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samedi 22 février 2025

La Chronique de Jean-Louis Pommery. Nazisme: Pourquoi le procès de Francfort de 1963 résonne en ce 21e siècle

Auschwitz

Il y eu Nuremberg où les principaux chefs nazis furent jugés et trop peu condamnés à des peines exemplaires comme furent également jugés dans cette ville emblématique de l’ère hitlérienne nombre d’autres responsables des horreurs commises par le régime criminel avec une même «mansuétude».

Mais l’on parle peu du procès de Francfort qui s’ouvrit en décembre 1963 et qui fut le premier organisé par l’Allemagne (alors de l’Ouest) contre les responsables des horreurs indicibles commises à Auschwitz dont un documentaire «le procès d’Auschwitz, la fin du silence» réalisé en 2017, a été récemment diffusé une nouvelle fois à la télévision et dont on ne peut que recommander la visionnage.

Il faut s’imaginer que seulement 17 ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, la plupart des Allemands ne connaissaient pas ou affirmaient ne pas connaître les crimes et les génocides commis par les nazis qu’ils avaient portés au pouvoir dans les camps de concentration.

Il faut dire que le gouvernement allemand faisait tout pour encourage cette ignorance – nombre de responsables politiques ayant un passé nazi des plus troubles –, suivi en cela par les puissances occidentales qui estimaient que la dénazification ratée du pays se justifiait par la guerre froide et la mobilisation contre la menace venue d’une autre idéologie aussi dangereuse pour les droits humains, le léninisme stalinien.

Ce procès fut un véritable électrochoc pour la plupart des Allemands dont beaucoup, honnêtement, découvrirent les horreurs commises en leur nom par des fanatiques et des ordures.

Mais, il fut aussi critiqué, combattu et les procureurs qui avaient travaillé des années sans relâche pour qu’il se tienne, furent insultés et menacés sans parler des témoins que l’on traîna souvent dans la boue, notamment par les avocats des accusés dont beaucoup avait déjà défendu les chefs nazis à Nuremberg.

Et le résultat de ce procès fut plus que décevant.

La plupart des accusés furent acquittés ou condamnés à de légères peines quand les plus criminels d’entre eux écopèrent d’années de prison qu’aucun ne fit totalement.

Si ce procès eut au moins le mérite de faire en sorte que plus aucun allemand ne puisse dire qu’il ne savait pas, il n’eut pas beaucoup d’effet sur un «plus jamais ça».

Non seulement la dénazification ne connut pas une renaissance mais on constate aujourd’hui avec la montée en puissance du parti néo-nazi AfD qui, selon les sondages, fera plus de 20% des voix lors des élections législatives du 25 février, que l’idéologie hitlérienne revient en force et n’a jamais été éradiquée parce que pas combattue à la hauteur des enjeux démocratiques et humanistes.

Ce procès montra également l’absence complète de remords des accusés dont certains eurent des comportements et des propos à vomir comme ce commandant des Einsatzgruppen, les commandos qui étaient chargés d’éliminer les juifs dans les pays de l’Est de l’Europe et en Union soviétique qui plaignaient ses hommes en expliquant que leur travail était très éprouvant…

Enfin, ce procès et ses suites montrent que les idéologies ignominieuses auront toujours des adeptes et que le combat humaniste pour le respect de la dignité humaine sera toujours un devoir.

 

 


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