► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Dans ce moment qui
commence, nous avons besoin de faire Nation, de rester unis et forts.
> > [Notre-dame de Betharram] Le Premier ministre a répondu à toutes les questions sur ce sujet avec beaucoup de clarté. Le Premier ministre, je l’ai nommé et il a toute ma confiance. Le combat de la lutte contre les violences qui sont faites à nos enfants, c’est le mien depuis le début et je le mènerai jusqu’au bout.
> J'ai eu un nouvel échange téléphonique ce soir avec le Président Zelensky, le quatrième au cours de la semaine écoulée. → Pour faire le point de tous les contacts que j'ai eus avec les partenaires européens et les alliés désireux de travailler à une paix durable et solide pour l'Ukraine et à renforcer la sécurité de l'Europe. → Pour préparer les prochaines étapes et en particulier mon déplacement la semaine prochaine à Washington.
> Notre responsabilité, c'est de produire sur notre sol ce qui permet de nous nourrir.
> On ne veut pas de décroissance agricole, ni en France ni en Europe.
> Nos agriculteurs ont engagé un immense travail de transition. Notre rôle est de mettre du bon sens et de bâtir notre autonomie agricole française et européenne.
> Je défendrai toujours le modèle de l’agriculture française, pour que nos agriculteurs continuent de produire et de nous nourrir, comme ils savent si bien le faire, avec cœur.
> Nous sommes mobilisés derrière nos agriculteurs. On a besoin de produire pour nourrir et c'est véritablement ce que le gouvernement, moi-même, nous poussons
> Beaucoup d'agriculteurs sont dans une situation difficile. Je pense que le calme est la bonne réponse. j'appelle au dialogue respectueux, au respect des uns avec les autres et à la considération.
> Nos agriculteurs
ne peuvent pas être la variable d’ajustement du pouvoir d’achat, en disant que
ce sont toujours les prix agricoles que l'on devrait baisser (…) ni la variable
d’ajustement des accords agricoles. Et c’est aussi pour ça que nous nous sommes
opposés au Mercosur tel qu’il a été signé. C’est un mauvais texte tel qu’il a été signé. On fera tout pour qu'il ne
suive pas son chemin et pour protéger la souveraineté alimentaire française et
européenne. (…)
J'ai défendu le Ceta car il y a des
équivalents de clauses miroirs et des mesures de sauvegarde, surtout une
adhésion à une même vision de l'avenir. Je suis favorable à la
ratification du Ceta qui est bon pour notre agriculture car on y gagne. Cela montre
que les accords de commerce, quand ils sont bien négociés et qu'il y a une
concurrence loyale qui est préservée, sont bons aussi pour nos agriculteurs.
> Pour ce qui est du gouvernement, ses engagements ont été honorés avec 500 millions d’euros d’allégement de charges fiscales prévus dans le budget, le soutien à la trésorerie pour les agriculteurs en difficulté, les indemnisations à hauteur de 75 millions d’euros aux propriétaires du cheptel touché par les épizooties ou la mise en place du contrôle administratif unique en octobre dernier.
► Gouvernement
[Nota: Ce gouvernement est
dirigé par un centriste, François Bayrou ; nous avons donc décidé de
reprendre les propos de tous les ministres puisqu’ils agissent sous l’autorité
d’un Président de la République et d’un Premier ministre
centristes/centraux ; néanmoins nous avons fait une distinction avec d’un
côté les ministres centristes-centraux et les autres puisqu’il s’agit d’un
gouvernement de coalition du fait que le Président de la République et le
Premier ministre ne disposent pas d’une majorité à l’Assemblée nationale]
●
Ministres centristes/centraux
François Bayrou (Premier ministre)
> J’ai réuni les ministres et les directeurs d’administration centrale
pour aborder avec eux la question de la refondation de l’action publique dans
notre pays.
Les Français sont attachés à leurs services publics mais en sont insatisfaits.
Je souhaite que l'État repense son action à partir des missions, des services à
rendre aux Français. Chaque ministère va clarifier ses missions, qui seront
évaluées par les citoyens.
> [Remise du premier rapport de la « mission flash » de la Cour des comptes sur la situation financière et les perspectives du système de retraites] Ce rapport constitue une première étape importante. J’ai souhaité que la Cour, institution indépendante, fasse ce diagnostic clair et objectif, qui doit désormais être connu et partagé par tous. Sur cette base, les partenaires sociaux peuvent maintenant discuter sans tabou, en conscience du défi que représentent les perspectives financières de notre système de retraites et qu’il est indispensable de relever. J’ai confiance dans la démocratie sociale, pour nous aider à lever les blocages que rencontre notre pays.
Elisabeth Borne (ministre d’Etat, ministre de l’Education
nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche)
> Les drames qui se sont passés au sein de Notre-Dame de
Bétharram ne doivent plus jamais se reproduire. J’apporte tout mon soutien aux
victimes. L’Education nationale est pleinement mobilisée. Dans les 24 prochains
mois, au moins 40% des établissements privés sous contrat seront contrôlés.
> Pour éviter que les jeunes tombent dans la violence, il faut réagir dès les premiers signaux ! Les dispositifs de « classe relais » organisés par des personnels de l’Education nationale et des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse sont une réponse pour remettre ces élèves sur de bons rails.
> Pour que l’Ecole remplisse sa mission de transmission des savoirs, il est indispensable de lutter contre toute forme de violence au sein et aux abords des établissements. Grâce à l’engagement des professeurs et la mobilisation des partenaires locaux, la cité scolaire Lacassagne à Lyon et la ville de Villeurbanne proposent des dispositifs éducatifs et préventifs pour éviter que les élèves n’entrent en rupture avec l’Ecole et la Société. Nous devons nous en inspirer pour permettre à chaque jeune de réussir.
> Les violences au sein et aux abords des établissements scolaires doivent cesser, aucune arme ne doit circuler ! Des contrôles réguliers de sacs seront organisés devant certains collèges et lycées dès le printemps par les forces de l'ordre, en lien avec le préfet, le procureur et le représentant de l'Éducation nationale.
> L’université doit être un lieu de débats et de tolérance pour les étudiants et les enseignants. L’antisémitisme n’y aura jamais sa place ! Je me réjouis du vote, à l’unanimité, au Sénat de la proposition de loi qui vise à donner aux universités de nouveaux moyens pour mieux lutter contre ce fléau. Je remercie les sénateurs pour leur travail. J’espère que les députés pourront s’en saisir rapidement.
Manuel Valls (ministre d’Etat, ministre des Outre-mer)
> [Nouvelle-Calédonie] Je comprends le sentiment de peur qui vous
habite», a insisté le ministre face aux manifestants. «Je suis venu ici faire
des annonces sur l’économie et tenter de reprendre les discussions. Il n’y aura
pas d’avenir pour la Nouvelle-Calédonie sans économie et sans un minimum de pai
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> L'agressivité de la Russie,
elle ne se limite pas à la guerre d'invasion en Ukraine qui a commencé il y a
trois ans. Souvenez-vous des étoiles de David, souvenez-vous des cercueils,
souvenez-vous des mains rouges, regardez les câbles sous-marins qui ont été
coupés en mer Baltique, regardez le colis piégé en Allemagne, regardez les
élections en Roumanie qui ont dû être annulées à cause des manœuvres russes.
> Mais la Russie a pris pour cible les pays européens depuis trois ans, et donc de toute évidence, avec ses déclarations et avec ses actions hostiles, la Russie a décidé de faire de nous des ennemis et nous devons ouvrir les yeux, réaliser l'ampleur de la menace et nous en prémunir.
