le droit du sol et le droit du sang.
Rappelons que la France ainsi que la plupart des pays démocratiques et d’autres,
appliquent le droit du sol, c’est-à-dire que tout enfant qui nait sur le
territoire national possède automatiquement la nationalité française (et pour
les enfants de Français qui naissent à l’étranger, on applique le droit du
sang).
Depuis de nombreuses années, l’extrême-droite et une partie de la Droite
demandent que l’on passe au droit du sang comme règle générale.
Avec un rejet de plus en plus grand de l’immigration, la peur d’un
communautarisme islamiste qui mettrait en danger le mode de vie à la française
mais aussi avec des situations comme celle qui se déroule à Mayotte où nombre
de femmes étrangères viennent accoucher sur l’île afin que leurs enfants aient
la nationalité française et que leurs familles puissent bénéficier des aides sociales,
le droit du sang fait de plus en plus d’adeptes.
En tout cas, le débat politique est ouvert et l’Assemblée nationale en a discuté
cette semaine avec une proposition de loi de LR visant à supprimer le droit du
sol à Mayotte.
Mais il est loin d’être fini.
De son côté, l’internationale
réactionnaire, où l’on trouve le RN, se constitue petit à petit mais sûrement.
Elle vient, en partie, de faire meeting commun à Madrid à l’invitation du parti
d’extrême-droite espagnol Vox avec la présence des dirigeants et des partis
réactionnaires de France, de Hongrie, des Pays-Bas, de la République tchèque
qui font groupe commun au Parlement européen.
Quant à ceux qui n’étaient pas présents comme Trump (États-Unis), Méloni (Italie),
Fico (Slovaquie), Miléi (Argentine) ainsi que les leaders de l’AfD allemande,
par exemple, il faut évidemment les compter dans cette internationale qui est
de plus en plus proche de l’internationale totalitaire des dictateurs Xi (Chine)
et Poutine (Russie) et qui menace, de l’intérieur l’existence même de la démocratie
républicaine.
[Retrouvez chaque semaine ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du Centre en France et dans le monde]