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jeudi 3 avril 2025

Editorial du CREC. Condamnation de Marine Le Pen, la faute du gouvernement Bayrou


C’est dit, la justice est indépendante et il n’y a pas lieu de commenter et encore moins de critiquer la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds européens.

Voilà la position du gouvernement de François Bayrou.

Dont acte.

Mais…

Car, il y a un «mais».

D’abord le «trouble» du Premier ministre pas sur le jugement mais sur l’exécution provisoire de l’inéligibilité qui a accompagné la peine de la leader d’extrême-droite.

Ensuite, les déclarations du garde des Sceaux.

Celui-ci voulait un procès en appel rapide, plus rapide que pour le commun des mortels afin, affirme-t-il, que la campagne présidentielle se déroule dans de bonnes conditions, ce qu’il a obtenu.

Sauf qu’en plus monsieur Darmanin préfèrerait comme d’autres que ce soit le suffrage universel qui sanctionne Marine Le Pen et ses comparses condamnés avec elle plutôt que la justice, donc que cette dernière ne s’immisce pas dans la sphère politique même en cas de crimes et délits commis par des élus et même de personnalités qui ont des sondages favorables!

Ce «mais» est une faute lourde du gouvernement.

Elle remet en question, pas frontalement mais de manière insidieuse et inacceptable le fonctionnement de la démocratie républicaine libérale où le pouvoir politique ne doit en aucun cas intervenir dans le pouvoir judiciaire, où tout citoyen est égal à un autre et ne peut bénéficier de passe-droits, où la justice ne peut être soumise à la pression de la rue.

En évoquant un trouble, en demandant une accélération du procès en appel, en affirmant que le suffrage universel est le seul à pouvoir sanctionner des crimes et des délits commis par des personnages politiques donc que ceux-ci possèdent une sorte d’immunité accompagnant leur statut, François Bayrou et Gérald Darmanin ont ouvert la boîte de Pandore au grand plaisir des extrêmes et des populistes et au grand dam des défenseurs de la démocratie républicaine libérale.

C’est indigne de ministres mais surtout du premier d’entre eux qui, en plus, s’affirme centriste et dont le trouble n’a vraiment rien à voir avec le Centre.

Car, oui, la mission de la justice est aussi d’empêcher ceux qui ne respectent pas les lois de nous gouverner.

 


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