> on voit le réveil des empires. Qu'est-ce que c'est qu'un empire ? Un empire, c'est un pays qui ne connaît plus les frontières et qui dit : "je vais déplacer mon influence et ma puissance aussi loin que je le pourrai." Il se trouve que nous sommes voisins de la Russie et qu'aujourd'hui c'est l'Ukraine qui, en quelque sorte, est notre première ligne pour repousser la menace. Si nous ne faisons rien, si nous restons aveugles à la menace, la ligne de front se rapprochera de plus en plus de nos frontières et nous serons, un jour ou l'autre, entraînés vers la guerre.
> Vladimir Poutine, dans ses discours, laisse entendre que la Russie n'a pas de frontières. Il veut reconstituer un empire et veut repousser sa sphère d'influence.
> Nous, nous ne voulons pas la guerre, nous voulons la paix. Moi, j'ai grandi dans un pays en paix, mes parents ont grandi dans un pays en paix, et ce que nous voulons c'est offrir la même situation à nos enfants. Pour cela, il va nous falloir dissuader la menace. Comment est-ce qu'on dissuade la menace ? En étant forts. Et la première étape, c'est évidemment de permettre aux Ukrainiens de négocier ce qui serait ou ce qui sera une paix durable, c'est-à-dire une paix qui ne sera pas, comme ça a été le cas pour le passé en Ukraine il y a dix ans, violée à de multiples reprises jusqu'à être complètement jetée à la poubelle par Vladimir Poutine.
> Seuls les Ukrainiens pourront décider d'arrêter de combattre. Et ils n'arrêteront de combattre que lorsqu'ils auront la certitude que la paix qui leur sera proposée ne sera pas violée, comme ça a été le cas de celle qu'on leur avait proposée il y a dix ans, à de multiples reprises et qu'on ne viendra pas une nouvelle fois les agresser. Et qui offrira ces garanties à l'Ukraine ? Qui permettra à l'Ukraine de bénéficier d'un traité de paix ? C'est évidemment les Européens. Donc, d'une manière ou d'une autre et par la force des choses, les Européens et les Ukrainiens seront à la table des négociations, parce qu'ils veulent la paix.
> Personne ne veut, aujourd'hui, envoyer de troupes en Ukraine. La question qui est posée, c'est comment on évite les erreurs du passé ? Les erreurs du passé, c'est quoi ? C'est il y a dix ans, quasiment jour pour jour, à une semaine près, on a signé - d'ailleurs la France l'a parrainé - un accord, on appelle ça l'accord de Minsk parce qu'il a été signé en Biélorussie, qui mettait fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine. C'était un cessez-le-feu et il n'y avait pas de garantie, c'est-à-dire, il n'y avait pas de mesures dissuasives empêchant la Russie de reprendre les hostilités. C'est ce qu'elle a fait. Vingt fois, de suite, elle a violé le cessez-le-feu et puis le 24 février 2022, il y a trois ans, la semaine prochaine, elle s'est lancée dans une guerre d'agression à grande échelle contre l'Ukraine.
> J'ai parlé à mon homologue américain, il m'a redit que ce qui était leur objectif, ce n'est pas un cessez-le-feu fragile, ça n'est pas une pause transitoire qui permettrait à la Russie de reconstituer ses forces, c'est bien une paix durable. Et une paix durable qui soit donc entournée de garanties.
> Si un jour il y a des troupes, qu'elles soient européennes, américaines, etc... en Ukraine, ça sera évidemment comme une garantie de paix. Ça ne sera pas pour aller combattre, ça sera pour éviter que les combats ne reprennent.
> Ce que mes collègues, ministres des affaires étrangères, et moi-même avons dit, la semaine dernière, mercredi, lorsque nous nous sommes réunis, c'est une chose très simple : tant que les Ukrainiens combattront, tant qu'ils n'auront pas pu trouver une paix juste et durable, un accord de paix qui les protège durablement, alors nous les soutiendrons. Nous les soutiendrons pourquoi ? Pas seulement par charité ou par générosité, mais c'est parce que c'est de notre sécurité qu'il en va. Il y a dix ans, nous avons fait preuve de faiblesse. Nous avons laissé s'installer une pause transitoire qui a ensuite permis à la Russie de repousser la ligne de front plus proche de chez nous. Si nous voulons éviter que la ligne de front se déplace jusqu'en Pologne, jusque dans les pays Baltes, de plus en plus près de la France, alors nous devons être fermes et soutenir, aujourd'hui, les Ukrainiens qui sont la sentinelle de l'Europe.
> Les Américains sont nos alliés, notamment au sein de
l'OTAN, l'alliance de sécurité qui nous a permis, pendant des décennies,
d'avoir la paix ou en tout cas la sécurité en Europe. Mais ça change de manière
radicale, puisqu'ils ont décidé - depuis longtemps maintenant, ça ne date pas
de Donald Trump - de se retirer de cette alliance de sécurité qu'on appelle
l'OTAN. Et donc, le moment est venu de se réveiller pour les Européens et de
prendre la place que les Américains vont leur laisser. (…)
Ça veut dire en tout cas de prendre notre part dans notre sécurité. Et ça,
c'est des efforts considérables, y compris sur le plan budgétaire, auquel il
faut se préparer.
> J'ai entendu beaucoup parler du discours du
vice-président américain à Munich, sur la liberté d'expression notamment. Moi,
je dis, s'agissant de la vie démocratique, chacun chez soi, merci, au revoir.
Mais en revanche, là où je suis un peu plus inquiet, c'est qu'on voit bien que
derrière les autorités américaines, il y a les grands patrons de la tech et des
réseaux sociaux qui voudraient nous imposer leurs règles, c'est-à-dire du
n'importe quoi sur Internet et un débat public complètement pollué, perturbé
par des ingérences d'où qu'elles viennent. Ça, nous le refuserons toujours. (…)
Ça veut dire que si nous voulons, dans les années qui viennent, pouvoir à la
fois prendre en charge notre défense - je le disais, les Américains se
désengagent de l'Europe ; si nous voulons éviter le décrochage technologique,
devoir aller supplier les Américains ou les Chinois pour utiliser leurs
technologies ; si nous voulons nous préparer aux conséquences du dérèglement
climatique, nous aurons des choix difficiles à faire sur la manière dont nous
employons l'argent français. (…)
Soit nous parvenons à recréer de la richesse, et notamment en levant, en
retirant la chape de plomb qui aujourd'hui empêche tous ceux qui veulent créer
de la richesse, qu'ils soient chefs d'entreprise, qu'ils soient élus locaux,
qu'ils soient même présidents d'associations, à le faire. Soit, sinon, nous
devrons faire des sacrifices. Parce que nous ne pouvons pas reporter
indéfiniment les efforts sur les générations à venir. C'est fini, le temps du
confort est terminé. Nous avons beaucoup plus de choses à prendre en charge par
nous-mêmes. Si nous voulons rester libres et indépendants, nous ne pouvons pas
renvoyer le problème sur les générations à venir. (…)
Ce sont des choix auxquels tous les Français devront être associés, qu'ils
comprennent bien les tenants et les aboutissants et que ce qui est en jeu,
c'est notre indépendance.
> La semaine dernière, on a reçu une vingtaine de pays au sujet de l'avenir de la Syrie. On a exprimé au ministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition syrien nos attentes, mais on a aussi accueilli la société civile syrienne, dont on a facilité le dialogue avec les nouvelles autorités. Et vous savez ce qu'elles ont dit, les sociétés civiles ? Elles ont dit : merci la France parce que grâce à vous, pour la première fois depuis des décennies, nous avons la possibilité d'échanger librement avec le Gouvernement de notre pays.
