Après cinq jours d’une négociation marathon, le Conseil
européen a donc adopté un plan de relance pour faire face aux conséquences désastreuses
présentes et à venir de la crise épidémique due à la covid19.
Même si l’ambition du plan est moindre avec nombre de
concessions pour les pays qui s’y opposaient ainsi que des promesses à ceux qui
ont monnayé leur ralliement, c’est bien une enveloppe de 750 milliards d’euros
qui sera à la disposition des pays de l’Union européenne pour tenter de
minimiser au maximum les effets de la crise économique et sociale qui s’annonce
et, surtout, pour faire repartir la machine productive et la croissance tout en
continuant à s’atteler à la transition écologique toujours aussi indispensable.
C’est une bonne nouvelle pour les citoyens européens mais aussi
une victoire pour l’UE et l’idéal européen qu’elle doit véhiculer.
Alors que l’on voit s’effriter voire se déliter cet idéal
sous les coups de boutoir des populistes et des nationalistes, comme c’est le cas
en particulier dans des pays comme la Pologne ou la Hongrie mais pas seulement,
alors que l’on voit monter un scepticisme chez toutes les populations de l’UE, alors
que le Brexit a été une épreuve (encore en cours) pour l’avenir de l’Europe
même s’il représente également une opportunité, cet accord est un symbole pour
tous ceux qui croient encore en la construction européenne au-delà même de son
contenu qui est évidemment de première importance en termes économiques et sociaux.
Emmanuel Macron a qualifié ce jour d’«historique» et l’on
serait bien tenté de le suivre sur cet adjectif emphatique si l’on se laissait aller
à une certaine euphorie alors même que ce plan a seulement été validé par 27
chefs d’Etats et de Gouvernements parce qu’il ne s’agit que d’une première marche
franchie, certes primordiale mais pas suffisante…
Car cet accord ne préjuge absolument pas de sa mise en pratique
– qui ne devrait intervenir au mieux qu’au début 2021 – parce qu’il demeure des
étapes essentielles à franchir celle des ratifications par 27 parlements nationaux
et que rien ne dit actuellement que certains d’entre eux vont le faire dans la
joie et l’exaltation dont fait preuve notre président.
On a vu des décisions du Conseil qui n’ont pas passé ce
nécessaire et indispensable contrôle démocratique.
Et si certains des dirigeants qui étaient autour de la table
des négociations à Bruxelles étaient réticents voire en divergence sur le
contenu de ce plan de relance, c’est parce qu’aussi la majorité sur lesquelles
ils s’appuient pour gouverner dans leurs pays respectifs ainsi que leurs
électeurs y sont également opposés.
Donc, rien n’est fait concrètement et seule la première phase
vient de s’achever.
Bien entendu, tous les défenseurs d’une Europe unie, dont
les centristes doivent souhaiter ardemment que la voie tracée si difficilement
mais courageusement par le Conseil soit poursuivie jusqu’à la mise en route
effective du plan.
Mais nous n’y sommes pas encore et la mobilisation doit
demeurer forte, non une sorte d’optimisme béat qui, malheureusement en matière
d’Union européenne, a rarement fait preuve de son efficacité.
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