La démocratie c’est le débat et il est normal que celui-ci
ait lieu lorsque des criminels tentent de la déstabiliser en provoquant des
attentats particulièrement sanglants.
Mais la démocratie c’est aussi le consensus, justement
lorsque des terroristes s’en prennent au cœur même des valeurs de la démocratie
et tuent des innocents.
Et à Nice, le 14 juillet, un pas de plus dans l’horreur a
été franchi puisque parmi les victimes il y a des enfants, montrant ainsi qu’il
n’y a pas de limite à la barbarie de ceux qui sèment la mort au nom d’une
idéologie ignominieuse.
Dès lors, l’union de tous au nom du consensus démocratique
et, surtout, en mémoire de ces jeunes fauchés avant d’avoir vécu, aurait du
prévaloir sur les ambitions personnelles de ceux qui nous gouvernent.
Or, cela n’a pas été le cas.
Ils avaient réussi à le faire lors des attentats contre
Charlie hebdo et le supermarché casher.
Ils avaient pu le faire plus ou moins bien après les
attentats des bars parisiens et du Bataclan.
Il semble que ce soit désormais au-delà de leurs forces.
On ne parle évidemment pas d’un Front national qui n’est
jamais aussi scélérat que lorsqu’il instrumentalise une tragédie.
On parle de cette droite radicale et opportuniste de
messieurs Sarkozy, Ciotti, Estrosi et consorts, qui a volontairement jeté de
l’huile sur le feu, suivi en cela, tristement, par Alain Juppé que l’on pensait
au-dessus de ces jeux bassement politiciens.
Ce dernier aurait pu prendre exemple sur les propos fermes,
justes, responsables et sans polémique outrancière de son ami François Bayrou,
dans la droite ligne de ce que doit dire un centriste.
Sans doute que l’odeur de la primaire de LR qui se rapproche
était trop forte d’autant que les sondages montrent une certaine stagnation
voire baisse à son détriment.
Bien entendu, le comportement peu glorieux de certains à
droite ne dédouane absolument pas le gouvernement et le président de la
république des possibles manquements dans l’action contre le terrorisme.
Celui-ci est peut-être du à cette aveuglement d’une partie
importante de la gauche – où l’on ne rangera pas Manuel Valls ni Bernard
Cazeneuve – qui tente d’expliquer les actes des tueurs par la lutte des classes
et une réaction anticolonialiste, comme si tirer à la kalachnikov dans une
salle de concert ou foncer dans la foule avec un camion pouvaient «se
comprendre»…
Quoiqu’il en soit, voir des excités et des imbéciles de
droite et d’extrême-droite huer des membres du gouvernement à une cérémonie où
l’on vient rendre hommage à des innocents assassinés faisait ressentir une
certaine honte même si l’on sait que cette Côte d’Azur où je suis né et où j’ai
vécu longtemps est une région où domine la droite radicale et extrémiste et que
Nice a élu, il n’y a pas si longtemps que cela, un maire Front national.
Les enfants morts ce 14 juillet méritent mieux que cela.
Ils méritent que le gouvernement d’aujourd’hui et celui de
demain mais aussi tous les hommes et les femmes politiques, fassent en sorte
que ce massacre ne se reproduise plus jamais, en tout cas que tout soit fait
pour.
Et l’on aimerait tant voir tout ce monde s’assoir autour
d’une table pour montrer, dans la responsabilité et la dignité, qu’il y a des
combats communs pour tous les démocrates de bonne volonté et pour trouver des
solutions afin de protéger deux des biens les plus essentiels, notre liberté
et, surtout, nos enfants.
On espère que ce n’est pas trop demander.
Centristement votre.
Le Centriste
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