Agnès
Pannier-Runacher (ministre de la
Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche)
> Au travail avec stéphane Sejourné pour une industrie verte compétitive
en France et en Europe. L’ambition environnementale est aussi un enjeu
économique : réduire nos dépendances, renforcer notre souveraineté et faire de
l’écologie un levier de compétitivité. Simplifier, oui, mais sans recul
écologique.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> C'est le même terrorisme islamiste qui frappe en Israël et qui a déjà
frappé en France.
Astrid
Panosyan-Bouvet (ministre
déléguée auprès de la ministre du Travail, de la Santé, de la Solidarité et des
Familles, chargée du Travail et de l’Emploi)
> Mon ministère va réduire son budget de 4 milliards d’euros dans un
effort de redressement des finances publiques. Ce n’est ni par une
multiplication des lois, ni par une augmentation de la dépense publique que
nous améliorons nos politiques publiques. Nous devons tous apprendre -
politiques, entreprises et citoyens - à faire beaucoup mieux avec moins.
> L'État français est dans son droit le plus souverain de décider qui entre, qui séjourne et dans quelles conditions, qui sort. Ce qui fait qu'on est Français, ce n’est pas une base ethno-raciale mais la langue française, le travail, l’adhésion à des valeurs républicaines et une fierté d’être Français.
> Je n’ai pas voté la loi immigration précisément sur la question du travail. Quelqu’un qui cotise et paie ses impôts en étant en situation régulière devrait pouvoir bénéficier des mêmes droits que les Français.
> La Cour des comptes a posé le diagnostic sur les retraites, à présent, il appartient aux partenaires sociaux de saisir les leviers et d’entamer les négociations. Il faudra aussi réfléchir à l’impact des retraites sur l’emploi et le coût du travail, puisque 28% des salaires partent dans leur financement.
> Le rapport de la Cour des comptes doit nous alarmer : notre système de retraite est trop complexe et coûte 55 milliards d’euros à l’État. Notre trajectoire financière actuelle est aussi préoccupante, avec un déficit de 6,6 milliards dès 2025 et jusqu’à 30 milliards en 2045. Focalisons nous maintenant sur ces enjeux.
Amélie de Montchalin (ministre délégué auprès du ministre
de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique,
chargée des Comptes publics)
> [Remise du premier rapport de la « mission flash » de la Cour des
comptes sur la situation financière et les perspectives du système de
retraites] La bonne nouvelle c'est que nous avons désormais une photo claire,
partagée, indiscutable de la situation (...) Je crois fondamentalement au
dialogue social (...) S'il y a un accord, le Parlement reprendra ensuite ses
droits.
> Budget de la Défense : "Le monde change, si le monde change il est possible que nos choix doivent changer (...) La nation fera des choix pour protéger l'essentiel et nos intérêts fondamentaux.
> Impôt plancher de 2% pour les ultra-riches : "J'étais contre cette mesure (...) La stabilité fiscale c'est pas de créer de nouveaux impôts.
> Sur l'éventualité d'une sous-indexation des pensions de retraite et sur l'âge de départ : "Les partenaires sociaux travaillent, nous ne sommes pas dans la pièce, on leur fait confiance.
Marc Ferracci (ministre délégué auprès du ministre
de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique,
chargé de l’Industrie et de l’Energie)
> L'industrie automobile
traverse une transition majeure. Depuis 2020, près de 2 milliards d'euros ont
été mobilisés pour accompagner les entreprises vers l'électrique et la
diversification. Nous soutenons également la demande avec un bonus automobile
ciblé sur la production européenne et le verdissement des flottes
professionnelles. Au niveau européen, nous devons adapter notre trajectoire :
le cap de 2035 est fixé, mais la réglementation doit tenir compte de la réalité
du marché et des capacités industrielles.
> hydroélectricité, première source d’énergie renouvelable. L’enjeu est de trouver des solutions pour ces concessions, dans un cadre européen. L’hydroélectricité est indispensable pour la stabilité du système électrique, à la fois source de production sans intermittence et levier de flexibilité. Son rôle dans la transition énergétique et l’approvisionnement de l’industrie est plus que jamais stratégique.
> Ce qui est
certain, c'est que la discussion entre les Etats-Unis et la Russie ne pourra
pas aboutir à quoi que ce soit concernant la situation de l'Ukraine, concernant
l'intégrité territoriale de l'Ukraine, sans associer les Ukrainiens et les
Européens. Ça, c'est un élément très clair qui a été posé, notamment par le
Président de la République quand il a accueilli à l'Elysée l'ensemble des
dirigeants européens et la Commission européenne. Pourquoi ? Parce que d'abord,
l'Ukraine est un État souverain et l'exclure des discussions, c'est évidemment
absurde. Et ensuite parce que les Européens sont partie prenante de la
résolution du problème. Les Européens - parce que l'Ukraine est à nos portes,
parce que depuis maintenant presque trois ans, la guerre est à nos portes - ont
besoin d'être associés aux discussions et notamment ont besoin d'être associées
à ce que l'on appelle les garanties de sécurité. (…)
Ça suppose de réagir en Européens. J'insiste parce que tout ce qui est
en train de se passer aujourd'hui valide la vision qu'avait posée le Président
de la République en 2017. Vous vous souvenez quand il parlait d'autonomie
stratégique, de défense européenne ? Tout cela, aujourd'hui, se concrétise.
Nous avons besoin de renforcer la défense européenne. Nous avons besoin, et
vous voyez que le débat existe aujourd'hui, de réfléchir à la manière dont nous
soutenons militairement l'Ukraine. Et la question des troupes au sol finit par
se poser parce que les lignes bougent, précisément du fait de ce dialogue entre
Poutine et Trump. Donc, moi je pense qu'aujourd'hui, nous avons à la fois un
risque de déstabilisation profonde, mais nous avons aussi une opportunité pour
agir et pour consolider les liens qui nous unissent entre Européens et en
particulier pour aller plus vite vers une défense qui soit véritablement
européenne.
> La stratégie consistant à se dérisquer - c'est le terme qu'on utilise, c'est-à-dire à être moins dépendant du gaz russe - c'est une stratégie qui fonctionne et c'est une stratégie que nous allons poursuivre. L'objectif, c'est à l'horizon 2027, de ne plus être du tout dépendant du gaz russe.
> Quand vous avez des entreprises qui ont des contrats, des contrats avec des producteurs de gaz ou avec des producteurs de pétrole, ces contrats sont honorés. Sans quoi, qu'est-ce qui se passe ? Les entreprises sont obligées de payer des pénalités qui peuvent les mettre à genoux. On est dans la continuité de l'exécution de ces contrats. Mais ces contrats, à un moment ou à un autre, vont se voir substituer d'autres contrats, avec d'autres importateurs ou d'autres exportateurs de gaz, en particulier provenant du Golfe, avec lesquels les relations sont meilleures et avec lesquels les valeurs ne sont pas les mêmes qu'avec la Russie. La stratégie est très claire, elle est progressivement de se désengager, de devenir moins dépendant du gaz russe et c'est une stratégie qui fonctionne.
