Pour le Centre et le Centrisme, le respect est une des
valeurs essentielles de la démocratie républicaine.
Pour illustrer le pourquoi, il suffit d’observer la manière
consternante dont le débat politique dérape ces derniers mois avec des
attitudes, des mots et des postures qui n’honorent pas ceux qui les font leurs.
Et dire cela, ce n’est pas faire le lit des extrémismes,
bien au contraire, c’est rappeler que la démocratie est aussi et beaucoup de la
tolérance et de la responsabilité.
Dans ce cadre, le respect est bien la valeur qui empêche les
dérives multiples auxquelles est confrontée la démocratie républicaine dont,
bien sûr, le possible basculement dans l’extrémisme de droite ou de gauche.
Respecter l’autre, c’est respecter sa différence et ses
opinions. C’est également et évidemment une relation symétrique: celui que je
respecte doit me respecter pour que le respect fonctionne et remplisse sa
mission.
Un respect qui permet de faire dire à Voltaire (il semble
qu’en fait il n’ait jamais prononcé ces mots même s’ils résument bien sa vision
de la tolérance), «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me
battrai pour que vous ayez le droit de le dire».
Oui, la bataille n’est pas d’agresser son contradicteur mais
de lui permettre d’expliciter et d’expliquer ses opinions et de préparer ses
arguments pour lui répondre.
Les dérapages récents constatés tant à droite qu’à gauche
(et quelques fois, malheureusement, au
centre) montent combien nous devons nous battre pour que le respect soit
reconnu comme cette valeur qui permet à tous d’être des citoyens à part entière
de la république, c’est-à-dire reconnus dans leur être et dans leurs droits.
Les insultes, les violences, les comportements grossiers
nourrissent la haine et le ressentiment qui permettent ensuite aux démagogues
populistes de monter le peuple contre la démocratie pour en montrer le ridicule
et le désordre.
Mais qui a donc libéré la parole politique pour qu’elle
devienne agressive et franchisse les lignes de la bienséance? Bien sûr,
l’extrême-droite s’est affranchie depuis longtemps d’un dialogue respectueux et
les fameux dérapages lepénistes ont, après les indignations de façade, donné
des (mauvaises) idées aux autres.
Tout le monde est donc responsable dans l’univers politico-médiatique
où l’injure et la méchanceté font bien mieux le buzz et la notoriété que la
courtoisie et la civilité.
De même, le «Casse-toi pauv’con» de l’ancien président de la
république n’a pas été un exemple, loin de là, montrant que celui qui doit être
le chef de tous les Français pouvaient insulter ceux qui, simplement, ne
pensaient pas comme lui. Tout comme les insultes à répétition d’un Jean-Luc
Mélenchon à l’égard de ses anciens amis socialistes, de ses adversaires
lepénistes ou des journalistes, se parant sans doute de la posture de Georges
Marchais qui, pour virulent (et de mauvaise foi…) que fut l’ancien secrétaire
général du Parti communiste, n’avait jamais dépassé les bornes comme le fait
allègrement et avec gourmandise le leader du Front de gauche.
Certains penseront sans doute que le respect n’est dû qu’à
ceux que l’on respecte vraiment et que la force du débat politique est dans
l’affirmation forte de ses convictions.
Ceux-là n’ont rien compris et s’ils sont des politiques, se
sont manifestement trompés de métier ou de régime...
Dans une démocratie républicaine digne de ce nom, on
respecte la parole de tous tant qu’elle est respectueuse et la puissance dans
la confiance de ses convictions confrontée à celle des autres dans une
ouverture d’esprit qui définit l’intelligence, fait qu’on n’a pas besoin
d’agresser les autres pour développer ses arguments et tenter de convaincre le
pays qu’ils sont les bons.
Au-delà de l’énervement un peu puéril (mais malgré tout très
dangereux) actuel, il est malheureusement peu probable que le respect s’impose
à ceux qui, pour exister, savent qu’il faut transgresser les codes de bonne
conduite envers les autres.
Et tant que nous serons friands de ces joutes pourtant
affligeantes et pathétiques, pourquoi s’en priveraient-ils?!
Pour autant, ceux qui croient que le respect est bien au
centre du vivre bien ensemble dans une démocratie républicaine ne baisseront
pas les bras.
Oui, la démocratie, comme il est souvent rappeler ici, est
un combat quotidien. Mais un combat dans la dignité pour la dignité de soi-même
et des autres.
De ce point de vue, il est assez réconfortant de voir que
les centristes ont su, globalement, demeurer dignes. Espérons qu’ils
continueront ainsi.