> Depuis 2017, l'emploi industriel a progressé en France. Depuis 2017, plus d'usines ont ouvert que d'usines n'ont formées. Au premier semestre 2024, il y avait toujours plus d'usines qui ouvraient en France que d'usines qui fermaient. (…) Il y a des filières qui vont bien et des usines qui ouvrent. Il y a aussi des emplois qui se créent. Puis il y a des filières qui sont en difficulté. C'est une situation contrastée. C'est une situation contrastée parce que vous avez l'automobile, vous avez la chimie, vous avez la sidérurgie qui sont des filières confrontées à une concurrence internationale qui est extrêmement féroce, qui est parfois déloyale et qui d'ailleurs nécessite qu'on agisse au niveau européen pour mettre plus de protection. Et moi, j'y prends ma part en proposant et en essayant de convaincre mes interlocuteurs européens et la Commission de Bruxelles d'être moins naïfs dans notre approche commerciale et d'associer la politique industrielle et la politique commerciale. C'est ce que je défendais notamment à Varsovie. Je vous en parlais il y a quelques instants, il y a quelques jours. Donc, on a besoin d'agir pour les filières en difficulté. Mais on ne doit pas faire comme si tout allait mal. Parce que moi, je vais dans les territoires. Il y a des entreprises qui vont bien, qui investissent. Il y a des usines qui ouvrent. Il y a des entreprises qu'on sauve aussi.
> Ce qu'on appelle le nouveau nucléaire français, c'est ce que le Président de la République a annoncé à Belfort en 2022, l'idée qu'on allait construire 6 réacteurs nucléaires de type EPR. Ces réacteurs, nous sommes aujourd'hui en train d'en finaliser le schéma de financement. Je discute quasiment chaque semaine avec EDF, avec les services de l'État. Et nous allons annoncer d'ici quelques semaines que le schéma de financement est désormais bouclé. (…) C'est à la fin de la décennie 2030. C'est là que les premières tranches de réacteurs seront opérationnelles. Parce que ça prend du temps de construire des réacteurs. Et c'est aussi la raison pour laquelle on a besoin, dans l'intervalle, j'en discutais hier à l'Assemblée nationale avec les députés, on a besoin d'un intervalle des énergies renouvelables pour assumer cette transition, parce que les réacteurs nucléaires mettent du temps à sortir de terre.
> La guerre commerciale, ça ne sert personne. Ça ne sert
personne. Ça va détruire des emplois aux Etats-Unis, ça va détruire des emplois
en Europe. Donc, nous avons besoin - et on le sait - de discuter avec Trump qui
est quelqu'un qui est très transactionnel, qui aime bien faire des deals, on le
sait. C'est probablement ça, d'ailleurs, qu'il cherche en menaçant d'appliquer
les tarifs douaniers. Mais, moi, ce que je dis, et je l'ai encore dit en
Europe, c'est qu'il ne faut pas rentrer dans la discussion avec Trump en
faisant des concessions préalables, en disant « regardez, nous avons une offre
à vous proposer. Nous allons vous acheter, par exemple, plus de gaz. Nous
allons faire ci et cela. » Nous devons d'abord affirmer la force de l'Europe.
L'Europe, c'est 450 millions de consommateurs. C'est un marché dont les
Etats-Unis ne peuvent pas se passer. Et donc, il faut affirmer ce rapport de
force. Il faut être, je le disais tout à l'heure, moins naïf. Et ensuite, on
négocie. (…)
Il faut assumer ce rapport de force. Je le dis et je le redis. Et je sais qu'un
certain nombre de pays européens sont parfois un peu réticents à cela parce
qu'ils ont une tradition de proximité avec les Etats-Unis aussi sur des
questions qui peuvent être liées à la défense, à autre chose. Mais là, les
lignes bougent. On le voit. Les Etats-Unis sont un allié qui est plus incertain
qu'il ne l'était il y a encore quelques mois. Et donc, il faut que ça nous
amène à réagir en Europe.
> On parle de la possibilité de financer avec des fonds européens de l'hydrogène produit à partir de l'électricité nucléaire. Vous savez que pour produire de l'hydrogène, il faut beaucoup d'électricité. Nous avons une stratégie d'indépendance énergétique qui va notamment s'appuyer sur la filière hydrogène. Et nous, ce que nous défendons en France, c'est de pouvoir produire de l'hydrogène avec de l'énergie nucléaire et de bénéficier pour cela d'un soutien financier. C'est ça qui est en jeu au niveau européen. J'ai discuté avec l'ensemble des acteurs, et en particulier avec la Commission européenne, et nous poussons, et nous allons, je l'espère, obtenir que le nucléaire puisse faire l'objet de financements européens lorsqu'il sert à produire des énergies vertes, et en particulier de l'hydrogène. Donc ça, il faut être précis là-dessus. Des annonces seront faites dans les prochains jours par la Commission européenne. Donc nous saurons ce que seront les décisions, en tout cas ce que seront les propositions de la Commission européenne sur la manière dont on finance la politique énergétique. Mais nous, nous poussons pour une politique qui affirme le nucléaire comme une industrie absolument essentielle.
> Qu'est-ce qu'on a autour des panneaux photovoltaïques ? On a une filière qui s'est développée, mais qui s'est développée pendant longtemps, en important des panneaux qui étaient, pour la plupart, produits en Chine, parce que produits à moindre coût, et ainsi de suite. On a, au fond, alimenté des emplois en Chine, alors que notre ambition, c'est de créer des emplois en France. Donc sur le photovoltaïque, nous avons une position qui est constante. Ça fait partie de notre mix énergétique. Nous avons des objectifs d'augmentation de la part du photovoltaïque dans la production d'énergie et dans la consommation d'énergie, à horizon 2030, à horizon 2035. C'est ce qu'on appelle la programmation pluriannuelle de l'énergie. Les choix que nous faisons, autour de l'énergie, sont toujours guidés par un principe assez simple, c'est qu'on doit créer des emplois industriels en France.
> On a besoin de réciprocité dans notre politique commerciale. Lorsque l'on importe des choses qui ne respectent pas nos normes, qu'elles soient sanitaires, qu'elles soient environnementales, on doit mettre des barrières. C'est ce que nous faisons au niveau européen. C'est le contenu des traités commerciaux. Le traité du Mercosur, vous savez, dont on parle beaucoup, la France ne le signe pas parce qu'il n'y a pas cette réciprocité, parce qu'il n'y a pas cette idée qu'on doit appliquer aux exportateurs en Europe les mêmes règles que ceux qui produisent chez nous. Et donc, c'est exactement ce que nous devons appliquer, ce que nous allons appliquer au niveau européen sur l'ensemble des contraintes sanitaires ou environnementales.
Juliette Méadel (ministre déléguée auprès du ministre
de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation chargée de la Ville)
> Hommage à la mémoire de Shiri Bibas et ses deux bébés Ariel et Kfir
âgés de 4 ans et huit mois et demi, victimes de la folie meurtrière. Je
pense à l’infinie douleur de sa famille et à la colère que la barbarie du 7
octobre a semée. Je pense à ces anges partis trop tôt, qui auraient voulu
pouvoir grandir en paix. Comme tous les enfants du monde.
> Nous devons être clairs sur nos ambitions. Elles concernent l’enfance et l’adolescence. Je souhaite donner un cadre de vie épanouissant pour les enfants et les adolescents dans les quartiers politiques de la ville. C’est une priorité qui engage tout le quartier et qui engage tout le gouvernement. On doit s’occuper d’un enfant dès la petite enfance, et cela touche le sanitaire, l’éducatif, le social, le culturel, le sportif.
> En tant que ministre de la Ville, j’ai besoin des médiateurs parce que j’ai besoin d’une présence humaine dans les quartiers, avec une vraie compétence d’écoute et une compétence éducative. J’ai besoin qu’on s’occupe des enfants ou des jeunes qui sont livrés à eux-mêmes, mais également des adultes et notamment des personnes âgées isolées. Le médiateur est là pour créer du lien et pour éviter les conflits. C’est une présence. Les personnes très défavorisées qui vivent dans les quartiers populaires ont besoin de cette présence humaine.
> Il y a 11 ans, la loi Lamy transformait la politique de la géographie prioritaire en redéfinissant les quartiers qui nécessitaient d’un soutien renforcé. Cette réforme a permis de mieux cibler les zones les plus fragiles et de renforcer l'accompagnement des territoires dans le besoin. Elle a ouvert la porte à une politique plus juste et plus équitable, en garantissant à chaque citoyen l'accès à des services publics de qualité. En tant que ministre de la Ville, je poursuis cet engagement pour l'égalité des chances et la solidarité des territoires.
> Je suis allée rencontrer ces mères seules qui se battent dans les quartiers populaires pour rebondir, pour s’en sortir malgré les difficultés sociales. La République doit mieux les soutenir pour que nos enfants aient une instruction, un travail, une vie épanouie. Je m’y emploie.
> La France qui se relève, ce sont ces femmes des quartiers populaires, qui se battent pour les enfants et pour la jeunesse, parce que c’est le premier de nos combats.
> À Angoulême, aux côtés des adultes-relais de Charente. Des piliers du lien social, des maillons essentiels dans nos quartiers. Des ponts entre les citoyens et les pouvoirs publics, en particulier pour les plus isolés. Heureuse d’avoir maintenu ces emplois fondamentaux.
Laurent Saint-Martin (ministre délégué auprès du ministre
de l’Europe et des Affaires étrangères chargé du Commerce extérieur et des
Français de l’étranger)
> Nos entreprises françaises
dans tous les secteurs d'activité ont plus intérêt aujourd'hui à diversifier
leurs débouchés commerciaux et à aller chercher les pays amis comme relais de
croissance quand il peut y avoir effectivement des menaces dans certains
secteurs d'activité.
Ce sont des pays avec lesquels il est bon de faire du commerce. À chaque
fois que nous tenons des discussions avec nos homologues et avec les acteurs
économiques, c'est pour pouvoir faire davantage.
> Il ne faut pas considérer que la guerre commerciale est une fatalité et que nous devons nous détourner du marché américain qui reste, dans les deux sens, un marché évidemment prioritaire pour les entreprises françaises
> Nous devons continuer à démontrer que l’excellence française dans nos secteurs d’activité reste reconnue et qu’elle continue à gagner des parts de marché.
> L'intelligence artificielle est plus qu'une idée, c'est une action ! Au Sorbonne Center for Artificial Intelligence, France et Émirats arabes unis mettent l'IA en marche. Un partenariat franco-émirien pour une révolution technologique.
Thani Mohamed Soilihi (ministre délégué auprès du ministre
de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de la Francophonie et des Partenariats
internationaux)
> Nous coopérons en Martinique avec nos partenaires de la région
caribéenne pour répondre à l’un des fléaux causés directement par le
réchauffement climatique : l’apparition des sargasses. À l’école maritime de la
Trinité, nous avons fait le point sur la lutte conjointe aux niveaux régional,
européen et international, contre ces algues invasives qui affectent les côtes
caribéennes.
> C’est la Journée Internationale de la Langue Maternelle [21 février]! Jusqu’à mes six ans, ma première langue était le shimaoré. C’est en entrant à l’école que j’ai appris le français, cette langue qui est devenue pour moi un pont vers le monde. J’ai grandi avec la richesse du plurilinguisme. Aujourd’hui, nous célébrons cette richesse et la diversité des langues qui façonnent nos identités et nos cultures. Chaque langue porte une histoire, des mémoires et des regards pluriels sur le monde. Préserver, transmettre et valoriser nos langues maternelles, c’est défendre ce patrimoine immatériel, le dialogue et le respect entre les peuples. En cette journée, réaffirmons notre engagement pour le plurilinguisme et pour une Francophonie ouverte et dynamique ! Vive la diversité linguistique !
● Autres
ministres
Gérald Darmanin (ministre d’Etat, Garde des sceaux, ministre de la Justice)
> [Violences physiques,
psychologiques, sexuelles à Notre-Dame de Bétharram] D'abord, je veux
avoir une pensée extrêmement forte aux victimes de violence que sont les
enfants même. Même devenu grand. Ce sont des traumatismes qui ne s'effacent
jamais et je les relis depuis que je suis garde des Sceaux. Les violences
faites aux enfants, les viols, les perversions qui les touchent. C'est un
continent caché et on commence à découvrir ce continent caché. Voilà donc,
d'abord ces victimes, il faut les écouter et les comprendre. C'est aussi ce
qu'a fait le Premier ministre. C'est une affaire de société. Le Premier
ministre n'a pas menti. Le Premier ministre a dit ce qu'il savait. En
l'occurrence, les premières plaintes ont été déposées il y a très longtemps.
Dans les années 50-60, il y a eu des premiers faits qui ont été signalés, et
puis les instructions de ce que nous en savons à la chancellerie, à partir de
1998. François Bayrou n'était plus au Gouvernement à ce moment-là. Il y avait
un autre Gouvernement. Et donc je pense que, tout en prenant conscience du
drame qui touche toutes ces victimes, il ne faut pas tomber dans le procès
politicien. Je pense que ce serait très malvenu. (…)
Les instructions qui ont été ouvertes par la justice française, qui a fait son
travail en toute indépendance, sont à la connaissance de la chancellerie à
partir de 1998. François Bayrou n'était plus au Gouvernement, c'était un autre
Gouvernement. Mais on voit bien qu'à chaque fois que la France insoumise,
puisque c'est elle qui a relevé cette affaire, je mets des guillemets, pose la
question au Premier ministre. Elle réclame sa démission. Le vote de la censure
à la fin de chaque question, à la fin de chaque réponse. On voit bien que c'est
un enjeu politique et malheureusement, on le fait sur le dos des enfants.
> ce que je dis sur le droit du sol, c'est ce qu'a dit le Gouvernement de la République dans les années 90, avec monsieur Méhaignerie qui était centriste, avec monsieur Pasqua qui était au RPF. Donc, on a le droit d'avoir des positions tranchées, ça concerne 30 000 personnes par an, et ce que je dis, c'est que quelqu'un ne peut pas être français de manière automatique, il doit, à sa majorité, non seulement exprimer le désir d'être français, mais on doit pouvoir vérifier qu'il fait partie de la communauté nationale, parce qu'il parle français par exemple et qu'il respecte les règles de la République, qu'il n'a pas de casier judiciaire. C'est ce que font beaucoup de pays autour de nous. L'Italie, qui a été gouvernée pendant extrêmement longtemps par des démocrates et des socialistes, n'a pas le droit du sol, par exemple. Ça n'en fait pas un pays d'extrême-droite par principe.
> Moi, je suis français, je suis patriote. Donc, la France, qui considère que l'Amérique est évidemment notre pays allié, ne doit pas se mettre dans les pas des Américains. Donc moi, j'espère, je souhaite et je suis très heureux de voir que le président de la République essaie de réveiller l'Europe. Il le dit depuis très longtemps et que la France a une voix française.
> Il y a deux choses en France. Il y a des prisons pour peine, c'est-à-dire les gens qui ont été définitivement condamnés, et là on n'est pas à 100% d'occupation. Il y a parfois des prisons, j'ai été à Condé-sur-Sarthe, où on est à 50-60% d'occupation. Et puis, il y a des maisons d'arrêt, où les gens attendent leur condamnation et là on est en effet à 150, 200, parfois 230% d'occupation et c'est une indignité pour la République. C'est évidemment un drame pour les agents pénitentiaires qui peuvent avoir beaucoup de difficultés de sécurité et puis c'est un drame pour les détenus eux-mêmes. Il y a l'attente de la condamnation définitive. Pourquoi ? Parce qu'il y a un délai d'audiencement en France, le moment où vous attendez d'avoir votre procès qui est très long, trop long, 15 mois, 20 mois, 25 mois. Il y a parfois 10 ans d'attente pour une réponse, pour les victimes comme pour les auteurs. Et c'est ça qu'il faut que nous changions. Et je ne pense pas que le mécanisme qui consisterait à libérer les détenus serait le bon. J'ai une vision un peu différente d'un certain nombre d'autres acteurs. En revanche, que nous puissions discriminer les détenus, c'est une très bonne chose. Aujourd'hui, on met dans les maisons d'arrêt, des trafiquants pour drogue, des auteurs d'homicides routiers, des personnes qui ont tapé leurs femmes. On les met parfois dans la même cellule. Ce n'est pas ce qu'il faut faire. Ce modèle carcéral français, il ne marche pas. Il produit de la récidive, il produit de la dignité, il produit des difficultés pour l'administration pénitentiaire et il produit parfois des évasions avec des gens qui sont tués sur le péage d'Incarville.
> il y a des gens qui n'ont rien à faire dans un milieu carcéral classique et nous les enfermons dans ce milieu carcéral classique. Nous devons développer des nouveaux lieux d'incarcération qui ne sont pas des prisons avec des miradors et des barbelés parce que tout le monde ne doit pas être dans un milieu très carcéral. On doit aussi séparer une partie des personnes qui sont dans nos prisons qui n'ont rien à faire là. Il y a 25 % d'étrangers, par exemple, qui font des peines plus longues que les autres parce qu'ils n'ont pas de moyens de réinsertion. Et puis, je pense que c'est un point très important, il y a 20 à 30% de gens qui ont des maladies mentales dans nos prisons. Et le grand drame français, l'indignité française, c'est aussi que nous enfermons les fous alors que les personnes qui sont psychiatriquement atteintes doivent être dans des hôpitaux psychiatriques et pas dans les prisons.
> Il y a moins de 10% de gens qui fument du cannabis ou qui prennent de la drogue en France. Toutes drogues confondues. Moins de 10%. Et ces moins de 10%, ils sont responsables des 3 à 6 milliards d'Euros d'argent liquide chaque année.
> Si le ministre de la Justice commence à faire ministre de la santé, ce n'est pas organisé. Donc quand on est ministre de la Justice, son travail, c'est de donner les moyens aux magistrats, de donner les moyens, quand les personnes sont en prison, de pouvoir arrêter les personnes. Notre difficulté aujourd'hui, c'est que notre système est fait pour que le primo délinquant, la première fois que l'on fait une bêtise, on soit indulgent. Et quand on arrive à la récidive, c'est trop tard. On voit bien un rajeunissement de la violence, on voit un durcissement de cette violence, il faut que le système judiciaire change, et qu'on soit très dur, c'est ça l'éducation, qu'on soit très dur aux premiers des faits pour empêcher la récidive. Pour terminer, pour dire à monsieur que je suis parfaitement conscient que nous devons continuer très largement la lutte contre la drogue. Ça passe par les consommateurs, mais ça passe aussi contre les grands trafics. La difficulté de Mons-en-Baroeul ou de Tourcoing, c'est qu'on est près de la Belgique et des Pays-Bas. Monsieur sait que ce sont des pays qui ont été battus par la drogue. C'est un des narco-Etats, malheureusement, c'est les dirigeants de ces pays qui le disent, où la justice n'est plus écoutée, où la police n'est plus soutenue, il faut évidemment éviter ça en France.
Sophie Primas (ministre déléguée auprès du Premier
ministre, porte-parole du Gouvernement)
> Nous devons prendre conscience de la force que nous représentons et
faire les investissements nécessaires en matière de défense. La force apporte
la paix, la faiblesse apporte la guerre.
Yannick Neuder (ministre délégué auprès de la ministre du
Travail, de la Santé, de la Solidarité et des Familles, chargé de la Santé et
de l’Accès aux soins)
> [Intervention à l’Assemblée sur la proposition de loi sur une Sécurité
sociale de l’alimentation] On sait depuis l’Antiquité que l’alimentation est un
élément central d’une vie en bonne santé. Hippocrate déclarait :
« Que ton aliment soit ta première médecine. » Cela me semble
correspondre à l’esprit de ce texte. Monsieur Fournier, je vous remercie pour
la qualité des discussions que vous avez eues avec les membres de mon cabinet.
Je ne suis pas favorable à ce texte, mais nous avons intérêt à encourager une
alimentation de qualité auprès de la population. Il me semble que c’est un message
défendu par votre texte.
Parmi les éléments essentiels du texte, je relève la garantie pour chacun de
l’accès à une alimentation saine, durable et de qualité et l’ambition de porter
des politiques publiques pour une meilleure prévention et l’acquisition de bons
réflexes alimentaires dès le plus jeune âge.
Nous avons senti votre volonté de mobiliser tous les acteurs – éducateurs
et élus locaux. Je rappellerai un certain nombre d’initiatives locales déjà
existantes.
Lorsque l’alimentation est mauvaise, parce qu’excessive ou insuffisante, parce
que trop grasse ou trop salée, parce que trop sucrée ou trop peu diversifiée et
provoquant des carences, cela entraîne de mauvais développements, notamment par
la privation de nutriments essentiels à notre organisme. La mauvaise alimentation
contribue également à la genèse d’un éventail de maladies chroniques.
Il y a tout d’abord l’obésité, dont vous êtes nombreux à vous préoccuper. L’OMS
la qualifiait dès 1997 de première épidémie non infectieuse de l’histoire de
l’humanité. Elle progresse de façon inquiétante en France. Elle a doublé en
trente ans et touche désormais 17 % de nos concitoyens. Les enfants ne
sont pas épargnés : 20 % d’entre eux sont en surpoids, 5 % sont
obèses.
La mauvaise alimentation, associée à l’absence d’activité physique et à des
carences, fait le lit du cholestérol, du diabète de type 2, de nombreux
troubles respiratoires et surtout de troubles métaboliques et de maladies
cardiovasculaires, telles que les accidents vasculaires cérébraux,
l’hypertension ou les infarctus. Ce sont des maladies graves dont nous devons
discuter.
Vous avez rappelé que ces maladies sont liées à une mauvaise alimentation, mais
elles sont également un marqueur d’inégalités en matière de santé. Pour nombre
de ces pathologies, les facteurs génétiques se combinent aux modes de vie et à
des déterminants socioprofessionnels. L’obésité est deux fois plus fréquente
chez les ouvriers et les employés que chez les cadres. On constate un gradient
social profond, qui a des conséquences générationnelles, puisque la surcharge
pondérale touche majoritairement les enfants les plus défavorisés.
On observe également un phénomène similaire pour le diabète de type 2,
dont la prévalence est plus élevée parmi les adultes de milieux
socio-économiques défavorisés.
Si j’ai pris le temps de détailler ces éléments, c’est que je suis, comme vous,
convaincu que la nutrition et l’alimentation doivent jouer un rôle central dans
les politiques de solidarité et de santé publique.
Ces politiques doivent être ciblées et particulièrement sur la jeunesse, qui
doit acquérir les bons réflexes d’une alimentation saine. Elles doivent
également être territorialisées : les difficultés n’étant pas identiques
partout sur le territoire, elles ne peuvent pas être combattues de la même
manière.
Un certain nombre d’actions locales sont réalisées et je ne pourrai pas toutes
les citer. Je rappellerai cependant que le projet de loi de financement de la
sécurité sociale prévoit de consacrer 147 millions d’euros à l’aide
alimentaire et comprend 400 millions d’euros d’exonérations fiscales au
profit de structures œuvrant en matière d’aide alimentaire.
Je n’ai pas le temps d’évoquer le dispositif de cantine à 1 euro, déjà
cité parmi les initiatives locales, ou les pôles alimentaires territoriaux, qui
rassemblent collectivités territoriales, agriculteurs et diverses structures.
Celui de l’Isère fournit efficacement certains collèges du département Une quarantaine d’initiatives locales ont été
dénombrées. Or c’est de leur philosophie qu’il faut s’inspirer, car elles
permettent de défendre une alimentation de qualité et de contribuer à la
prévention des maladies métaboliques et cardiovasculaires. Il faut donc les
aider et les faire prospérer, mais la complexité de votre proposition m’a paru
telle que j’ai peiné à imaginer son application pragmatique.
J’ai pris le temps d’étudier en détail l’architecture du dispositif que vous
soutenez. Il repose sur des caisses primaires alimentaires locales, un fonds
national piloté par une association ad hoc dont la composition du
conseil d’administration est définie par décret en Conseil d’État et des
comités locaux des parties prenantes qui participent à l’élection de parlements
alimentaires.
Au moment où l’on parle de plus en plus de simplification, je m’étonne qu’on
veuille créer beaucoup de strates au risque d’une certaine lourdeur
administrative et d’une rigidification des initiatives locales. Pour ma part,
je suis plutôt favorable au développement et au soutien de celles-ci.
Monsieur le rapporteur, vous soulevez un problème, qui nécessite des
discussions. L’alimentation est l’affaire de tous et ses enjeux sont sociétaux
et médicaux – elle contribue à la prévention de certaines maladies. Les
mesures que vous proposez sont techniquement complexes, pour le dire avec
élégance et financièrement peu soutenables.
La porte de mon ministère vous reste ouverte. Mes collaborateurs, eux aussi
convaincus de l’intérêt d’une meilleure alimentation, ont pris plaisir à
travailler avec vous et vous pourriez poursuivre le travail que vous avez
commencé avec eux, pour préparer des politiques que nous pourrions défendre
ensemble.
Pour toutes les raisons que j’ai évoquées, je ne soutiendrai pas votre texte,
qui aborde pourtant l’enjeu fondamental de la bonne alimentation dans notre
pays, particulièrement pour les jeunes et pour les plus précaires.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de
l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de l’Europe)
> Mercosur, défense de la PAC, lutte contre l’inflation normative et la
sur transposition, simplification, souveraineté alimentaire. Nous défendons nos
agriculteurs à Bruxelles.
> 145 ans d'amitié franco-roumaine: de Brancusi à Ionesco, un enrichissement mutuel, intellectuel et artistique. De l’indépendance de la Roumanie à l'opération Aigle, qui assure aujourd'hui notre sécurité, nos deux pays bâtissent ensemble un avenir européen commun.
► Assemblée
nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> L'Espagne et la France, unies par des siècles d'histoire et des liens
humains, économiques et culturels exceptionnels, partagent bien plus que leur
frontière pyrénéenne : elles défendent des valeurs et des principes communs.
Aujourd'hui, nos nations bâtissent une coopération parlementaire plus forte et
plus ambitieuse. Vive l'amitié franco-espagnole !
> En Espagne, le droit de choisir sa fin de vie est une réalité depuis 2021. Lors de mes échanges avec des acteurs espagnols, j’ai pu en tirer les enseignements : un cadre strict, un accompagnement renforcé, une liberté respectée. La France doit avancer à son tour.
► Partis
politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Maud Bregeon (députée)
> Un an après que certaines aient volontairement confondu féminisme et
chasse aux hommes, la plainte contre Julien Bayou classée sans suite pour
absence d'infraction. Un lynchage politico-médiatique au prix de la présomption
d’innocence qui devrait sérieusement nous interroger.
Paul Midy (député)
> Cette annonce de 109 milliards d’euros d’investissements privés dans l’AI
est une excellente nouvelle ! Qu’ils soient français, européens ou
non-européens. Relativement au PIB américain, c’est deux fois plus important
que le projet Stargate de Donald Trump de 500 milliards. C’est vraiment
considérable, surtout après un exercice budgétaire qui était moins
satisfaisant. On a besoin d’énormément d’investissements et il n’y en a jamais
trop. Dans ces 109 milliards, il y a beaucoup de choses, comme des data
centers, des infrastructures. Je salue, notamment, l’entreprise Mistral AI qui
va investir plusieurs milliards d’euros en Essonne, autour du plateau de
Saclay, sur mon territoire. Nous devons nous réjouir que ces investissements
créent de l’emploi en France, qu’ils profitent à notre économie.
> L’IA ne va pas nécessairement détruire des emplois,
même si certains emplois vont se transformer. Le vrai sujet, ce n’est pas la
destruction de certains emplois, mais l’écart qui va se créer demain entre ceux
qui maîtrisent les outils de l’IA et ceux qui ne les maîtrisent pas. La crainte
que l’on doit avoir, c’est que certains salariés soient remplacés par d’autres
plus qualifiés dans l’utilisation des outils d’IA, à l’instar de ceux qui n’ont
pas été embarqués dans l’aventure numérique ou informatique il y a 20 ans et
qui ont été remplacés par des personnes maîtrisant ces outils.
Il faut éviter qu’une fracture IA se creuse comme celle du numérique à partir
des années 2000. C’est pourquoi il est absolument crucial de former massivement
à l’utilisation des outils d’IA. C’est l’occasion d’ailleurs d’embarquer aussi
ceux qui étaient loin des outils numériques en général et de faire d’une pierre
deux coups. Nous devons définir des objectifs clairs et mettre en place les
mécanismes nécessaires pour y parvenir. La bonne nouvelle, c’est que de
nombreuses entreprises se créent pour proposer des formations aux outils de
l’IA.
Si nous réussissons à former plus vite, nous pourrons récolter les bénéfices
économiques de l’IA, avec un potentiel de croissance estimé à 400 milliards
d’euros. Mais il faut que les Français et les Françaises s’engagent avant les
autres pays. Si nous attendons 10 ans, les gains de productivité auront déjà
été captés par d’autres pays.
> Le nombre de femmes dans les métiers technologiques, et
en particulier dans l’IA, est encore beaucoup trop faible, et malheureusement,
cela n’évolue que très peu. Si on regarde les derniers chiffres du rapport
Atomico, la proportion de femmes dans la tech en Europe et aux États-Unis n’a
quasiment pas progressé ces dernières années. En 2005, elles représentaient 37
% de la main-d’œuvre dans la tech ; aujourd’hui, c’est à peine 36 %. C’est une
stagnation inquiétante, voire un léger recul.
La part des levées de fonds qui vont spécifiquement vers des équipes de cofondatrices
100% féminines reste trop faible : il y a 15 ans, cela représentait 4 % des
investissements, aujourd’hui cela atteint seulement 5 %. Ce n’est pas
acceptable et pas à la hauteur des enjeux. Et les chiffres sont pires quand on
regarde le secteur de l’IA en particulier. Nous devons renverser la table sur
cette question.
À cet égard, j’ai fait voter une augmentation des moyens dans le budget du
programme « Tech pour toutes », qui vise à accompagner 10 000 femmes
dans les métiers de la tech. C’est une très bonne chose, et j’en suis fier.
Mais je suis aussi conscient que cela ne suffira pas pour atteindre la parité.
Le pourcentage de femmes dans les métiers du numérique en France est
actuellement de 22%, et on n’atteindra pas la parité à 50% avec seulement ces
programmes.
Pour arriver à cet objectif, il nous faut des mesures plus structurelles. Je
propose des mesures contraignantes et progressives. Nous devons également
intégrer des mesures dans chaque étape de l’éducation, en mettant en place des
options mathématiques obligatoires et en veillant à ce que les femmes soient
davantage orientées vers les parcours techniques. Ce genre de mesure
contraignante, mais progressive, pourrait avoir un réel impact.
> L’innovation doit bien sûr être notre priorité.
Concernant la régulation, nous avons déjà fait un grand pas en Europe avec
l’adoption de l’IA Act. C’est la première régulation de ce type dans le monde.
Une grande partie de ce règlement a été longuement préparée, et c’est une bonne
chose. Cependant, pour une petite partie, il aborde d’une manière trop
restrictive les modèles de fondation sans se poser la question de leur
utilisation, en imposant des limites qui sont trop basses. Il faudra continuer
de travailler pour faire évoluer la législation dans le bon sens.
Mais si nous voulons davantage protéger nos concitoyens, il faut surtout que
ces technologies soient développées ici en France. Par exemple, si les réseaux
sociaux avaient été créés en France et en Europe plutôt qu’en Chine et aux
États-Unis, nous aurions moins de problèmes pour appliquer nos lois et garantir
notre souveraineté numérique. Nous avons changé de monde. Il ne faut plus
compter sur l’accès sans contrepartie aux technologies des Américains ou sur le
fait que les Chinois fabriquent tout dans leurs usines. Maintenant, il faut
produire en Europe et innover en Europe. Il faut que l’Europe redevienne le
continent le plus prospère et le plus innovant au monde, comme elle l’a été
pendant des siècles avant les deux guerres mondiales.
C’est une très bonne nouvelle que la France se soit doté
d’un Budget. Deuxième point, dans ce Budget, les moyens pour l’innovation
restent importants et il faut le saluer : 7 milliards sur le crédit impôt
recherche, 5 à 6 milliards pour France 2030, plusieurs dizaines de milliards
pour la loi de programmation de la recherche.
La mauvaise nouvelle, et ce pourquoi le Budget n’est pas satisfaisant :
c’est qu’il faut qu’on accélère, pas qu’on décélère. Et les moyens de
l’innovation dans ce budget sont plutôt tournés vers la décélération. C’est
pour moi une grave erreur. Je pense à la suppression du dispositif Jeune docteur
ou les restrictions sur les jeunes entreprises innovantes (JEI). On a réussi à
améliorer la copie par rapport à la mouture initiale qui supprimaient des
dispositifs entiers, mais il va falloir continuer à travailler dessus afin de
reprendre une dynamique d’accélération plutôt que de décélération.
● MoDem
Éric Martineau (député)
> Intervention à l’Assemblée sur la proposition de loi sur une Sécurité
sociale de l’alimentation] On sait que 16 % des Français ne mangent pas à
leur faim et que 55 % de nos concitoyens affirment avoir déjà renoncé à
acheter des produits alimentaires, par manque de moyens. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes et nous ne pouvons pas les ignorer.
Certains de nos concitoyens font face à de sérieuses difficultés pour accéder à
une alimentation saine, durable et suffisante. Pour cette raison, le groupe Les
Démocrates salue le travail que vous menez sur ce sujet et vous remercie,
monsieur le rapporteur, d’avoir ouvert le débat au sein de notre hémicycle.
Votre proposition de loi tend à créer une sécurité sociale de l’alimentation,
dans le cadre d’une expérimentation de cinq ans. L’idée est de permettre à
toute personne cotisant à une caisse primaire pour l’alimentation de bénéficier
d’une somme lui permettant d’acheter des produits alimentaires conventionnés.
Financièrement, ce dispositif repose sur des cotisations volontaires et sur des
crédits publics.
Bien que nous, membres du groupe Démocrates, partagions votre volonté de
permettre l’accès de tous à une alimentation saine et durable, une rémunération
correcte pour les agriculteurs et le renforcement du lien local entre
consommation et production, nous sommes très réservés quant au cadre, financier
notamment, que vous proposez.
Les débats menés en commission n’ont pas permis de lever nos craintes. D’abord,
nous avons listé les différents dispositifs qui existent déjà pour permettre
l’accompagnement de nos concitoyens vers l’accès à une alimentation saine et
durable. Ainsi, rappelons l’existence du Comité national de coordination contre
la lutte contre la précarité alimentaire, créé il y a seulement cinq ans, du
programme national pour l’alimentation, du programme Mieux manger pour tous,
qui vise à soutenir des expérimentations comme les chèques alimentaires et à
améliorer la couverture des zones blanches de l’aide alimentaire ou encore des
451 projets alimentaires territoriaux, qui couvrent 60 % de la
surface agricole utile.
Rappelons aussi que nous avons contribué à renforcer l’aide à la tarification
sociale des cantines rurales dès l’adoption de la loi Egalim, pour permettre la
proposition de repas à moins de 1 euro.
Avant de créer un énième mécanisme, il est important d’évaluer ces dispositifs
et de proposer une réflexion d’envergure pour préparer l’avenir et identifier
des pistes d’amélioration.
Nous regrettons également l’insuffisance de l’évaluation financière du
dispositif que vous proposez. L’adoption du texte créerait un fonds national
d’expérimentation, chargé de financer les caisses primaires et les moyens
humains nécessaires à l’administration des activités de l’association chargée
de sa gestion.
Vous indiquez également que la sécurité sociale de l’alimentation s’appuiera
sur les cotisations des participants et sur le soutien financier des
collectivités locales. Vous créez ainsi une charge, alors que je n’ai pas
trouvé trace d’une quelconque audition de celles-ci au sujet de ce dispositif
et de la manière dont elles appréhendent cette dépense supplémentaire.
Il est regrettable qu’aucun travail concerté n’ait été mené avec les
collectivités locales, d’autant que votre proposition s’appuie sur une
philosophie valorisant une action résolument locale, qui repose notamment sur
des conventions entre producteurs, distributeurs et consommateurs.
Enfin, je ne comprends pas la suppression de l’article 5. Il prévoyait de
gager les coûts de l’expérimentation sur une taxe additionnelle à l’accise sur
les tabacs.
Enfin, une remarque de forme. Vous employez le terme de sécurité sociale dans
le titre de votre proposition de loi, mais la sécurité sociale que vous
proposez vise à assurer un risque, couvert par une cotisation. Or en matière
d’alimentation, il ne s’agit pas d’assurer un risque : le terme de
sécurité sociale est donc inapproprié. Vous cherchez plutôt à instaurer une
redistribution monétaire.
En raison du manque d’évaluation des dispositifs existants et du coût financier
considérable de l’application de cette proposition de loi dans le contexte
budgétaire difficile que nous traversons et qui nous appelle à faire preuve de
responsabilité collective, le groupe Les Démocrates ne soutiendra pas cette
proposition de loi. Nous serons toutefois heureux de travailler avec vous sur
le sujet qu’elle aborde.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Au moment où le modèle
européen est remis en cause, la meilleure réponse, c'est d'abord de renforcer
son propre modèle.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> Notre engagement et notre soutien envers l’Ukraine restent inébranlables. Depuis des années, nos membres soutiennent fermement le combat de l’Ukraine pour la liberté, la souveraineté et la démocratie. Plus que jamais, l’avenir de l’Ukraine est un avenir européen.
> Nous nous souvenons de Ján Kuciak et de sa fiancée qui ont été brutalement assassinés il y a sept ans. La mort de Ján Kuciak a montré que les journalistes européens ont besoin d’une plus grande protection. Aucune société démocratique ne peut tolérer les menaces et la violence contre les journalistes !
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